Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


Retour - Liste Pavillons

Angleterre

manque image

Nous arrivons ici à l’exposition de la Grande-Bretagne, qui occupe avec l’Inde, sa colonie, tout le reste de ce côté sud de la galerie. Ses instruments de précision et son horlogerie remarquables se présentent d’abord. Nous voyons, on face de la grande porte et à main gauche, une vitrine de l’opticien M. King, où il expose un microscope achromatique, des instruments de photographie, et de la tourmaline artificielle, du docteur Herapath. A côté, nous voyons encore des microscopes de M. Pilisher et une petite balance de M. Oertling, qui, pesant 25grammes, accuse un quinzième de milligramme, et une autre à côté pouvant peser 100 grammes et accusant également un quinzième de milligramme. Devant celle dernière on voit des injections microscopiques très-remarquables du docteur Hett, de Londres, placées sous un microscope, et d’un grand attrait pour les amateurs d’anatomie et de physiologie. Ces injections ont valu à leur auteur la médaille à Exposition de Londres. MM. Auber et Klaftenberger horlogers de la Reine, exposent à côté des montres et des chronomètres, ainsi que M. Frodsham; ce dernier a entre autres des chronomètres de poche, et une copie exacte du premier chronomètre, qui a été exécuté par son prédécesseur, M. Arnold, pour le capitaine Cook, lors de son premier voyage autour du monde. MM. Smith et Beck suivent, avec des microscopes qui leur ont valu la grande médaille à Londres. Toujours sur le même rang, nous voyons une grande balance de M. Oertling, pour peser des lingots d’or et d’argent, pouvant peser 4O kilogrammes et accusant 2 centigramme. L’instrument, ressemblant à un moulin à vent, à côté, est un anémomètre, c’est-à-dire un instrument pour indiquer la force, la direction et la vitesse du vent et la quantité de la pluie tombée, inventé et exposé par M. Follet-Osler. En face on voit une pompe pneumatique, de M. Ladd, et à côté d’elle le modèle de l'Observatoire, de M. Lee ; les modèles des instruments astronomiques du comte Rosse suivent; en face, les montres et chronomètres et quelques pièces d'un échappement à détente de MM. Frodsham et Baker. MM. Davis et fils et Bennett ont également des chronomètres et des montres. M. Cole a une charmante petite exposition de pendules et de montres élégantes, entre autres une tour qui contient, outre le cadran et son mouvement avec sonnerie marchant 8 jours, un baromètre, un thermomètre, un calendrier et une boussole. De petites corbeilles dont le fond est formé d'un cadran, des écritoires et autres objets, tous munis de mouvements de montres, seront encore remarqués. Devant la case de M. Cole, on voit la plus petite montre qui ait été faite jusqu’à présent, car elle n'a que cinq lignes de diamètre. L’échappement est à ancre ; elle a dix trous en rubis, et marche 28 heures. Elle est faite par M. Funnell, à Brighton, et vaut 2,500 fr. MM. Nicole et Capt, à côté, ont des chronomètres et des montres d’une grande beauté et perfection, et des montres très-ingénieusement disposées pour pouvoir servir aux aveugles. Une grande vitrine à côté est remplie de toutes sortes d’instruments acoustiques, pour les gens affectés de surdité, exposés par M. Rein, de Londres. En continuant notre tournée autour de l’étalage qui nous occupe, nous trouvons les chronomètres de M. Loseby, les appareils photographiques avec une photographie de la lune, prise à l’Observatoire de Liverpool, de M. Thornthwaites, et l’hélicographe ou appareil pour dessiner des lignes courbes, de M. Penneross. La petite vitrine à côté contient des montres très solides, de M. Adams, à Londres, faites pour le marché d’Amérique. Les beaux chronomètres à côté sont ceux de M. Pool, fournisseur des chronomètres de l’Amirauté et inventeur d'un compensateur pour chronomètres. En face il y a une collection très-curieuse d’appareils magnétiques : d’abord, ceux de M. Henley, parmi lesquels un magnète qui peut supporter 1000 livres; ensuite les télégraphes électriques de M. Allan; le télégraphe sous-marin de M. Varley, et les appareils magnétiques du professeur Tyndall pour démontrer les lois de l’électricité. Sur l’autre table on voit les fils conducteurs pour le télégraphe électrique M. Walker, et différents appareils télégraphiques pour chemins de fer. Le colonel James a exposé dans la loge à droite, adossée au mur, une collection d’instruments employés dans le cadastre de la Grande-Bretagne. Dans l'allée que nous traversons pour arriver sur le devant de la galerie, on voit, à main droite, les appareils, modèles et dessins en usage dans les écoles de sciences et d’arts du Royaume-Uni, exposés par le ministère du commerce.

L’Observatoire de Kew expose dans les vitrines à droite et dans le carré qui se trouve devant le visiteur une grande collection d'instruments d’optique et de physique, parmi lesquels nous citerons les inventions très-ingénieuses de M. Ronalds pour enregistrer à l’aide de la photographie, l’état permanent du baromètre, les changements météorologiques et autres, d’une manière très-précise et constante ; ensuite les instruments météorologiques qui ont été employés pendant une ascension faite en 1852 sous la direction des astronomes de cet observatoire ; un anémomètre portatif de M. Robinson etc. Une vitrine adossée à l'exposition de Kew, du côté est, contient les instruments astronomiques de l’invention du professeur Piazzi Smith, à Édimbourg, parmi lesquels on distingue un appareil électrique pour observer en mer la direction et la vitesse du vent, et autres. Derrière l’exposition de Kew sont placés un pulmomètre ou instrument pour examiner les poumons ; les modèles des télescopes de lord Ross et de M. Lassel ; des sphères terrestres et célestes et des instruments de chirurgie et d’orthopédie.

Retournons aux loges adossées au mur sud, et nous trouvons dans celles à côté du cadastre de très beaux dessins et tableaux à l’aquarelle, parmi lesquels un Soldat blessé en Crimée soutenu par une jeune fille, dessiné par la princesse royale qui est venue avec son auguste mère, il y a quelques jours, visiter l'exposition. Les photographies dans la loge suivante sont très-remarquables. Au milieu de cette loge sont placés quelques objets admirablement sculptés sur bois de M. Tweedy, et au milieu, des bronzes de M. Elkington, Mason et Cie.

Les dentelles et guipures que le visiteur voit dans les vitrines devant ces loges sont exposées par M. Forrest à Dublin ; les tulles et mousselines, dentelles de toutes sortes d'Irlande, des popelines, des étoffes de laine, de coton, de soie, la bonneterie, la chapellerie et la chaussure anglaises occupent toutes les vitrines que nous voyons devant nous. Retournons aux loges du mur, où nous trouvons la papeterie, l’imprimerie et la lithographie anglaises, la dernière loge le long du mur est occupée par des vêtements en caoutchouc et par la brosserie. Tournons maintenant à gauche vers le transept, et nous trouvons à notre droite l’orfèvrerie anglaise. MM. Hunt et Ruskell occupent la première vitrine avec une riche collection de bijoux et de grande pièces d’orfèvrerie. Parmi les bijoux on verra une parure en saphirs et diamants, de la valeur de 250,000 francs ; mais ce qui intéressera le plus le visiteur, c’est le grand bouclier à main gauche, en argent oxydé au repoussé et ciselé , dédié à Shakespeare. Milton et Newton, Shakespeare est assis dans le vaisseau de l’immortalité, qui se dirige vers la rive où l’attendent Minerve et Apollon. Le bord est orné de sujets tirés d'Hamlet. Dans l’autre médaillon, Millon est représenté dictant à ses filles son Paradis Perdu, inspiré par la Religion et la poésie. Le troisième médaillon nous montre Newton penché sur une sphère et contemplant le ciel. Derrière lui le Temps, la Vérité et la Science repoussent l’Ignorance et la Superstition. Ce bouclier est modelé par M. Vechte, un Français, et vaut 75,000 francs. La vitrine suivante est celle de M. Hancock, dans laquelle on voit, parmi les bijoux, le célèbre diamant bleu de M. Hope, le seul qui existe. Ce diamant a été acheté par le roi George III pour 750,000 francs. Une parure de corsage à côté, ornée de quatre pendants de diamants, vaut 500,000 fr. Le plus grand diamant de cette parure est estimé 200,000 fr. Citons encore uns émeraude grande beauté, appartenant au duc de Devonshire. Parmi les groupes en argent, on remarquera celui de Napoléon Ier montant les Alpes, et un beau
vase, à l'extérieur dans le style de la renaissance représentant en relief l'entrevue de François Avec Henri VIII sur le Camp-du-Drap-D’or. M. Garrard expose dans la vitrine suivante une fontaine entourée de chevaux. Cette belle pièce en argent est faite pour la Reine; es chevaux sont copiés sur les chevaux favoris de Sa Majesté. M. Philipps a aussi une très-jolie exposition de bijoux et de pièces d’orfèvrerie, et parmi ces dernières, une gracieuse statuette d’un Horse-guard. Tout près de là, du côté de la nef. on voit cinq beaux candélabres en argent dans une grande vitrine. Ces pièces ont été commandées par la Compagnie des orfèvres de Londres, en commémoration de la grande exposition de Londres et exécutée par MM. Hunt et Ruskell. Les sujets ont rapport à l’histoire de cette compagnie. MM. Bisson, de Jersey, vers le centre, ont des bracelets en or imité ; MM. Wilkinson et Cie et M. Richmond, des candélabres, des services, etc.

Descendons du côté de la nef, où nous voyons dans plusieurs vitrines des objets de toutes sortes, ainsi que des bracelets, épingles, etc., d’un prix très-modeste, faits de bois de chêne antédiluvien que l'on trouve dans les marais d’Irlande.

©Promenades dans l'exposition de 1855