Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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Belgique

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Après l’exposition autrichienne, vient celle de la Belgique. Les vitrines qui longent la balustrade de la galerie, contiennent les richesses de sa fabrication de dentelle. On y remarque surtout les superbes volants d’application de M. Vanderkelen et de MM. Rosset et Normand ; ensuite les produits de M. Duhayon et de M. Geffrier. Au bout de ces vitrines s’ouvre à droite une allée; la vitrine de l’angle contient un drapeau de la société royale des chœurs de Gand, brodé d’or fin sur velours: il est de M. Melotte à Bruxelles. En remontant l’allée adossée aux vitrines des dentelles, on remarque des dentelles noires, des guipures, des broderies sur tulle, les produits des imprimeries belges, entre autres un magnifique ouvrage à gravures représentant tous les établissements industriels de la Belgique. Ensuite viennent les passementeries et les tapis de fourrures, dont un représente les armes nationales et celles des différentes provinces de la Belgique. Les allées situées à gauche contiennent les nombreux et divers produits des industries du colon et du lin, entremêlés d’étalages avec des épreuves photographiques, des cartes à jouer et des chaussures. On y voit aussi des cylindres en cuivre gravés pour l’impression des indiennes.

Le mur de cette partie de l’exposition offre un grand intérêt. A gauche de l’orgue de M. de Lorenzi est une loge contenant les magnifiques produits de la manufacture royale de tapis de Tournay : ce sont des tapis Smyrne, Savonnerie et moquettes. Le fond de la loge est occupé tout entier par un immense tapis de dessin et couleur admirables. Ou y voit en outre des cheminées sculptées en marbre et en fonte. Vis-à-vis et formant angle avec cette loge se trouve un excellent Orchestrium de MM. Merklin, Schutze et Cie à Bruxelles et Paris. Une seconde loge, à gauche de la précédente, contient des tapis de laine et en fourrure, entre autres un à six peaux de léopards ( 1,200 fr. ) et un autre formé de la peau et de la tête d’un énorme ours blanc. Devant les lapis se trouvent de belles cheminées sculptées en marbre noir. Le centre de la loge est occupé par quelques orfèvreries et bijouteries, parmi lesquelles un magnifique missel romain à reliure d’argent, un ostensoir en or et orné de pierreries, enfin une belle parure de diamants de M. Dufour, à Bruxelles.

En face de ces deux loges s’élève un vaste carré en forme de tente; il est occupé tout autour par les pianos de Bruxelles. On y voit en outre un instrument de musique, dit mattauphone, d’après son inventeur M. Maltan : il se compose de verres creux remplis d’eau et qui, quand on touche leurs bords avec le doigt mouillé, produisent les sons.

La loge suivante, après celle des fourrures et bijouteries, contient une magnifique cheminée sculptée en marbre blanc, de M. Leclercq à Bruxelles, et des ornements d’église en cuivre jaune, de M. Dehin à Liège, entre autres un beau pupitre percé à jour, des candélabres, un grand candélabre à cierge, un aigle, etc.

Le grand carré en face de cette loge appartient à la céramique et à la verrerie. On y voit des verres à vitre blanc et de couleurs, des services de cristal taillé ; de belles faïences fines, objets en grès, cérames et terre cuite de MM. Boch frères à Kéramis, entre autres un immense vase à fleurs en grès de couleur; enfin les produits de la manufacture de porcelaine de M. Gapellemans à Bruxelles, entre autres plusieurs jolis groupes en biscuit et les bustes en biscuit, grandeur naturelle, du roi Léopold et de feu la reine Louise de Belgique.

On est arrivé à la porte du grand escalier sud, dont le pavillon présente plusieurs objets dignes d’attention. Dans l’escalier à droite on voit, en bas, une belle cheminée sculptée en marbre blanc, de M. Isola à Carrare; plus haut, une cheminée et un candélabre en terre cuite de M. Boni à Milan et, à côté, une énorme et splendide cheminée très-artistement sculptée, en marbre blanc, de M. Rossi à Milan. Devant les fenêtres, des deux côtés de cette cheminée, sont placés de petits vitraux peints représentant des paysages, de M. Geyling à Vienne, des verres aventurines de Bigaglia à Venise, et des gravures sur verre de Ianke à Blottendorf (Bohême). — Dans l’escalier de gauche, on voit plusieurs produits français, savoir : des cheminées en marbre, des photographies sur verre de couleur et des vitraux, entre autres un de M. Hawke à Dinan, représentant Rabelais dans son cabinet de travail et entouré de sujets tirés du Gargantua. Les croisées supérieures du pavillon de l’escalier sont ornées de vitraux peints; on remarque surtout à droite, ceux de M. Lobin à Tours. Devant les croisées du milieu sont placés les vitraux peints pour l’église de Saint-Gut à Bruxelles, de M. Capronnier de la même ville, et deux autres vitraux peints de M. Pluys à Malines. Au mur, entre les portes d’entrée, s’adossent plusieurs beaux parquets en bois de M. Marcelin à Paris et d’autres de mosaïque on bois debout de MM. Thiéry et Cie, à Paris; parmi ces derniers se trouve un grand carré de 9 mètres de surface et composé de 40,000 pièces de bois (600 fr-)-Le centre du vestibule est occupé par une énorme horloge astronomique, oeuvre peut-être unique dans son genre, elle a pour autour M. Bernardin à Saint-Loup (Haute-Saône) et appartient au cardinal Mathieu, archevêque de Besançon. Cette horloge a 72 cadrans donnant 112 indications annonçant tous les phénomènes astronomiques, depuis les quartiers de la lune jusqu'aux l'éclipses du soleil, et calculés pour 25,876 années. Les statues des apôtres, placées au-dessus du cadran, sonnent les heures; de simples marteaux sonnent les quarts d'heure et les demi-heures. L’auteur a travaillé quatre ans à cette horloge qui coûte prés de 50,000 fr.

En rentrant dans la galerie, on voit, à droite, un orgue à piston de MM. Claude frères à Mirecourt (Vosges). L’allée en face de la porte contient encore des produits belges : ce sont des verres à vitre pour peindre, des faïences, de jolis petits coffres, boîtes, étuis, en bois et à peintures* dits meubles de Spa, enfin des objets de brosserie.

©Promenades dans l'exposition de 1855