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Quartier Marocain


Quartier Marocain à l'exposition de Paris 1878

Au Trocadéro, tout près du passage venant du pont d’Iéna, à gauche, le Maroc a élevé, de mains marocaines, un modèle de maison de Tanger, venu du pays par morceaux. Fort simple extérieurement, cette maison est divisée en salon, salle à manger, chambre à coucher, cour intérieure, salle de bains et cuisine ; le tout, comme de raison, décoré dans le plus pur style mauresque. A cette construction, qui n’est pas sans intérêt, il n’est pas besoin d’ajouter qu’un café est annexé.

L’exposition de la Tunisie et celle du Maroc ont assurément leur côté curieux, en ce sens qu’elles réalisent le type complet du bazar oriental, tenu la plupart du temps par des juifs qui cherchent à vendre à l’étranger le plus cher possible des produits de source plus ou moins authentique et de qualité plus ou moins douteuse.

Vous trouvez là des quantités prodigieuses de crucifix, de chapelets, de roses de Jéricho, de pipes, de fez, de pastilles du sérail, de pastèques, de bijoux, d’objets de toute sorte en noix de coco, de babouches, de vestes brodées, etc., etc.

Une chose cependant distingue le Maroc, c’est que le Maroc a installé un café ; le prix d’entrée est de 1 franc.

L’orchestre se compose de quatre musiciens qui jouent les uns du tambour de basque, les autres du tambourin de faïence.

C’est ce qui s’appelle un concert mauresque.

L’étrangeté de cette musique primitive, l’effet que produit infailliblement sur des organisations européennes cette mélopée à la fois plaintive, monotone et criarde, ne laissent pas que d’impressionner un peu.

Le café est servi à l’orientale, cela va sans dire, et on allume sa cigarette au moyen d’un charbon enflammé.

En somme, le Maroc et la Tunisie ont réussi à amuser le visiteur, mais c’est tout.

Hâtons-nous de dire que nous ne leur en voulons pas pour cela.

Nous parlions tout à l’heure de la Rose de Jéricho. Cette rose était en grande vénération autrefois; la veille dé Noël, on la mettait
dans l’eau et elle s’épanouissait à midi, à l’heure précise de la naissance du Sauveur.

Cette rose, dont le vrai nom est Jérose hygrométrique, se trouve en Syrie et en Palestine. Les arabes l’appelle Kafmargan ; Linné l’a appelée Anastatica hierachantina.

Quelques voyageurs disent que son nom véritable serait en français la ressuscitante, et en arabe Keff-Meriem, la main de Marie ou bien Keff-Fatma, la main de Fatma.

Suivant la légende, cette rose serait l’extrémité des rameaux d’un arbrisseau sur lequel la sainte Vierge étendait les langes de l’enfant Jésus.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878