Retour - Liste Pavillons

Exposition Anthropologique


Exposition Anthropologique à l'exposition de Paris 1878

L’exposition des sciences anthropologiques a eu certainement un nombre respectable de visiteurs, mais ce nombre aurait été bien plus grand si elle ne s’était trouvée reléguée sur la frontière extrême de Passy, et si, pour parvenir jusqu’à elle, il n’avait fallu monter et descendre toute une série d’escaliers.

Pour les visiteurs, qui ne soupçonnaient pas son existence, il était forcé qu’elle demeurât ignorée.

Et, cependant, quel attrait elle offrait au point de vue de l’histoire de l’humanité ! Franchement , elle méritait d’être mieux placée.

Une première salle, dit M. Philibert Brébant, dans le XIXe Siècle, est affectée spécialement à notre école d’anthropologie, la seule qui existe actuellement au monde. Cette école possède six professeurs qui donnent chacun plus de quarante cours par an. Il y a bien en Angleterre un cours d’anthropologie, mais un seul maître, M. Blower, y professe et fait quatre ou cinq cours par an ; on annonce également la formation d’un cours en Russie.

Dans cette première salle sont exposés tous les instruments français et étrangers craniologiques, les préparations microscopiques pour l’étude de la peau et des cheveux, tous les cerveaux de races et d’étude, le matériel des cours, des groupes de squelettes, des statistiques médicales, des albums et photographies de toutes les races humaines, des momies, etc.

Dans la grande salle, se trouve l’intéressante collection des crânes perforés, et rondelles crâniennes provenant des fouilles du docteur Prunières dans la Lozère, des objets provenant des dolmens du Morbihan, puis une interminable série, unique au monde, d’objets de l’âge de pierre et de l’âge de bronze; il y a là, pour nos savants, une mine inépuisable de travaux et de recherches. Cette même salle contient l’ethnographie russe, l’exposition anthropologique de l’Angleterre, du Portugal, de l’Espagne (cette dernière très belle et très intéressante) et enfin les objets envoyés par la société polonaise d’anthropologie, qui, surtout pour cette dernière science, renferme des choses fort curieuses, entre autres une série de tous les costumes des districts de la Galicie et l’ethnographie tzigane, dont s’occupe, avec tant d’intérêt, M. Paul Bataillard. N’oublions pas l’originale collection de types japonais de M. Régamey et de types africains de M. de la Landelle.

Une salle spéciale enfin est affectée aux objets ethnographiques envoyés par l’Autriche, et on y voit de nombreuses poteries, des étoffes, des meubles, des faïences, des objets de bronze, des coupes de terrain fort ingénieuses montrant à quelle profondeur et comment on a trouvé tel et tel squelette de telle ou telle époque.

Ces salles sont ornées d’une façon tout à fait artistique grâce à la collection des bustes et statues polychromes en bronze et en marbre, de M. Cordier, disséminés partout et dont l’ensemble reproduit, on le sait, la plupart des types asiatiques et africains.

A cette intéressante exposition, la Finlande était largement représentée.

On admirait la magnifique collection des crânes d’origine finnoise, exposée par le musée d’anatomie de l’Université.

Lapons, Tàvastiens, Ostrobathniens, Savo-laxiens, Caréliens , Esthoniens, toutes les races s’y trouvaient, et le catalogue, rédigé par les soins du directeur du musée, M. Conrad Hallsten, indiquait pour chaque race les diverses dimensions de la région crânienne et de la région faciale.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878