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Italie


Italie à l'exposition de Paris 1878

LES BEAUX-ARTS.

On a dit et répété que l’Italie était le berceau des arts ; aussi est-ce avec une curiosité sympathique et en quelque sorte pieuse que le visiteur franchit le seuil de l’exposition des artistes italiens.

Cette exposition, — nous le disons sans crainte d’être démenti, — est un des plus beaux fleurons de la galerie des beaux-arts ; elle séduit, elle charme, elle enchante ; elle donne une véritable fête pour le cœur, pour l’intelligence et pour les yeux.

Dans leur ouvrage sur l’Italie, MM. Clovis Lamarre et Amédée Roux apprécie n comme il suit la valeur de l’exposition actuelle :
« C’est vers le milieu du siècle passé que l’art italien en général toucha à son extrême décadence, et la peinture a été la dernière à se relever. Au temps du premier royaume d’Italie et durant les trente années qui suivirent sa chute, il y eut sans doute des artistes distingués tels qu’Appiani, Hayez, et quelques autres dont lés œuvres sont réunies dans le musée moderne de Capo-di-Monte, mais les symptômes encore obscurs du réveil définitif ne datent réellement que de l’Exposition française de 185S. Bien que d’apparence fort modeste, la section italienne des beaux-arts fut remarquée ; en 1867, le succès alla grandissant, et la splendide toile de M. Ussi, l'Abdication du duc d'Athènes, excita l’admiration générale. A partir de ce moment, les peintres de la Péninsule commencèrent à être appréciés du monde entier et trouvèrent à vendre leurs tableaux, non pas seulement en Angleterre et en Amérique, mais en France et en Belgique, deux pays où les amateurs sont plus économes tout en ayant le goût plus épuré. Aux récentes Expositions de Vienne et de Philadelphie, la convalescence italienne n’a fait que s’affirmer d’une façon plus décisive, et cette année nous constatons avec plaisir que, sur quatre-vingts toiles exposées, il en est bien peu qu’on puisse considérer comme des ouvrages entièrement médiocres. »

Tous les critiques, du reste, ont émis une opinion semblable, et l’empressement des visiteurs prouve que le public a ratifié leur jugement.
La peinture officielle est représentée par plusieurs sujets: —le portrait du roi Humbert, par le chevalier de Sanctis, et celui de la reine, par le chevalier de Gordigiani.

On est frappé de la grande ressemblance du jeune roi avec son père et charmé de la beauté gracieuse de la reine.

Une toile de M. Induno représente Victor-Emmanuel, posant la première pierre de la grande galerie de Milan ; c’est une toile très-détaillée, très-soignée, et dans laquelle l’artiste a fait figurer autour du souverain tous les personnages en vue de l’époque.

Dans un autre genre, M. Induno a réussi à ravir une scène à la fois champêtre et patriotique.

Les conscrits sont réunis devant la mairie, leur paquet à la main, et adressent leurs adieux aux parents et amis ; les autorités du village, c’est-à-dire le maire, le curé et le maître d’école, assistent gravement au départ que les gendarmes surveillent. Les conscrits font bonne contenance, mais les jeunes filles sont tristes et plus d’une cache ses yeux avec son tablier.

Cette scène encadrée dans un site villageois, entouré de verdure, sous un ciel un peu gris et mélancolique, est excessivement charmante.
Après l'orage est une excellente toile de M. Allason, de Turin.

La tempête a été formidable, à en juger par les nuages sombres et volumineux qui fuient sous le ciel et par les violentes palpitations des flots ; enfin des éclaircies se sont produites, des hommes qui ont escaladé un rocher élevé, tendent un cordage à un navire qui a sombré sur la côte et dont la mâture se découpe à travers les déchirures du ciel. La scène est rendue avec beaucoup de vérité. On reconnaît que le peintre a vu.

M. Campi, de Milan, a peint un sujet on ne peut plus dramatique : Les parents et les amis des martyrs attendant à la porte du cirque.
Les malheureux chrétiens vont être livrés aux bêtes féroces, et ceux qui les aiment attendent dans le désespoir et dans la colère.
La Nuit, de M. Vannutelli, est aussi séduisante comme peinture que comme sujet. L'aube a succédé à la nuit, Phébus apparaît déjà, et Phébé, lasse d’avoir prodigué sa lumière aux humains, s’endort sur des nuages en guise de lit; son corps blanc, sans voiles, est étendu dans une pose abandonnée ; sa chevelure blonde flottant sur un nuage blanc est d’un très-joli effet.

Le Retour du baptême, de M. Jacowacci, est très-étudié et les couleurs y sont fortement, mais judicieusement accusées.

Nous sommes dans un palais ; l’accouchée repose dans un de ces beaux lits à colonnes dont nous ne connaissons plus aujourd’hui que l’imitation, imitation ornée, imitation jolie, et par conséquent dépourvue de cette sévérité que nos pères voulaient pour leurs lits de famille.

Elle tourne la tête vers le petit être que le parrain et la marraine ramènent de l’église, tandis que la nounou prépare un ravissant berceau placé au chevet du lit maternel.

Le Viatique, de M. Gioli, de Florence, nous montre un prêtre allant à la tombée de la nuit porter à un mourant les dernières consolations de la religion. Il chemine à travers champs, grave et pensif; sur son passage, les paysans s’agenouillent.

Ce sujet [pittoresque est traité heureusement et la teinte générale représente bien la pénombre du crépuscule.

Le Coucher de soleil, de Giulano, vue prise sur les rivages de Gênes, est d’une belle mélancolie et d’une grande vérité ; rien de plus charmant que les derniers rayons estompant les maisons de la ville.

On regarde beaucoup et avec raison le tableau de M. Spiridon: Après le bain.

Le tableau est en effet remarquable en tous points comme coloris et comme dessin.

Voici la description de cette toile : une jeune femme, merveilleuse de beauté, est étendue sur une peau de tigre.

Elle sort du bain, et elle s’est abandonnée au sommeil.

Elle est dans une pose alanguie, mais, sous la mollesse apparente du corps, on devine la fermeté de la chair et l’acier du muscle.

Elle a les mains jointes ; son beau visage est encadré dans une splendide chevelure blonde. Elle dort à demi sur le côté gauche, mais la jambe droite est ramenée de façon à montrer la cambrure des reins et à mettre bien en lumière la splendeur du corps qui éclate sous un peignoir des plus transparents.

Le corps est, nous le répétons, très-bien dessiné et le ton des chairs est rendu avec une absolue vérité.

Voici deux tableaux dont le sujet est emprunté à notre histoire :
Raison d'État, de M. Didioni, et Napoléon répudiant Joséphine, de Pagliano, même sujet traité différemment : dans le tableau de M. Didioni, Joséphine, désespérée, repousse les consolations d’une dame d’honneur qui suit d’un regard tout contristé et tout fâché l’empereur qui s’éloigne, insouciant du mal qu’il vient de faire. M. Pagliano, au contraire, nous montre un Napoléon qui, seul avec l’impératrice en larmes, fait de louables efforts pour lui inspirer la résignation. Ces deux tableaux ne sont pas sans valeur, le dernier surtout, mais ils n’obtiennent qu’un succès de curiosité. — M. Pagliano expose, en outre, une petite toile de genre intéressante : la Revue de l'héritage, l’éternelle comédie jouée dans les appartements du mort par des héritiers vêtus à la mode de 1810.

Les héritiers opèrent un déménagement complet. Les uns essayent les vêtements, les autres emportent les livres ou examinent les gravures; leur jeu de physionomie a été très-bien saisi par l’artiste; l’expression de leur visage signifie clairement qu’ils reprochent au mort de ne pas leur avoir laissé un assez riche héritage.

Le Portrait de madame Ponti a un effet d’une originalité très-séduisante. La femme, brune, est vêtue d’une robe de velours ; c’est le soir, il fait clair de lune ; rien de plus curieux à examiner que le jeu des rayons d’argent sur le velours et sur les cheveux. Au point de vue des effets de lumière, c’est très-étudié.

Un petit tableau de genre de M. Rotta. de Venise, est amusant ; le sujet est emprunté à une chanson connue de Béranger.

Une femme, vieille et ridée, a tiré du. bahut un de ses beaux corsages d’autrefois, du temps où elle était svelte et jolie ; elle met le corsage sur elle et elle regrette le temps jadis, le temps perdu. Ah ! combien je regrette... tel est le titre du tableau.

Les Deux Mères, c’est un joli sujet de famille composé par M. Busi, de Bologne. On se souvient que M. Busi a obtenu une médaille de mérite à l’Exposition de Vienne.

La scène se passe à la campagne, dans un jardin où toute une famille est réunie.

La mère, une brune Italienne magnifique, est étendue dans un fauteuil; son mari, non moins brun, est accoudé près d’elle. Que regardent-ils tous deux? une petite scène charmante.

Bébé n’est pas élevé au sein, mais au lait de chèvre. En ce moment, soutenu par sa bonne, il presse de ses petites lèvres la mamelle de la chèvre, c’est la seconde mère, véritable en somme, car celle qui nourrit un enfant est plus sa mère que celle qui s’est bornée à lui donner le jour.

La bonne chèvre se laisse faire, mais par prudence la grande sœur de bébé lui tient la tête, tandis que la grand’mère, debout à côté, surveille l’opération.

La scène est charmante. Il faut remarquer surtout l’air mélancolique de la mère, qui a l’air d’envier la chèvre.

M. Pasini a beaucoup vu l’Orient et l’aime beaucoup ; il n’a pas moins de onze tableaux traitant des sujets orientaux.
Parmi ceux qui nous ont le plus frappé, nous citerons : Un faubourg de Constantinople, l'Entrevue de deux chefs metualis dans le Liban,
— une toile magnifique, tout à fait grandiose,
— le Marché du lundi, qui résume bien l’Orient avec ses mille nuances, avec son amour du bariolage, avec ses vives couleurs qui éclatent follement sous un ciel d'azur et sous un soleil ardent.

L'Escorte du pacha est merveilleusement réussie au point de vue des types.

Un mariage d'Etat, de M. Zuliani, est on ne peut plus amusant et rappelle une des curiosités des mœurs princières d’autrefois.

Deux familles, dans le but de resserrer les liens qui les unissent et d’assurer l’avenir de leurs maisons, marient leurs enfants ; l’époux a bien neuf ans, l’épousée peut avoir quatre ans.

L’épousée est amenée par ses femmes, mais elle n’avance qu’à contre-cœur et est surtout préoccupée de téter son pouce.

Le mari, lui, ne s’occupe pas le moins du monde de sa future; en revanche, il regarde avec désespoir un superbe cavalier de carton qu’il a laissé tomber derrière lui.

L’entourage rit ; seuls les parents sont sérieux, leur dignité les y condamne ; mais on voit à leur physionomie qu’ils ont grand’peine à ne pas succomber au rire.

Cette toile est très-remarquée, et c’est avec raison; compliments à M. Zuliani pour les jolis visages des demoiselles de la cour.

M. Pazzini, dont nous parlions plus haut, est un grand amoureux de l’Orient; M. de Nittis, lui, affectionne Paris et Londres.

M. de Nittis expose douze grandes toiles qui obtiennent auprès du public, surtout du public des dimanches, un grand succès.

On prend plaisir à voir comment l’artiste a rendu les perspectives qu’il a choisies dans Paris. Son choix, disons-le tout de suite, a été heureux. En ce qui concerne Londres, ses toiles nous offrent un attrait particulier, celui de l’inconnu; elles révèlent Londres à ceux qui n’ont pas traversé la Manche; ajoutez à cela que le peintre a combiné ses tableaux de façon à montrer, outre l’aspect physique, l’aspect moral; il en résulte qu’en voyant, par exemple, Trafalgar square et la Banque, on saisit en même temps bien des petits côtés de l’existence anglaise.

M. de Nittis a le talent ou plutôt le don de prendre ses vues du bon côté ; ainsi, il s’est admirablement placé pour faire Paris vu du Pont-Royal ; tout est de la plus grande exactitude, et le marchand-bouquiniste est ravissant comme type. C’est pris sur le vif.

Par exemple, nous aimons moins le Retour des courses.

M. Spiridon, — dont nous avons cité un remarquable tableau, a aussi un portrait, celui de M. Gambetta. Il nous semble qu’il a un peu vieilli son modèle, et puis l’identité d’expression des deux yeux, leur animation égale, ne sont peut-être pas absolument conformes à la vérité; or,la vérité doit toujours être respectée.

Les derniers moments de Brutus après la bataille de Philippes font honneur à M. Simoni ; les figures sont très-belles, très-mâles.

Le Retofir de la fête de Montevergine est délicieux ; c’est gai, pailleté, scintillant ; l’artiste, Mme Sindici Stuart, a prodigué avec une tendresse toute féminine ces vives couleurs si chères aux Italiens et qui s’accommodent si bien avec leur ciel et avec leur nature.


LA SCULPTURE.

La sculpture rivalise comme beauté avec la peinture.

Le Canaris à Scio de M. Civiletti est remarquable. Canaris, accroupi sur un canot, montre du doigt un vaisseau turc ; son mâle visage respire l’énergie patriotique et la haine de l’ennemi.

Charmant, le groupe de M. Barbella : la Chanson d’amour.

Un jeune homme tient une jeune fille par la taille, il voudrait l’embrasser, elle résiste.

Les lèvres du jeune homme appelant cette joue qui se recule aussi loin qu’elle peut, cette semi-résistance qui ne demande qu’à être vaincue, tout cela est rendu le plus heureusement du monde.

Nous allions oublier une autre sculpture magistrale encore de M. Civiletti. C’est un grognard de la garde debout sur le champ de bataille de Waterloo. Sur le socle on lit : La garde meurt et ne se rend pas.

Le Caïn et sa femme de M. Amendola est d’une heureuse conception. Caïn, les sourcils froncés, le visage contracté, regarde fixement
devant lui, en proie à une vision terrible.

Sa femme, se pressant contre lui, essaye, mais en vain, de le calmer ; il ne s’aperçoit même pas des caresses de sa compagne, il est absorbé par cette chose terrible qui s’appelle le remords.

La Petite coquette de M. Barzaghi est charmante; elle se drape avec une prétention comique dans un morceau d’étoffe trop grand pour elle; l’étoffe est particulièrement réussie, on dirait de la soie.

Nous citerons enfin une statue de Pie IX, grandeur naturelle, de M. Pagliacetti.


LA PHOTOGRAPHIE.

Cette entrée est éblouissante et semble annoncer au visiteur qu’un monde de merveilles va s’ouvrir devant lui ; des chefs-d’œuvre, en effet, l’attendent, e.t tel est leur irrésistible attrait que l’exposition italienne est toujours encombrée.

L’exposition photographique s’offre la première à notre vue, et il faut reconnaître qu’elle est remarquable. Sans doute les photographes italiens ont à leur service un soleil qui manque aux nôtres, mais il est certain qu’ils savent s’en servir de la bonne façon.

Il paraît, du reste, que l’origine de la photographie, ou du moins son point de départ, pourrait être revendiquée par l’Italie ; en effet, si l’on en croit des écrivains autorisés, la chambre obscure aurait été trouvée au XVIe siècle par un Italien, J. B, Porta, et Léonard de Vinci aurait eu l’idée du stéréoscope.

Vingt-trois exposants figurent dans la classe de la photographie et ils ont apporté des spécimens excessivement intéressants.

Le public considère avec un intérêt nullement dissimulé les belles vues de Rome et des divers sites italiens qui sont rendus avec toute la netteté et tout le fini désirables.

Les spécialistes, eux, étudient le procédé, la manière de faire, constatent les progrès acquis et reconnaissent que la photographie italienne a accompli de notables progrès.

Le portrait du roi Humbert, par les frères Alessandri, est très-beau, très-réussi ; notez que c’est une photographie agrandie.
La même maison expose des vues de Rome qui sont très-regardées.

Une des expositions les plus intéressantes est certainement celle de M. P. Guidi, de San Remo, qui a photographié quatre-vingts plantes indigènes et spontanées de la Ligurie occidentale.

Nous insisterons sur ce point et nous prierons le lecteur de remarquer que la photographie, cette grande découverte moderne, entre chaque jour de plus en plus dans le domaine utilitaire. Les procédés ont été simplifiés en même temps que perfectionnés, et bientôt la science n’aura plus besoin d’herbiers ou de collections de minéraux encombrantes ; des albums photographiques lui suffiront. Le chimiste, seul, aura besoin d’avoir en nature l’herbe, la plante ou le minéral.

Avant de quitter la classe de la photographie, nous devons citer les vues de Pompéi deM. Amodio, les vues des Alpes de M. Besso, la vue de l’Etna de M. Valvo Sortena, les vues de Rome de M. Danesi, et les lithographies exécutées par M. Rocco, au moyen de la photographie.


L’ENSEIGNEMENT

L’enseignement est, en Italie, comme partout ailleurs aujourd’hui, l’objet des préoccupations de tous.

L’exposition que nous avons sous les yeux témoigne des efforts énergiques et persistants faits pour arriver le plus rapidement possible à un résultat. Ce résultat est-il acquis dès à présent? Nous ne le croyons pas, mais il est certain qu’un grand pas a été fait et que, dans peu d’années, l’Italie, en matière d’enseignement, rivalisera avec les nations les mieux organisées sous ce rapport.

Quand on veut organiser l’enseignement dans un pays, c’est l’éducation du petit enfant qui cause les plus grands soucis et présente
les plus grandes difficultés ; en effet, s’il faut l’instruire, il faut en même temps songer à sa santé et tempérer par des prévoyances hygiéniques la fatigue physique et morale que pourrait engendrer pour lui l’assiduité de l’étude.

En Italie, il y a des jardins d’enfance.

C’est assurément un progrès et surtout une innovation. Espérons pour le bien des enfants que cet exemple sera suivi.

D’après la statistique officielle, il n’y a que 16,000 pensionnaires dans les lycées de l’État; en revanche, on en compte 22,000 dans les écoles techniques ou professionnelles; ceci concerne l’enseignement secondaire.

Il va sans dire que toutes les maisons d’éducation ont exposé des travaux de leurs élèves. Il est très-intéressant de les examiner et surtout de les comparer avec les spécimens similaires des autres nations.

S’il nous est permis d’exprimer ici notre opinion, nous dirons que, selon nous, l’Angleterre et les États-Unis sont les nations où l’enseignement est le mieux organisé et surtout le plus entré dans la voie pratique.

Rendons justice, et nous en éprouvons un véritable plaisir, à l’exposition du ministère de l’instruction publique ; elle témoigne de la patriotique énergie avec laquelle on travaille sans relâche en haut lieu à la progression pratique de l’enseignement.

Le ministère expose, outre les dessins des établissements scolaires, de leur mobilier, des jardins d’enfants, des travaux exécutés par les aveugles et les sourds-muets pour lesquels le gouvernement a des établissements spéciaux.

La ligue Véronaise de l’enseignement mérite de grands éloges ; nous devons citer aussi le professeur Palermo, de Naples, pour ses alphabets.
L’enseignement secondaire, dont nous n’avions dit qu’un mot, présente cette particularité, — assez explicable, d’ailleurs, en Italie, — que le plus grand nombre de ses institutions s’applique à l’art musical.

Un architecte, M. Barbiéri, a même envoyé un projet pour la construction d’un collège de musique.

Nous trouvons aussi dans cette même classe, — la classe 7, — une publication périodique : la Femme, par M. Beccari Gual-berta; Y Enéide, opéra-ballet en quatre actes, par M. Bianchi; une Messe des morts, de Mme Ferrari; une Grammaire de la langue musicale, de M. Oddo.


IMPRIMERIE.--LIBRAIRIE.--MUSIQUE.
GÉOGRAPHIE.

L’imprimerie et la librairie sont représentées par quarante et un exposants.

L’Italie, que les arts de tous genres ont choisie, on s’en souvient, pour le berceau de leur renaissance, a-t-elle donné cette fois tout ce qu’on pouvait, tout ce qu’on était en droit d’attendre d’elle ? Nous en doutons.

Les publications à bon marché l’ont envahie, l’ont troublée, et nous craignons fort que le temps des splendides éditions soit passé pour elle. Hélas ! n’est-il pas un peu passé déjà chez la plupart des nations européennes ?

L’Angleterre est peut-être, aujourd’hui, le seul pays qui, tout en pratiquant l’édition à prix réduit, ait su conserver la correction typographique et le décorum du livre.

Nous mentionnerons un ouvrage illustré de la maison Moretti, de Milan, l’Italie monumentale. Les typographes sourds-muets de Gênes ont aussi une exposition intéressante.

M. Sonzogno, l’éditeur du Secolo, journal politique, a surtout la spécialité de reproduire les ouvrages français. Nous n’avons rien de plus à en dire.

La maison Civelli a une exposition remarquable dans la classe de la librairie ; nous la retrouvons encore dans la classe de la papeterie, où ses produits méritent une mention spéciale.

Elle possède six établissements typographiques, deux fabriques de papiers, une fonderie de caractères, soixante machines à vapeur.
Sa devise est : Virtute labore parva crescunt.

Elle publie il Diritto, à Rome; il Corriere italiano, à Florence ; la Lombardia, à Gênes; l’Unione, à Milan; VAdige, à Vérone; plus,
il Consultare administrative, la Revista gabellaria, etc.

Parmi ses plus belles éditions, il faut citer d’abord les publications cartographiques, et entre autres la Grande Carte géographique de l’Europe, en seize feuilles gravées sur cuivre, formant une grande planche de 2 mètres sur 2m,50, à l’échelle de 1 2500000e; puis la Grande Carte d’Italie, en vingt-huit feuilles gravées sur cuivre, formant une planche de 2m,25, à l’échelle de 1 555000e, et enfin la Carte commerciale, à l’échelle de 1 1000000e, publiée en quinze feuilles.

Dans la classe de la musique, les pianos les plus remarqués sont ceux de la maison Brizzi et Nicolaï, de Florence.

Nous avons entendu le professeur Barberone exécutant sur ces pianos des morceaux du répertoire ; l’instrument obéissait à merveille à la pensée du maître.

Revenons sur nos pas et examinons un magnifique plan en relief : il représente le massif des Alpes ; excessivement détaillé et d’une scrupuleuse exactitude, il permet de suivre et de reconnaître toutes les routes qui traversent cette magnifique chaîne.

Notons aussi la carte agronomique de la province de Catane, et surtout la grande carte postale d’Italie.


LE MOBILIER.

Dans toutes les expositions de la section étrangère, le mobilier est intéressant à étudier, en ce sens qu’il dénonce les goûts et les mœurs du pays auquel il se rapporte.

Il va sans dire que l’élégance et le bon goût dominent dans cette partie de l’exposition italienne, quoiqu’il y ait peut-être un peu trop de recherche.

La mosaïque joue un grand rôle dans l’industrie du meuble en Italie, on en trouve partout. Il est juste de reconnaître que toutes ces mosaïques témoignent d’un talent supérieur de la part de l’artiste et atteignent un rare degré de perfection.

La seule critique qu’on pourrait risquer serait celle-ci : l’ornementation est trop voulue, trop cherchée, trop chargée. Partout de la marqueterie, de la mosaïque, de la sculpture, de l’incrustation de nacre, d’ivoire, de cuivre ou de marbre.

Voici des buffets sculptés et incrustés, à colonnettes de marbre d’un bel effet; des bibliothèques, des chiffonniers, des nécessaires charmants; des sièges et des tables en chêne sculptés avec un art infini ; des guéridons en bois noir à dessus peints et incrustés de nacre, qui sont des bijoux ; des statues en bois, bronzé, argenté, doré, qui font illusion.

Et voilà une curiosité encore au milieu dé toutes les curiosités : ce sont des meubles faits de cornes entières, polies avec soin, de bœufs de la campagne romaine, des chaises, des fauteuils, des canapés, des tables même, et recouverts de peaux de chèvres des mêmes pâturages, ornées de leur poil.

Nous avons parlé de mosaïques, il faut voir les tableaux exécutés en mosaïque par M. Galland.

Deux d’entre eux représentent le Forum et le Capitole; on croirait, à distance, voir une-peinture à l’huile.

Il y a aussi une grande table sur laquelle sont reproduites les Heures de Raphaël.

Citons enfin une tasse en pierre dure qui a été achetée par un Anglais au prix de quinze mille francs.

M. Garassini expose des tableaux de mosaïque en bois de grand prix. Un d’entre eux représente Galilée au moment où il vient d’abjurer entre les mains de l'inquisition. Ses lèvres s’entr’ouvrent, il semble qu'on l’entende s’écrier : E pur si muove!

Nous parlions tout à l’heure des guéridons. Il en est un qui nous a paru tout à fait remarquable; il représente une place publique au moyen âge; les maisons sont rendues avec tout le pittoresque d’alors. Au fond s’ouvre une longue galerie qui fuit dans le lointain et prend à son extrémité le jour qui l’éclaire en grande partie.


VERRERIE.---CRISTALLERIE.--CÉRAMIQUE.

Les verres et les cristaux sont naturellement très-largement représentés. Il faut citer en première ligne la Compagnie de verreries et de mosaïques de Venise et de Murano.

Cette manufacture, qui n’existe que depuis 1866, occupe de nombreux artistes qui se sont donné la tâche de faire revivre le grand art italien.

Les salles de la verrerie et de la cristallerie causent un véritable éblouissement ; tout cela brille, tout cela éblouit; on se croirait dans un palais de diamants.

Il est difficile de faire un choix parmi tant de merveilles ou de curiosités qu’on voudrait pouvoir citer toutes ; il nous faut cependant choisir, nous citerons donc les verres Graffiti sur or, les vases émaillés, les lustres-miroirs qui sont d’un effet si magique à la lumière, et des mosaïques murales très-riches. Il y a aussi des émaux remarquables.

Remarquons encore une belle copie d’un bassin du XVe siècle qui se trouve au musée Correr ; le bassin a 26 centimètres de hauteur et 38 de diamètre ; son bord supérieur a une frise en or et des décorations jouant les pierres précieuses.

La maison Salviati expose aussi des lustres, des mosaïques et des cristaux qui sortent de l’ordinaire.

L’exposition de la verrerie est très-fréquentée, surtout par les dames, qui y trouvent une grande quantité de menus objets d’une grâce et d’une coquetterie charmantes.

Ce sont des broches, des boucles d’oreilles, des bracelets, etc.

Ce qui paraît le plus surprenant et ce qui était certainement le moins connu, ce sont les délicieuses petites cravates en verre de couleur filé et tressé. Rien de plus flexible, de plus léger, de plus gracieux.

La céramique témoigne, elle aussi, d’un grand et sérieux renouvellement de l’art.

La haute pendule de 670 millimètres, avec ses deux femmes qui se tendent la main pardessus le cadran, avec son enfant ailé tenant un sablier d’une main et une faux de l’autre, est un morceau de choix.

A citer aussi les plaques de porcelaine représentant les saisons, et le vase désigné sous le nom de il colosso.

Donnons un coup d’œil aux bronzes d’art, notamment à ceux de la maison Brau, de Turin, qui a d’excellentes reproductions de pièces anciennes, et arrivons à la parfumerie.

Nous ne voyons guère à citer que les savons de Naples, de la maison Genevois et fils, et l'esprit de mélisse, des Carmes déchaussés de Venise.


VÊTEMENT ET ACCESSOIRES.

Les cotons, le lin, le chanvre, les laines peignées ou cardées constituent maintenant une des grandes industries de l’Italie, et un grand avenir lui est réservé. En ce moment, elle représente un chiffre d’affaires de cent soixante-dix millions.

L’exposition des soies italiennes, en filés, en bourre, en bassinets et doupions écrus, est très-complète ; il y manque pourtant quelque chose que nous espérions, à tort, trouver dans la galerie des machines ou dans celle des « produits alimentaires. » C’est dans cette dernière que les Japonais exposent leurs instruments et procédés d’exploitation et de fabrication de la soie ; les Italiens y ont relégué des larves et des phalènes conservées dans l’alcool, une certaine quantité de cocons, et c’est tout.

Quant aux étoffes de soie, elles sont bien représentées : soie pour vêtements et pour meubles, étoffes romaines aux couleurs vives et variées, dentelles de soie pour meubles, voiles brodés, etc. ; ajoutons à cela des toiles de lin et de coton, des mousselines, et surtout les travaux de l’École de dentelles de Murano. N’oublions pas enfin ces merveilleux ouvrages en paille d’une finesse miraculeuse : chapeaux, ombrelles, éventails, sandales, etc., etc.

Les dentelles sont richement représentées. On remarque beaucoup de magnifiques voiles noirs brodés à la main ; ils proviennent de la maison Carnaghi, de Milan.

Une véritable curiosité et en même temps un chef-d’œuvre de patience, c’est la cathédrale de Milan, exécutée tout en dentelle milanaise.
Notez que le relief est assez grand; il nous a paru avoir au moins 50 centimètres de hauteur. Tous les détails de la magnifique cathédrale, les clochers, les dentelures, sont rendus avec une exactitude qui étonne.

Dans la classe des dentelles, il est des exposants qu’il convient de mentionner, entre autres la Chambre de commerce d’Avellino, qui a envoyé les travaux de l’orphelinat provincial pour les jeunes filles ; l’École de dentelles de Murano, l'Orphelinat de jeunes filles de Milan, la Société vénitienne pour la fabrique des dentelles, et l’Administration des prisons, qui expose des dentelles et des broderies.
La lingerie captive les visiteuses; elle est, en effet, d’un grand fini et d’une grande délicatesse. En pourrait-il être autrement dans un pays où les femmes sont si soigneuses de leur personne et où le linge est leur première coquetterie?

La ganterie expose les gants de Turin et de Naples, bien connus de la fashion française, qui, en 1877, en a consommé trois millions de paires.

Une seule maison a exposé des châles, la maison Bachini Bosi Louise, de Pérouse ; mais, si la quantité manque, la qualité est splendide. Ces châles sont en crêpe blanc et on ne saurait rien voir qui soit plus fin, ni qui soit plus désirable pour une femme.

Nous ne parlerons de la chaussure que pour signaler cinq volumes de M. Corazzina, de Brescia, qui portent ce titre alléchant : Histoire de la chaussure antique et moderne.

La paille d’Italie brille de tout son éclat, et c’est avec plaisir que l’on regarde cette paille si fine, si délicate et si artistement tissée. Elle était autrefois très-portée en France, dans le temps où les femmes ne tenaient pas à ne porter qu’un semblant de chapeau.
Avec cette merveilleuse paille d’Italie les Italiens excellent à confectionner de délicieux objets de toute sorte à l’usage des dames, notamment des sacs à ouvrage.

Ils ont même trouvé le moyen d’approprier la paille d’Italie à l’ameublement. C’est ainsi que nous avons vu à une vitrine des lustres ravissants, avec bobèches, le tout en paille d'Italie.

A la même vitrine, nous avons vu encore des causeuses de forme coquette, dont l’étoffe était ornée de fleurs brodées. Or, cette merveilleuse broderie était exécutée non avec de la soie, mais avec de la paille italienne.

Dans la classe des armes, — qui aurait dû être plus largement représentée, attendu que l’industrie armurière florit de nouveau en Italie, comme au temps où ses lames rivalisaient avec celles de l’Espagne, — nous ne trouvons que huit exposants.

Nous ne voyons guère à citer, à titre de particularité, que le pistolet mitrailleuse à vingt-six coups de M. Venditti, et le fusil de chasse à quatre canons de M. Zanotti.

Ces armes, après tout, ne sont que des armes de luxe.

Ce sont les grandes usines de Brescia, de Turin et de Torre Annunziata, qui fabriquent les armes sérieuses et à des prix de revient assez minimes, puisqu’un fusil de guerre, sabre-baïonnette compris, ne coûte pas, paraît-il, plus de cinquante francs.


MINES. MÉTALLURGIE. CHASSE ET PÊCHE.
PRODUITS CHIMIQUES, ETC.

L’Italie est riche au point de vue minier ; elle n’a ni houille, ni charbon de terre, mais elle possède abondamment du soufre, du fer, du cuivre, du plomb, du zinc, du minerai de fer, du talc, de l’asphalte, du bitume, du mercure, de la pierre ponce, des stéatites, du sel gemme, du plomb argentifère, de l’acide borique, de l’amiante, du fer magnétique, de l’antimoine, etc., etc.

Les carrières de Carrare ont envoyé des spécimens magnifiques de leurs marbres si renommés; il paraît qu’on en exporte plus de cent cinquante mille tonnes par an.

Nous ne voulons pas, si intéressant que soit le sujet, fatiguer le lecteur en lui décrivant toutes les richesses de cette classe ; le détail en serait excessivement intéressant; il nous tente et il séduirait les spécialistes; mais nous devons considérer qu’une description n’a de raison d’être que si elle est complète. Or, il faudrait un volume pour faire l’historique de toutes ces matières premières, et l’espace nous est un peu mesuré.

Nous devons constater,— et nous le faisons avec plaisir,— l’empressement et le soin dont les exposants de cette classe ont fait preuve ; ils sont très-nombreux, et il n’est pas un coin de l’Italie qui ne soit représenté.

Toutes les sociétés, plusieurs chambres de commerce ont expédié des collections précieuses.

L’étude des spécimens se complète par celle de nombreuses cartes géologiques qui marquent les gisements et indiquent la nature souterraine du sol.

En ce qui concerne les bois, c’est la direction de l’agriculture qui a pris l’initiative de l’ouvrage explicatif. On aurait vraiment tort de ne pas feuilleter cette jolie collection qui a des gravures démonstratives à côté du texte; ce serait perdre une occasion de s’instruire, occasion qui disparaîtra dès que l’Exposition aura fermé ses portes.

Les produits de la pêche et de la chasse sont intéressants, mais surtout au point de vue comparatif; dans la classe qui les suit immédiatement figurent les produits agricoles non alimentaires.

C’est encore là une des mille sources de richesses que Dieu a prodiguées à ce magnifique sol italien.

Le miel, la cire vierge, y sont en abondance, et leur qualité est renommée; cela se comprend, l'Italie ne manquant ni de soleil pour ses fleurs, ni de fleurs pour ses abeilles.

Nous citerons, entre autres, le miel de fleur d’orange du baron Sciacca della Scala.

Voici des huiles de toutes sortes, huiles de marc d’olive, huiles pour le savon, huiles de maïs, huiles de laurier, huiles végétales ; il y a aussi des huiles industrielles et des huiles pour machines.

Beaucoup de lin, de chanvre, et passablement de coton.

Savez-vous quel chiffre la cueillette du lin atteint? Elle va jusqu’à plus de cent trente mille quintaux.

La classe des produits chimiques est, elle aussi, on ne peut plus fournie. L’Italie possède, notamment, beaucoup d'acide sulfurique et d’acide borique.

L’alun, le sel marin, l’essence de bergamote, le vernis, la bougie, sont trop réputés au point de vue de la qualité pour que nous en parlions autrement.

En ce qui concerne les produits pharmaceutiques et hygiéniques, nous citerons les huiles de ricin, les sels de quinine, le goudron, la manne, le cyanure ferrugineux, etc.

Notons en passant l’eau cordiale dentifrice dite siragusa, excellente pour ; .nettoyer les dents et entretenir la fraîcheur de la bouche ; le tayuya, pour l’épuration du sang, puis les eaux de Corneto, source chlorurée sodique.


LA GALERIE DES MACHINES. — L’ALIMENTATION.

La partie italienne de la galerie des machines est excessivement attrayante. Nous allons, si vous le voulez bien, la parcourir un peu au gré de la fantaisie.

Voici d’abord, en grandeur naturelle, des mannequins représentant les types de l’armée italienne.

Le gendarme, avec le chapeau en bataille ; son chapeau est bien plus petit que celui du gendarme français et il est, en outre, surmonté d’un gros plumet qui l’écrase ; le gendarme porte le baudrier blanc; la bande du pantalon est rouge, large, coupée par un liséré noir, absolument comme chez nos soldats du génie.

L'artilleur, — à’cheval, s’il vous plaît,— est coiffé d’un shako bas, assez ressemblant au shako espagnol ; les buffleteries sont noires; le costume est bleu, avec liséré jaune.

Le bersaglier, petit, vigoureux, alerte, habillé de bleu, avec passementeries vertes, le pantalon court, tombant sur des guêtres blanches dans lesquelles il n’entre pas, coiffé d’un chapeau de cuir bouilli à larges bords et orné d’un panache de plumes retombantes, a l’air crâne et décidé de nos chasseurs de Vincennes.

Le chasseur des Alpes est un des types les plus originaux de l’armée italienne. Coiffé du chapeau avec petite plume en aigrette sur le côté, un veston bleu, large, commode, pas à taille, les deux pans de devant relevés de chaque côté et attachés à un bouton sous le ceinturon, la cartouchière devant, le pantalon bleu large, aéré, fixé au jarret dans des jambières, de solides chaussures aux pieds, tel est ce soldat montagnard infatigable, admirablement discipliné, toujours excellent tireur, et si précieux pour l’armée.

A côté de ces soldats, se trouve le canon à affût automatique. Une rainure arrondie représentant à peu près un demi-cercle, permet de faire virer le canon à droite ou à gauche tandis que l’affût demeure immobile. La réduction au vingtième du champ d’expériences de la Spezia est très-curieuse à observer; elle montre le soin que l’artillerie italienne apporte dans ses études et prouve les progrès accomplis.

Des photographies permettent au visiteur d’apprécier la justesse du tir et la puissance des projectiles.

Derrière ce plan en relief, se trouve, séparée par une cloison, l’exposition du ministère de l’instruction ; elle se compose de la collection complète des comptes rendus officiels relatifs aux ponts et chaussées, aux postes, aux télégraphes, etc.; il y a aussi des cartes et un grand nombre de documents municipaux.

La pièce la plus curieuse de la galerie des machines est assurément l’échelle aérienne du chevalier Paolo-Porta ; cette échelle est destinée spécialement au sauvetage, mais elle peut être utilisée également pour les illuminations, le badigeonnage des maisons, les réparations, les décorations, etc.

Elle est munie de deux rampes latérales, ce qui donne au travailleur une sécurité absolue.

Il ne nous reste plus qu’à parler de l’alimentation. La galerie alimentaire est abondamment pourvue de pâtisserie et de confiserie : pains d’épice et autres, gâteaux de maïs, nougats, fruits confits, bonbons, chocolats, conserves variées, mortadelles de Bologne, jambons, saucissons, saindoux, fromage, —le parmesan surtout,— salaisons de toutes sortes ; avec cela, les graines alimentaires les plus diverses. Puis la cire et le miel, et les instruments d’apiculture, modèles de ruches, presses, etc., et une ingénieuse machine à laver les bouteilles. N’oublions pas les vins et liqueurs qui figurent dans une grande et tentante variété.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878