Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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Panorama

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L’intérieur du Panorama est consacré principalement aux produits des manufactures impériales des Gobelins, de Beauvais et de Sèvres. Sur l’estrade du milieu sont exposés les diamants de la couronne.

A l’entrée, nous voyons deux coupes, l’une en cristal, l’autre en lapis, ornées d’or, d'argent et de pierres précieuses, exposées par MM. Duponchel et Cie; à côté, nous trouvons des échantillons du nouveau métal nommé aluminium, exposé par l’ordre de l'Empereur et destiné à un grand avenir. Au-dessus sont les belles tapisseries de M. Flaissier de Nîmes. M. Christofle expose plus loin de très-beaux échantillons de son argenterie par voie galvanique; et à côté de lui, il y a une petite toilette ravissante, on bois et porcelaine de Sèvres, exécutée par M. Fossey. Après avoir passé une porte ornée d'un grand vase de Sèvres rempli de fleurs, nous arrivons à l’exposition des Gobelins. Là, nous voyons les tableaux suivants : Psyché présentée à l'assemblée des dieux, d’après la fresque de Raphaël à la Farnésine, et une copie de Papety, tapisserie exécutée par MM. Buffet, Munier, Greliche, Besson. Margarita et Hupé; — saint Paul et saint Barnabé à Lystria, tapisserie exécutée d’après Raphaël et les tapisseries du Vatican, par MM. Gilbert et Prévolet; la Pêche miraculeuse, tapisserie exécutée d'après Raphaël et les tapisseries du Vatican, par M. Ed. Flament, J. Desroy et Em. Marnent ; — le Corps de Jésus mis au tombeau, d’après Michel-Ange Caravage et une copie de Brenet, par MM. Rançon, Manigan et Laveau ; le Christ au tombeau, d’après Philippe de Champaigne, par M. Ed. Flament ; — la Vierge dite au poisson, d’après Raphaël et une copie réduite de M. H. Lucas,
, par M. Munier; — le portrait de Colbert, d’après Claude Lefebvre, par M. Buffet; — le portrait de Lebrun, d’après Largillière, avec entourage symbolique, d’après M. Am. Couder, par MM. Buffet, Al. Duruy, Durand et Bloquère ; — les Confidences, d’après le modèle original de Fr. Boucher, par MM. Hupé et Ch. Sollier; — Sylvie délivrée par Amynthe de la fureur d’un monstre, sujet tiré de la tragicomédie d'Amynthe et Sylvie, d’après le modèle de Fr. Boucher, par MM. Manigan et Greliche fils.

De l’autre côté de la porte sont les tapis de la Savonnerie, parmi lesquels un tapis exécuté pour un salon des Tuileries, un canapé, des fauteuils et des chiens de chasse, d’après Desportes. Les tapisseries de Beauvais qui suivent nous montrent des tableaux d’après Desportes, Mignon, Oudry, etc., un très-bel écran et de beaux meubles style Louis XIII et autres. Les tapis de M. Sallandrouze, de Marseille, terminent le pourtour intérieur du Panorama. Sur l’estrade, on a disposé à main droite un très-riche service appartenant à S. M. l’Empereur, et exécuté par MM. Gilbert et Chrislofle. La pièce capitale du surtout est un groupe allégorique. Le Génie de la France napoléonienne, représenté par une femme vêtue de larges draperies, étend les bras tenant dans ses mains des couronnes qu’elle distribue à tous les genres de mérite. La Religion, la Concorde, la Force et la Justice sont assises a ses pieds ; deux quadriges s’élancent de deux côtés. Le Génie de la guerre, à main
droite, guide un char attelé de 4 coursiers ; de l’autre côté, l’Agriculture est traînée par des bœufs modelés sur les plus belles espèces de France. A droite et à gauche sont rangées les autres pièces du service, ornées de figures allégoriques. L’autre côté de l’estrade contient les célèbres porcelaines de Sèvres.

En face de l’entrée est placé un grand vase commémoratif de l’Exposition de Londres, d’une grande beauté, composé par M. Dieterle, et offert à la reine d’Angleterre. La frise représente une procession de toutes les nations du monde vers le centre, occupé par trois figures symbolisant l’Abondance, la Justice et la Concorde. A la tête des nations se trouvent, à gauche, la France et la Belgique; après elles, l’Autriche et la Prusse, l’Espagne, le Portugal, la Turquie et les États-Unis. A droite, c’est l’Angleterre avec ses colonies qui ouvre la marche, suivie de là Russie, de la Chine, etc. La composition de cette frise est de M. Gérôme. — Les autres objets de cette exposition se composent de tableaux sur porcelaine, distribués partout dans cette rotonde, parmi lesquels l’entrée de Henri IV à Paris d’après Gérard, et Charles Ier d’après Van Dyk (auprès de la porte par laquelle nous sommes entrés) ; les portraits de L. L. MM. l’Empereur et l’Impératrice, sur l’estrade ; un portrait d’après le Tintoret, porte est ; le portrait de Van Dyk d’après celui du Louvre, etc, ; des vases de toutes grandeurs, des jattes, des coupes, des services de table, de thé, de café, etc.; des émaux sur fer, très-remarquables, parmi lesquels les quatre Évangélistes, de grande dimension, à la porte sud ; des groupes en biscuit, etc.

Le milieu de l’estrade est occupé par les diamants de la couronne. Ou voit dans la vitrine qui contient cette riche collection, d’une valeur de 35 millions, environ, au centre et en haut, la couronne impériale surmontée du diamant célèbre dit le Règent; cette couronne a été exécutée, par M. Lemonnier. Au dessous, et en commençant par la parure qui fait face a la porte du sud, celle en diamants et en rubis, puis la couronne de l’Impératrice; une épée ornée de diamants ; le collier de la Légion d’honneur, de l'Empereur ; des décorations d’ordres étrangers, ornées de diamants, parmi lesquels la jarretière donnée à S. Majesté par la reine d’Angleterre. Suivent des rivières de diamants surmontées d’un diadème très-élégant, également en diamants, puis une parure saphirs et diamants, avec un tour de corsage, un bouquet et une ceinture. Le compartiment suivant nous montre une parure turquoises et diamants, suivie par les diamants de l’Impératrice, parmi lesquels un collier de gros diamants de la valeur de 1,800,000 fr. Ce collier a été offert à Sa Majesté, lors de son mariage, par la ville de Paris. L’Impératrice ne voulut pas accepter ce riche cadeau, et pria la ville de Paris de distribuer aux pauvres la valeur de ces bijoux, ce qui fut fait. Mais Sa Majesté l’Empereur s’est empressée de les acquérir et de les offrir à l’Impératrice. Les autres parures diamants et émeraudes, et les belles perles de cette collection seront encore remarquées. Les riches parures de perles qui suivent proviennent de la Prusse, qui les a données à Napoléon Ier en paiement de contributions de guerre. En quittant le Panorama par la porte sud, nous trouvons, à gauche de la sortie, les anciens modèles de Sèvres à droite, la marchandise courante de celte fabrique. Nous passons devant une belle jardinière de Sèvres, remplie de fleurs, qui orne le milieu, pour arriver au large escalier conduisant à l'annexe. On a placé sur cet escalier quelques retardataires de l’horlogerie parisienne.

©Promenades dans l'exposition de 1855