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Argentine



LA SITUATION.

La République argentine, dont la superficie est de 4,193,509 kilomètres carrés, et dont la population ne dépasse pas 2,400,000 habitants, est surtout un pays de pasteurs et d’éleveurs.

L’exploitation minière y a cependant de l’importance, ainsi qu’on le verra tout à l’heure.

La République argentine est jeune encore, elle ne date que de 1810; en effet, elle est née de la révolution qui éclata à Buenos-Ayres, le 25 mai 1810. Son indépendance de la couronne d’Espagne fut proclamée à Tucuman le 9 juillet 1816, et fut définitivement conquise en 1824, après une lutte tenace et glorieuse, par la bataille de Ayacucho qui mit fin à la domination espagnole dans l’Amérique du Sud.

La République argentine possède aujourd’hui 2,317 kilomètres de chemins de fer en pleine exploitation.

En 1876, ses lignes télégraphiques ont transmis 530,000 dépêches.

L’effectif de l’armée de ligne comprend 15.000 hommes.

La garde nationale, sujette au service actif, comptait, lors du dernier recensement, 236.000 hommes, et la réserve 68,000.

La flotte, avec un personnel de 3,000 hommes, se compose de 25 navires, dont :
Deux vaisseaux cuirassés à vapeur, avec 12 canons et 1,500 chevaux de force;
Six chaloupes canonnières blindées, avec 16 canons et 1,950 chevaux de force ;
Six corvettes à vapeur avec 30 canons.

Et une division de torpilles dernièrement organisées.


l’agriculture.
L’agriculture, qui avait été longtemps négligée, est aujourd’hui de plus en plus appréciée.

On cultive en grand les céréales : blé, maïs, avoine; les fourrages artiliciels, surtout la luzerne ; les arbres fruitiers et les légumes de toute espèce.

On a commencé la culture des plantes industrielles : coton, tabac, arachide, garance, lin, etc, etc.

Les provinces de l’intérieur, plus agricoles encore que celles du littoral, ont amélioré leurs procédés de culture ; la production de la canne à sucre s’est accrue, on a étendu et perfectionné la fabrication des vins et des eaux-de-vie.

Malgré les progrès accomplis par l’agriculture argentine depuis cette époque, il reste immensément à faire, et la République ne peut être encore considérée comme un pays véritablement agricole. L’industrie pastorale y prime et y primera longtemps encore toutes les autres.


LES BESTIAUX.

On évalue à quinze millions de tètes le gros bétail de la plaine argentine et de la pampa, à quatre millions le nombre des chevaux et à quatre-vingts millions celui des bêtes ovines.

Cette grande quantité de bétail forme une source de revenus considérable.

C’est dans de grands établissements, dits saladeros, que l’on abat, depuis un demi-siècle, les animaux provenant de la pampa. Ces usines se sont améliorées avec le temps et laissent aujourd’hui peu de chose à désirer sous le rapport de l’installation économique.

On y abat les bœufs pendant l’été, du mois de décembre à mai.

Quelques-uns de ces établissements tuent ainsi 60,000 animaux par an, et le nombre total dépasse un million. On y abat aussi des juments, dont la chair est utilisée pour faire de l’huile et dont les cuirs, comme ceux du bœuf, sont salés ou séchés. Le chiffre de la production est très-irrégulier, selon les années. Les cuirs des animaux tués dans l’intérieur pour la consommation sont séchés et dirigés par voies ferrées (Tu par caravanes de charrettes vers le littoral, d’où ils sont expédiés en Europe.

Les laines sont préparées dans les fermes d’où elles arrivent avec les peaux et les cuirs secs. Il en est de même des dépouilles de la race caprine, fournies presque exclusivement par les provinces de San-Luis, Cordova et Santiago del Estero.

Dans ces derniers temps, on a essayé de faire des préparations et des conserves destinées aux marchés de l’Europe ; mais, on n a pas pleinement réussi dans ces tentatives, qui amèneraient une véritable révolution dans l’industrie de la Plata.


LES MINES.

La République argentine possède un certain nombre de mines, ainsi que nous le disions en commençant. Nous en trouvons l’énumération dans le catalogue spécial.

Ce sont, entre autres, la mine de Famatina, où l’on a creusé à 4,260 mètres d’altitude, près de la limite des neiges, une longue et vaste galerie horizontale dite Socabon, qui atteint maintenant 480 mètres et pénètre au cœur du cerro minéral, riche en or et en argent ; celles de cuivre de Capillitas ; les mines de plomb argentifère de Guayco, Ojo de Agua, San-Carlos ; les mines d’oxydule et de carbonate de cuivre du Minotoro et de Molinos ; les lavages d’or de la Canada-Honda et de la Carolina; les cuivres aurifères de San-Francisco ; les mines de cuivre de Valenciana, de Salamanca, de Santa-Elena, de plomb argentifère d’Uspallata, etc.,'etc.; les mines d’argent de la Huerta, de Rodeo, d’Antechristo, de Tontal ; les mines d’or de Gua-lilan, Guachi, Jachal, Valle-Ferti, etc.; les mines d’or et d’argent de Famatima, d’étain à Mazan, do cuivre à las Capillitas, d’or et d’argent dans la sierra de Rélem ; des minerais d’or, d’argent, de cuivre et de fer, dont le manque de bras empêche l’extraction et l’exploitation. Il en est de même du fer météorique d’Otumpa, qui paraît exister en quantité considérable, et qui est parfaitement pur, suivant les échantillons qu’on en a rapportés. Il y a du kaolin en abondance à Getemani, près de Salta, mais on n’a pu encore trouver un homme du métier pour y créer une usine.

On n’extrait, que pour en faire de la chaux, les marbres admirables de la sierra de Cordova, parmi lesquels se trouve un marbre onyx translucide de la plus rare beauté. En somme, le cuivre, l’argent et l’or sont les seuls métaux dont on s’occupe avec quelque activité.


Coup d’œil général sur l’exposition de ARGENTINE.

Occupons-nous d’abord * de l’instruction publique, pour laquelle ce petit pays dépense dix millions par an : on compte 1,368 écoles gratuites, 578 écoles particulières, 5 écoles graduées à la charge de l’État, 8 écoles d’application, 23 écoles du soir pour les ouvriers.

A ce chiffre il faut ajouter les écoles normales pour hommes et pour femmes, deux universités, des écoles de commerce, d’agriculture, etc., etc.

Dans les classes de l’enseignement et de l’imprimerie, nous avons la satisfaction de trouver une exposition très-riche : d’abord, un beau plan de Buenos-Ayres,'des albums et des livres de toutes les provinces ; on reconnaît que la librairie est recherchée et que l’imprimerie est dans une voie excellente.

Les vues photographiques, assez nombreuses, sont bien réussies.

Ce qu’il y a de curieux dans les meubles, ce sont surtout les bois qui les composent.

M. Devoto, de Buenos-Ayres, expose notamment quatre tables mosaïques formées de dix sortes de bois.

Dans les classes suivantes, abondent les échantillons de minerais, de bois, les pelleteries, plumes d’autruche, échantillons de matières premières, laines, tabacs, plantes de toutes sortes, cotons, soies, etc., etc.

La sellerie et la bourrellerie méritent une mention spéciale ; il y a là des objets que ne désavouerait pas l’industrie européenne.

Quarante-sept exposants ont envoyé des échantillons de blés et de céréales de toutes sortes.

L’alimentation est représentée par une quantité considérable de haricots, de pois, de lentilles, etc.

Les boissons fermentées comprennent les vins, les eaux-de-vie, la bière, le vermout, le bitter, le cognac, le vin muscat, le vin de Cordoba, le vin de Mendoza, le vin rouge, le tamarin, le vin de Coca, et des vins blancs.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878