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Façade


Façade à l'exposition de Paris 1878

Le palais du Champ de Mars n'est pas, comme celui du Trocadéro, une séduction des yeux et de l'esprit ; non, il se contente être complètement pratique, sans pourtant se départir d'élégance dans sa forme modeste, ni de majesté dans sa simplicité.

Il est rectangulaire, et il était parfaitement logique de lui donner la forme même du terrain sur lequel il est construit; c'était le seul moyen de ne pas perdre d'espace ; or, l'expérience a démontré que, dans toutes les expositions, si vaste que soit la place qu'on leur a consacrée, on se trouve toujours trop à l'étroit.

Le rectangle formé par le palais se décompose ainsi — Façade monumentale, regardant la Seine; cette façade abrite une galerie longue de 310 mètres et large de 25 mètres, qui porte le nom de Vestibule d'Honneur.

La façade qui regarde l'Ecole Militaire contient une galerie pareille, comme dimensions, au vestibule d'honneur, et porte le nom de Galerie du travail.
Les façades latérales, sur l'avenue de la Bourdonnais et sur l'avenue de Suffren, contiennent des galeries couvertes dites Galeries des machines.

Revenons à la façade d'honneur, elle est relativement simple; on y accède par une terrasse qui occupe toute la largeur du bâtiment et qui est élevée de 15 marches. Devant le monument, au pied de la terrasse, s'élève la statue de la République inaugurée en juin, deux mois presque après l'ouverture de l'Exposition.

La façade du palais a 22 piliers auxquels s'appuient 22 statues allégoriques, représentant les puissances qui ont apporté leurs produits. Ce sont :
Les Pays-Bas , par Tournois ; — le Portugal, par Sanson; — l'Egypte, par Ottin ; — la Perse, par Chatrousse ; — l'Amérique du Sud, par Bourgeois; — le Danemark, par Marqueste ; — la Grèce, par Delorme ; — la Belgique, par Leroux; — la Suisse, par Gruyer;— La Russie, par Lepère ; — la Hongrie, par Lafrance; — l'Autriche, par Deloye ; — l'Espagne, par Doublemard; — la Chine, par Captier ; — le Japon, par Aizelin — l'Italie, par Marcelin ; — la Suède, par Allasseur;—la Norwége, par Lequier; les Etats-Unis, par J. Caillé;—L'Australie par Roubeaud jeune; — l'Angleterre, par Allard ; — les Indes anglaises, par Cugnot.

Ces 22 piliers sont surmontés des écussons des puissances, avec leurs étendards flottant au vent.

Outre les pavillons qui décorent et relèvent chacun de ses angles, le bâtiment a sur sa grande façade, c'est-à-dire faisant vis-à-vis au Trocadéro, un pavillon central dont le sommet est couronné de la façon la plus heureuse.
Deux femmes ailées échangent d'une main une étreinte fraternelle au-dessus de l'écusson aux couleurs nationales où brillent en lettres d'or les initiales : R. F. ; elles tiennent élevés, de l'autre main, qui le flambeau du progrès, qui l'olivier; leurs ailes, en se rejoignant presque par la pointe, encadrent une couronne d'épis sur laquelle éclate en lettres d'or également le mot : Pax.

Il semble qu'elles planent au-dessus de cette porte ouverte à tous les peuples de la terre, non pour les inviter à la franchir, l'invitation étant faite depuis longtemps, mais pour leur offrir l'image de l'union fraternelle qui ne cesse de régner dans ces luttes courtoises, si fécondes pour le progrès, et pour faire naître dans leurs cœurs la haine des luttes sanglantes, si funestes, si désastreuses pour tous, vainqueurs ou vaincus.

Ce groupe magnifique est dû au ciseau de M. Maniglier, grand prix de Rome de 1856.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878