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Carillon


Carillon à l'exposition de Paris 1878

Architecte(s) : M. Bollée

Nous allons nous interessé au carillon exposé par M. Bollée, fondeur mécanicien au Mans, lequel n’en était pas à ses début, car il avait déjà une bell collection de cloches harmonieusement rangées, comme celles présentées, et mises en brale au moyen d’un mouvement d’horlogerie, à l’exposition universelle de 1867.

Les vibrations de ce puissant carillon ne permettaient guère de passer dans le voisinage sans se laisser aller à la tentation de les entendre de plus près ; et ce n’était pas du temps perdu, grâce aux perfectionnements apprtés à cet instrument musical par l’habile fondeur manceau.

C’est en Belgique, à Alost, en 1487, que le premier carillon fut construit par un fondeur du pays nommé Koeck, et dès le commencement du XVIe siècle, les Flancdres, une partie de la France et de l’Allemagne en était pourvues largement. On avait conservé le souvenir des carillons de Dunkerque, de Bruges, de la Samaritaine à Paris ; mais ils étaient loin, cela va sans dire, de la perfection qu’on est parvenu à leur donner de nos jours.

Quant à la fonte des cloches elles-mêmes, ce n’était pas une si petite affaire.
Il fallait d’abord, pour s’en mêler, connaître parfaitement l’art de préparer l’alliage du bronze dont elles étaient faites, et être en bons termes avec le bâton de Jacob, échelle de proportions indiquant la mesure et le poids des cloches, qui se transmettait de père en fils, dans les familles de fondeurs, comme un remède secret.

Cela étant, pour fabriquer une cloche, on commencait par construire un moule en briques qu’on couvrait d’une couche d’argile appelée fausse cloche. On y traçait les figures et les ornements de la cloche et on la couvrait d’un manteau également en terre grasse, qui en prenait les empreintes. On soulevait le manteau, on détruisit la fausse cloche, on laissait retomber le manteau et on coulait le bronze dans le vide que cette fausse cloche avait laissé.

Afin de donner plus de vertu au son des cloches, les fidèles jetaient jadis leurs bijoux d’or et d’argent dans le creuset ; mais les métaux précieux coulaient dans la poche des fondeurs, qui avaient eu soin de pratiquer au préalable, dans leur fournaise, un orifice spécial.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878