Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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France

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Une superbe locomotive, construite d’après M. Engerth pour le chemin de fer de Lyon, occupe le travers. Cette machine, d’un système nouveau, présente une liaison complète entre les chaudières, la locomotive et le tender, le tout formant un poids de 60 tonnes, réparti sur trois essieux. Cette locomotive est apte à franchir des pentes de 3/00. A droite, le long de la cloison qui sépare la galerie du rond-point, est une locomotive à marchandises, de Cavé. Une pancarte inscrite dessus annonce que ces locomotives, construites au nombre de 12 d'après le système Crampton, ont parcouru 35,000 kilomètres sans avoir besoin d’une seule réparation, ce qui donne, dit le constructeur, 97 centimes de réparation par kilomètre. Au centre se trouvent deux locomotives de M. Polonceau, puis dans l’allée de droite, celle de MM. Blavier et Larpent, construite, par MM. Gouin. Cette locomotive est remarquable par son immense système de roues à diamètre exagéré, et doit parcourir 60 lieues à l’heure à l’aide de ses roues couplées et de son troisième essieu placé excentriquement à l’avant.

En face se trouve une locomotive de 80 chevaux, construite pour un bateau à vapeur de l’Èbre (Espagne) par la Cie du Creuzot ; à côté, un générateur de vapeur de la même Cie. Viennent ensuite, au centre, une machine oscillante de Boyer, ce type des machines à vapeur si en vogue à la dernière exposition et en commence à abandonner maintenant. on remarque ensuite une série de globes de métal trempant dans l'eau; c'est un avertisseur magnétique pour les machines a vapeur qui doit donner par un coup de sifflet avis des excès de pression. Suit la machine qui a servi à frapper les médailles de l’exposition avec les spécimens vendus a côté ; puis une série de machines à chocolat, au milieu desquelles est une ingénieuse machine de Bonnet qui enveloppe les tablettes dans le papier de vente. Saint-Pierre (Calais) a exposé ensuite une belle machine à dentelles, — après laquelle on voit manœuvrer une machine à capsules du ministère de la guerre.

Un peu plus loin, une machine qui fabrique 2400 bouchons à l’heure, puis des machines à imprimer, une machine à enveloppes de Rabatié, de Paris, qui en fabrique à,4000 à l’heure; et enfin une élégante presse dans laquelle l’encre vient se placer d’elle-même sur les rouleaux. Le long du mur on voit une scierie mécanique, et des tuiles. Au centre s’élève une grande machine locomotive de Flaud à 6 chevaux, pour les travaux agricoles. M. Mulot, qui a foré le puits de Grenelle, à exposé des appareils de sondage. Quand le visiteur compare la coupe de ce forage artésien, exécuté avec tant de bonheur et de succès, avec cette immense machine à quatre outils qui a servi à Epinay à un travail analogue, il est étonné par comparaison de la lourdeur et de la complication de ce système. Un bâtis élevé au milieu de l’annexe montre le moulin à friction mu par turbines, présenté par MM. Fromont, Fontaine et Brault, de Chartres. Ce système permet d’enrayer et de débrayer chaque meule séparément pendant la marche. Les vannes s’ouvrent symétriquement, et les fers de meules sont liés par des poulies en gutta-percha.

Ici le visiteur arrive aux machines en mouvement. Un arbre de couche d’une longueur immense, diamètre de 8 centimètres seulement, supporté de distance en distance par des piliers en fonte, est armé de poulies sur lesquelles s’enroulent les courroies des machines, dont les unes donnent le mouvement tandis que les autres le reçoivent. Les chaudières qui fournissent la vapeur nécessaire aux machines sont placées en dehors de la galerie, du côté de la Seine.
La vapeur arrive par des tuyaux placés sous le plancher et soigneusement enveloppés de feutre et d’étoffes de laine pour éviter le refroidissement et la condensation.

La première machine en mouvement est celle qui frappe, en présence du visiteur, les médailles commémoratives de l'Exposition, et qui sont vendues dans l'intérieur du Palais. A côté, des machines à mouler et peser le chocolat de M. Devink, et une autre qui enveloppe le chocolat, inventée par M. Daupley. Un très-beau métier à dentelles, mu par la vapeur, exposé par la fabrique de Saint-Pierre, une machine à fabriquer des capsules fulminantes, exposée par M. le ministre de la guerre, et une autre à fabriquer des bouchons, en produisant 2,4OO à l’heure. Suivent les presses typographiques, parmi lesquelles nous citerons celle de M. Dutartre, qui peut tirer deux couleurs à la fois sur une même feuille; une autre de l’invention de MM.Vaté, Huguet et Carlier, dans laquelle l’encrage et le mouillage de la pierre se font mécaniquement. Parmi de nombreuses presses à copier, à timbres, etc., nous citerons celle destinée au numérotage mécanique des papiers industriels, et celles destinées à l’impression et au contrôle des billets de chemin de fer, de M. Lecoq.

Parmi les machines et métiers à main droite, le long du mur nord, on remarquera une scie mécanique, et un grand appareil pour raffinerie de sucre. En continuant dans le centre, on voit les étaux-limeurs de M. Decoster, et une petite machine agricole à vapeur ; à droite, une scie mécanique, et au centre, des machines pour couper et rouler le métal. Suit une collection de machines destinées à peigner et à filer le lin, le chanvre, le coton et la laine et à gauche des machines à tricoter. De l'autre côté, c'est à dire du côté de la Seine, nous voyons différents modèles de moulins à farine, et dans le centre, une des machines qui mettent l'arbre de couche en mouvement. Suivent des machines à tisser, des presses typographiques, une machines à boucher les bouteilles, et à côté, des appareils de raffinerie de sucre. La machine à nettoyer les bouteilles, de M. Jackson, que l'on trouve ici, nettoie 50000 bouteilles par jour. A coté, un marteau de forge de grande dimension, termine l’exposition des machines françaises.

©Promenades dans l'exposition de 1855