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Républiques de l'Amérique Centrale et Méridionale


Républiques de l'Amérique Centrale et Méridionale à l'exposition de Paris 1878

Architecte(s) : Alfred Vaudoyer

Lorsqu’on pénètre dans la rue des Nations du côté de la galerie du Travail, après avoir dépassé les magnifiques façades des Pays-Bas et du Portugal, on rencontre successivement celles de trois groupes de nations syndiquées ayant pour la plupart des annexes dans les parcs du Trocadéro et du Champ-de-Mars. C’est d’abord le groupe du grand-duché de Luxembourg, de la république de Saint-Marin et de la principauté de Monaco; puis celui de la Perse, Siam, Tunis et Maroc; enfin le groupe des républiques de l’Amérique centrale et méridionale : Haïti, Guatémala, Nicaragua, San-Salvator, Vénézuéla, Pérou, Bolivie, Plata, Uruguay. Il manque à l’appel quelques-unes de ces républiques : Costa-Rica, l’Équateur, le Chili, le Paraguay, l’empire du Brésil, qui figuraient à l’Exposition de 1867, se sont abstenus cette fois. Quoi qu’il en soit, le syndicat, dont le président est M. Torrès Caïcedo, ministre de San-Salvador, bien connu en France tant comme publiciste que comme diplomate, offre une exposition intéressante et complète des produits de ces contrées éloignées et peu connues, qui les fait connaître et apprécier.

La façade de cette exposition collective, quoique nettement délimitée à l’intérieur, est en brique et plâtre stuqué, et présente un gracieux spécimen du style qui fleurissait dans la péninsule ibérique au début de la Renaissance, et que caractérisent certaines réminiscences mauresques. Elle se compose d’un pavillon, corps de logis principal, à pignon contourné à son sommet, relié à une tour carrée, destinée dans la pratique aux communs, par une galerie formée de trois arcs surbaissés de plein cintre soutenus par des colonnes massives; au-dessus, une terrasse mauresque fermée de châssis vitrés, surmontée elle-même d’une terrasse découverte à balustrade en bordure. Cette galerie donne accès dans un vestibule où prennent naissance les escaliers desservant les étages supérieurs.

Cette façade aux lignes élégantes et très ornées a été construite sur les dessins de M. Alfred Vaudoyer. Si remarquable qu’elle soit, il faut bien avouer pourtant qu’elle est peu caractéristique des nations qui abritent derrière elle leur exposition, ; et qu’entre l’intérieur et l’extérieur il n’y ; a que des rapports assez éloignés.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878