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Exposition des Animaux Vivants



Tous les règnes de la nature devant figurer dans une exposition internationale, l’esplanade des Invalidés a été en grande partie enceinte de clôture et aménagée pour recevoir à tour de rôle les représentants de l’espèce chevaline et asine, de l’espèce bovine, de l’espèce ovine, de l’espèce porcine, des oiseaux de basse-cour et de l’espèce canine ; des concours divers ont eu lieu en trois fois.

Nous allons esquisser rapidement la physionomie de ces diverses expositions ; commençons par la plus noble conquête de l’homme, c’est-à-dire parle cheval.

L’exposition chevaline été très fréquentée et est devenue dès son ouverture le rendez-vous de tout le high-life international.

On regardait avec beaucoup de curiosité les moujiks en costume national, qui soignaient les chevaux du grand-duc Nicolas de Russie, un des plus grands éleveurs de l’Europe.

Les chevaux belges se faisaient remarquer par leur solidité ; nos races bretonne et normande ont trouvé beaucoup d’admirateurs et d’acheteurs.

Venaient enfin les admirables pur-sang anglais, avec leurs grooms à l’air solennel, à la physionomie impassible.

Puis les chevaux hongrois, dont l’éloge n’est plus à faire. Bien pittoresque était le costume de leurs gardiens : chapeau de forme espagnole, grande chemise tombant aux genoux avec de larges manches pendantes, presque aussi longues que la chemise, gilet de drap rouge, cravate noire frangée d’or et de grandes bottes armées d’énormes éperons.

Dans les annexes de droite, se trouvait la race asine ; nous y avons vu de superbes baudets et des mulets d’une race inappréciable.

Le deuxième concours, qui eut lieu du 7 au 18 juin, comprenait 1,700 animaux d’espèce bovine, dont 386 de provenance étrangère ; 825 d’espèce ovine, dont 242 de l’étranger; 381 d’espèce porcine, dont 127de l’étranger; enfin 2,668 lots d’animaux de basse-cour se décomposant comme suit : 1,461 coqs et poules, 91 dindes et dindons, 49 oies, 133 canards, 18 pintades, 518 pigeons et près de 400 lapins.

On comptait, en divisant les exposants par nationalités: France, 461 ; Grande-Bretagne, 147, dont S. M. la reine et S. A. le prince de Galles; Belgique, 39; Hollande, 13; Italie, 12; Suisse, 10; Autriche-Hongrie, 6 ; Danemark, 2; Portugal, 1. L’unique exposant portugais était M. Gagliardini, directeur de la ferme-école de Cintra.
Ce concours a été très-brillant. On a\ fort admiré la race Durham, race à courtes cornes, race de boucherie, dont on a vu des spécimens être payés 100,000 francs, puis la race Durham-manceau, résultat de croisements avec la race mancelle.

La race Hereford, race anglaise, corps très développé, jambes courtes, poil long, rouge pur ou nuancé, avec face blanche, n’était représentée que par un seul de ces animaux, que la reine d’Angleterre avait envoyé ; quelques représentants des races Sussex et Devon, enfin les races Aberdeen et Angus, tel est le bilan de l’Angleterre.

Nos charolais, nos nivernais, nos parthenais, nos garonnais, nos comtois, nos limousins, ont été justement admirés. Il y avait là des types remarquables.

En ce qui concerne la race laitière, ce concours a prouvé que nous pouvions disputer la palme à l’étranger, avec nos races normande, bretonne, etc.

Pour la race ovine, la lutte était circonscrite entre l’Angleterre et. la France, et le mérite semblait également partagé entre les deux pays.

Nous ne voyons rien de bien particulier à dire sur les porcs ni sur les habitants des basses-cours, et nous arrivons au chien.

Le chien est l’ami de l’homme, un ami qui n’a pas toujours de chance « tout d’même, » à ce que dit la chanson. Le chien a vu toutes les classes de la société se presser autour de ses chenils et lui prodiguer les témoignages d’une considération on ne peut plus flatteuse.

La première catégorie comprenait les chiens de garde, les chiens de berger, etc. ; la deuxième, les chiens de chasse à courre; la troisième, les chiens d’arrêt ; la quatrième, les lévriers; la cinquième, les chiens de luxe et d’appartement ; et la sixième, les chiens divers, exotiques et autres.

Dans cette dernière catégorie, étaient classés les chiens de Chine et de Polynésie, etc. ; mais combien d’espèces ont par malheur manqué à l’appel et n’ont par conséquent figuré que sur le papier !

On regardait beaucoup deux chiens du Saint-Bernard, Loulou et Minka, qui partageaient l’attention du public avec de superbes terre-neuve.

Parmi les petites espèces, nous avons remarqué un petit chien terrier nain, couleur noir et feu. Il était gros comme le poing.

Il était ravissant ou il était affreux, cela dépend des goûts.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878