Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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Machines et instruments agricoles

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En entrant du côté nord, on voit des échantillons de laines françaises de toutes sortes, et entre autres de celle de la bergerie impériale de Rambouillet ; ensuite du blé de toutes sortes, parmi lequel quelques échantillons de blé d’Angleterre et d'Australie, cultivé près Valenciennes. En tournant à gauche, on trouve différents produits agricoles, parmi lesquels du tabac et une collection très-intéressante de ruches d’abeilles. Plus loin, dans le passage à droite de l'entrée, des échantillons de lin, de chanvre, de blé, etc., ainsi qu’une collection de fruits de Provence. En continuant, on trouve un échantillon très-curieux des travaux de drainage de M. de Bryas, et bientôt on se trouve au milieu d'une foule de charrues, de machines à semer, abattre le blé, dont quelques-unes mues par la vapeur. Nous y voyons de plus des meules, des barattes, et tous les ustensiles employés dans les fermes. On y voit également quelques appareils pour garantir la vigne contre la maladie par l’emploi du soufre.

Voici les instruments agricoles les plus remarquables : la machine à battre le blé, de M. Dupetit-Delarue, ingénieur à Amiens ; celle de M. Bordier, à Blanzac,(Charente) ; un autre à un cheval, de M. Ruot, de Chatillon-sur Seine. M. Legendre, de Saint-Jean-d’Angély (Charente-Intérieure) expose une machine à bras à dépiquer les grains, dont la roue d’engrenage seulement est de fer forgé, tandis que tout le reste est en fonte. Elle est de la force de deux hommes, et dépique 15 hectolitres de grain par jour. Une machine pareille, de la force de deux chevaux, ferait 40 hectolitres par jour. Une machine à vanner, à côté, vanne 80 hectolitres par jour. M. Lolz, de Nantes, expose des machines à battre le blé mues par la vapeur, qui battent de 60 à 250 hectolitres par jour, et d’autres mues par un manège, qui peuvent battre 50 à 120 hectolitres par jour.
MM. Renaud et Lotz exposent des machines à vapeur à battre le blé, de la force de 4 chevaux, qui font 100-300 hectolitres en 12 heures, et d’autres machines à manège, capables de faire 80-120 hect. dans le même espace de temps. — Quant aux machines à faucher, leur nombre n’est pas grand : nous n’avons remarqué que celles de M. Courniers, de Saint-Romans (Isère), et celle de M.de Gasparin. M.Roret, de Langres, a envoyé également une machine à faucher et à moissonner. M. Laurent de Paris expose deux machines pour fabriquer des tuyaux de drainage, et M. Julienne une machine pour fabriquer des briques. On regardera encore avec intérêt les pressoirs portatifs de M. Coutiller de la Celette (Loire-et-Cher), de M. Lemonnier-Jully, de Chatillon (Côte-d’Or), et de M. Petit-Delorme, d’Amiens. MM. Vachon et Cie de Lyon exposent une machine qui bat et nettoie simultanément le blé, et M. Mourat a une grande machine pour nettoyer le blé, et des tôles de cuivre et de zinc percées et découpées, MM. Jevot, d’Amiens, montrent une machine horizontale et une verticale pour cribler et pour nettoyer le blé, etc.

La Belgique est représentée dans cette collection par une machine à vapeur à battre le blé, qui a la chaudière à l’extérieur, de M. Hocherau, de Haine-Saint-Pierre ; par une herse de M. Dufour, de Neufrilles, dans le Hainaut ; un semoir du baron Cherret, une vraie herse norvégienne de M. Hocherau, et les barattes élégantes de MM- Duchêne et Denis, de Namur.

Un grand nombre de charrues et d’autres appareils agricoles sont placés dans le jardin.

Retournons à la grande porte sud du Palais, pour visiter le hangar et le jardin du côté est, à main gauche, avant de parcourir le Panorama. Ce hangar est une sorte de supplément à celui de la carrosserie ; car nous y trouvons, en entrant, un fourgon d’ambulance militaire, qui contient deux lits-brancards pour transporter les malades. Un grand nombre de ces voilures servent à notre brave armée en Crimée. Derrière, on voit deux chevaux, chargés de caissons, contenant des cantines de chirurgiens et de pharmaciens. C'est M. le ministre de la guerre qui expose ces objets. D’autres parties d’équipages militaires suivent, et au bout, on voit des wagons et des modèles de wagons de chemin do fer, entre autres un nouveau système de frein, en pratique sur le chemin de fer du Nord, des voilures de première et deuxième classes du chemin de fer de Genève, eLc. Sur les côtés sont placés les objets de voyage, savoir des malles, des bureaux, chaises, lits, objets d’emballage, etc. L’espace séparé par une grille de bois, dans ce hangar, est destiné à une exposition des objets que leur bon marché et leur bonne qualité rendent particulièremènt utiles à la vie domestique la simple. Au moment où nous écrivons ceci, on est occupé à arranger celte exposition curieuse, créée par le prince Napoléon.

Dans le jardin, on voit différents objets qui servent d’ornements de jardin et autres, par exemple, instruments d’optique de M. Porro, etc. Au fond jardin se trouvent deux maisons, dont celle à gauche est la cantine-modèle; à droite, la maison-modèle qui renferme des spécimens de logements d'ou exposées par M. Clarse de Londres.

©Promenades dans l'exposition de 1855