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Maroc


Maroc à l'exposition de Paris 1878

Le Maroc expose des tapis, des étoffes, des armes, de la poterie, des instruments de musique ; on retrouve là la bimbeloterie orientale,'les étoffes aux couleurs vives et criardes ; mais le principal attrait, — attrait bien enfantin pourtant, — a été pour les visiteurs la double tente, dite tente de l’empereur du Maroc, élevée au milieu de la section. Cette tente, c’est-à-dire la tente extérieure, est faite d’étoffe de poil de chameau aux couleurs variées, et décorée d’applications en étoffe de coton de couleurs également très diverses. A l’intérieur, des divans recouverts d’épais tapis règnent tout autour; ces tapis, comme le reste, sont d’une grande variété de nuances. Au milieu, l’inévitable attirail du fumeur.

A côté de cette tente est un fabricant de babouches en exercice, que des compères semblent considérer avec attention, bien qu’à la vérité le travail du cordonnier les intéresse aussi peu que lui-même.

Si nous rappelons ce souvenir, c’est afin de donner au lecteur quelques détails sur la musique marocaine, c’est M. Weber qui parle :
« Le Maroc n’a fourni que trois instruments, dont deux sont assez curieux ; l’un est un harmonica à dix-neuf planchettes de bois, et d’une construction assez grossière : l’autre, c’est un tambour d’une^ longueur démesurée ; l’instrument est suspendu au mur ; ce sont les cordes dont il est muni pour tendre une peau qui me font supposer que c’est un tambour. La forme en est un peu conique ; la largeur de la partie supérieure est d’environ 20 centimètres ; la longueur de l’instrument est d’environ 2 mètres. Si c’est en effet un tambour, il est probable qu’on s’en sert horizontalement. Le troisième instrument marocain est un petit tambour en forme de clepsydre. »


l’exposition marocaine.

L’exposition du Maroc n’est pas longue à visiter.
Le gouvernement a envoyé la majeure partie des objets exposés, à savoir : un meuble incrusté d’ivoire, des poteries, des bijoux anciens, des armes anciennes, entre autres un coupe-jarret, puis des échantillons de plumes brutes, de cires, de résines, des peaux de panthère, des cotons du Soudan, du poil de chameau travaillé, des soies, des maroquins tannés et teints, des types d’embarcations, des échantillons de céréales, des farineux, des pommes de terre ordinaires et des pommes sucrées et enfin des épices.
Tout cela, on le voit, n’a rien de bien extraordinaire.

Un particulier a envoyé des costumes d’hommes, de femmes et d’enfants en poils de chameau.

Cela pique la curiosité, mais cela n’offre pas d’autre intérêt.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878