Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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France

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La première exposition qui se présente quand on entre en France, est celle de l'horlogerie et des instruments de précision. L’annexe se trouve en cet endroit séparée en deux allées par une ligne de petites boutiques qui occupent le centre adossées deux à deux et ayant face sur chacune des allées.

Entrons dans l’allée de gauche, sur le côté du bord de l’eau : le visiteur remarquera dans la première vitrine une horloge en marbre noir de Grandperrin et une pendilla avec des médaillons de porcelaine; en face, une horloge à cloche de Galle, à Paris. Cette horloge, marchant trente heures sans être remontée, sans huile, avec pignons d’un seul morceau et trempés, ne coûte que 600 fr. Sur le côté, Arera a exposé une horloge placée dans une corbeille de fleurs ; des mouches marquent les heures. Des papillons voltigent autour, c’est une sorte de joujou. En face, Albert Petry de Voulaines, présente une horloge de clocher remarquable par son bon marché. Sur le côté, Brocot et Deletrez ont en montre une horloge sur corps en bois, indiquant les jours et les mois, et auprès une pendule dorée surmontée d’un candélabre qui s élevé au milieu, système nouveau. En face au centre, s’élève la grande et belle vitrine de Bréguet. A gauche de la vitrine on voit son télégraphe portatif des chemins de fer; sur le devant un télégraphe imprimeur du système Morse, au fond les appareils télégraphiques des chemins du Sud et du Nord, de chaque côté, et celui de l’Étal au milieu. Dans une petite montre par devant on voit des montres de 800, de 1,900 de 2,300 fr., de 4,300 fr. Au milieu sont des montres, l’une de 10,000 fr, qui indique les phases de la lune et qui est vendue au vice-roi d’Égypte ; l'autre montre perpétuelle dont tout le mécanisme est visible à travers une boîte de verre et qui est cotée 30,000 fr. Sur le côté gauche est une pendule sympathique de 12,000 fr, et enfin une pendule de voyage de 6,000 fr. Paul Garnier, à côté, a exposé une grande horloge élevée sur une boîte d’une douzaine de pieds. Au bas se trouvent un contrôleur du service; des veilleurs de nuit; adroite, un compteur, et un indicateur de pression de vapeur à gauche. Derrière ce dernier est un cylindre à signes mobiles pour impression de dépêches télégraphiques (système Morse).

A côté, la maison Niot Blin avec des tourne-broches, et l'on arrive à la grande exposition de Wagner neveu. Une grosse horloge de monument public surexhaussée sur un bâtis, et qui se voit de toute l’annexe, en forme la pièce principale. On voit le mécanisme de l’horloge suspendu entre les piliers qui la soutiennent. A droite de cette horloge, en faisant face à l’Exposition, dans le milieu de l'annexe, est un métronome pour battre les temps de la musique. Sur le devant, toujours à droite, une horloge très-simple qui n’est cotée que 400 fr.; à côté, un mouvement qui peut faire marcher plusieurs cadrans. A gauche, on voit un instrument construit pour l'École des Ponts-et-Chaussées, qui enregistre les mouvements des marées. A gauche enfin tout-à-fait, l'horloge de Galilée, construite pour la première fois
par son fils en 1649, recomposée par Boquillon d’après une lettre de Viviani, de 1659 et exécutée par Wagner neveu. En retour, du côté qui longe le Cours-la-Reine, en face de Wagner, est une magnifique horloge indiquant les heures différentes suivant les latitudes, Europe, Australie, Afrique, puis les mois, les lunaisons, les constellations, etc., etc. Les antipodes de Paris marqués sur elle, sont la petite île de Saint-Pierre (Australie). Dans cette allée il ne reste plus à voir que les lunettes astronomiques de Bardou, le système d’horloge pour l’église Sainte-Clotilde, exposé par Colin, et enfin un important fabricant breton, M. Gourdin, qui fabrique des horloges de clocher -, en face, sont des échantillons de l’horlogerie du Jura. Dans les galeries qui se trouvent sous la voûte du premier étage, à gauche, le long de l’eau, sont des instruments de pesage, des toiles cirées, des savons, des produits chimiques et des vases pu platine pour concentrer les acides ; à droite des poêles, des fourneaux et des fontaines.

En reprenant l’allée de gauche, que nous avons quittée à Wagner, nous trouvons des instruments de précision, dans le massif du centre, des régulateurs, des instruments de physique, machine pneumatique, etc., une belle batterie de 50 éléments divers, semblable à celle qui servait à l’éclairage des docks, et qui avait coûté 275 fr. En face sont des siphons pour la fabrication de l’eau de Seltz. Puis des expositions de confiseurs, le Fidèle Berger de la rue des Lombards, Guérin-Boulon le chocolatier, etc. En face, des instruments de la physique et du daguerréotype. Dans l’allée de droite, ou rencontre d'abord au centre, M. Charles Chevalier. Il expose entre autres des boîtes à daguerréotype avec planches obtenues; on voit une magnifique épreuve transparente sur albumine du pavillon du Louvre. Après M. Chevalier vient Breton, avec un appareil électro-médical et des machines pneumatiques. En face, Rogeat de Lyon avec des dessicateurs et deux pas après Rogeat, un modèle de train et de chaudière de locomotive.

Derrière cette allée continue l’exposition de la fumisterie, qui, à son extrémité, envahit également le centre. Tous les spécimens de l'emploi du calorique et du froid sont présentés là. On remarquera, au centre, le système de ventilation et de chauffage, appliqué à l’école Polytechnique par M. René-Duvoir; à droite, à côté, celui du grand hôpital Lariboissière, du clos Saint-Lazare à Paris, à côté de celui de l’Institut Impérial de France ; à côté encore, les cuisines du lycée Napoléon, avec un système de chauffage pour les études. Tout cela est à droite» On arrive ensuite, toujours du même côté, à l’exposition des pièces d’anatomie élastique du docteur Auzoux de Paris. On remarquera un bel écorché de cheval, une tète de serpent, un ver à soie, etc. Toutes ces pièces se démontent et sont construites anatomiquement dans l’intérieur. Dans l’allée intérieure sont des poêles et des cheminées; sur la muraille, des instruments de taillanderie et de grosse quincaillerie. L’allée de gauche est occupée par les vitrines des parfumeurs parisiens.

Revenons à droite, où nous trouvons d’abord sur le côté les marbres de la Corse ; au centre les forges d’Audincourt ; un autel de Lanfray et Baud de Lyon et une chaire élégante en fonte de fer; puis le modèle d’un arbre en fer forgé pour le bateau à vapeur d’éther, l’Arago, et à côté, le modèle d’un marteau en fer forgé destiné à un pilon de 8,000 kil. pour les ateliers de la marine. Ces deux pièces sont en construction chez M. Cavé. Dans l’allée de gauche on voit des fontes, une énorme cuve de la fonderie de Conches ; dans le massif du centre et aussitôt après, l’exposition de Boigues, Chambourg et Cie, des conduites d’eau, des roues, un
buste de l’Empereur, un énorme câble en l'or, des aciers et des tôles. Sur le côté, toujours à gauche, est une série de cloches, entre autres une fort bien raccommodée.

Au fond, des coffres-forts. Cette allée se termine par un magnifique affût de côté, fondu par Em. Martin, et par les cloches destinées à l’église Sainte-Clotilde de Paris, dont nous avons déjà vu l’horloge, cloches par Hildebrand. Le long du mur sont des tôles et des spécimens de fonte. Dans l’allée de droite, le côté est occupé par des marbres. Au centre est l'exposition de Montataire; des rails de là mètres 80 centimètres de longueur, de 360 kilogrammes de pesanteur, de 19 mètres de long sur 380 kil. de poids, de 17 mètres 50 centimètres sur 149 kilogr. de poids, des plaques de tôle de 1550 et 1100 kilogrammes de pesanteur. En face sur le côté, on verra de beaux marbres roses et gris venant de Boulogne ; à côté, une table en rouge Fleury, puis des planches d’acier et de cuivre de toute beauté. Au centre, on trouve la grande exposition de Jackson frères, Pelin et Gaudet. Ils ont exposé la plus remarquable pièce de fonte qui soit à l'Exposition-, c’est un arbre de bateau à vapeur qui ne pèse pas moins de 23,000 kilogrammes.

Dans l’allée de gauche sont des produits de forge, et à côté, des forges portatives. Au centre, l’exposition de Banis et Cie (Vosges), offre un élégant portique construit tout en fonte. En face, le chemin de fer Grand-Central a exposé ses fontes. Dans l’allée de droite, nous trouvons maintenant les houilles. Les mines d’Anzin ont construit un massif, qui n’est autre chose qu’un grand modèle représentant l’intérieur de la mine, la série des travaux, les mineurs, leurs instruments, leurs modes de travail, leurs bennes, leurs machines, etc. Sur le haut de ce massif, on a élevé un autre petit modèle en bois, destiné à montrer le système d’accrochages à ponts articulés, inventé et employé par M. Cabony, ingénieur et directeur des travaux à Anzin. Au retour de ce modèle sont tous les habits et outillage des mineurs, accrochés en trophée. Le fond de l’allée de droite, sous la voûte du premier étage, est occupé par la quincaillerie, les fils de laiton, etc. ; celui de gauche par des houilles et des produits chimiques.

©Promenades dans l'exposition de 1855