Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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Allemagne

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Arrivé au bout de cette allée, on se trouve devant deux loges, voisines de celles du Danemark, et ornées des couleurs de la ville libre de Hambourg. Ces deux loges renferment de superbes meubles, dont quelques-uns d’une nouvelle matière appelée bois marbre. Au pilier entre les loges, est suspendu un portrait de l’Impératrice Eugénie, chef-d’œuvre de broderie en soie.

Quand on remonte ensuite ce compartiment, on voit en face des loges une superbe table de salon en marqueterie, et sur la table, des fruits artistement tournés en gomme copale d’Angoslura et en ivoire. Par derrière se trouve dans un cadre richement doré, un grand baromètre pour édifices publics, haut de 6 pieds, et avec une échelle de 22 pouces de Paris de diamètre; c’est un chef-d’œuvre de l’art du mécanicien, et il est de M. Krüss à Hambourg. En remontant l’allée à gauche, on voit vis-à-vis des vitrines danoises, des tapis de laine imprimés et d’autres tissus de laine, de beaux meubles de vannerie, ensuite des appareils d'orthopédie et des bandages de chirurgie. Plus loin, ce sont des chaussures de Lubeck, au-dessus desquelles est suspendue une immense gravure représentant le panorama de la ville de Lubeck, au milieu du seizième siècle ; des meubles en osier de Hambourg terminent celle rangée d’étalages, auxquels s’adossent, de l’autre côté, des cigares, des savons et des parfumeries. Dans la même allée à gauche, on voit le modèle de l'appareil télégraphique en usage sur la ligne de Hambourg à Brème, des bonbons et des chocolats de Hambourg. Plus au fond de l’allée, on remarque à droite, de belles broderies en laine et en soie, des objets d’orfèvrerie de Hambourg, entre autres, deux échiquiers, un avec des incrustations en nacre, l’autre en argent et en or. Vis-à-vis, à gauche, se trouvent des vases en terre cuite, imitant l’étrusque, le modèle d’un clipper avec tous ses accessoires, une harpe éolienne d’un nouveau système et des grosses caisses.

On est ainsi parvenu à la porte de l’escalier sud-ouest, dont le pavillon mérite aussi une visite. Les croisées de ce pavillon sont ornées de stores peints de Berlin et de vitraux de Munich et d’Aix-la-Chapelle. L’escalier à gauche est orné de bas-reliefs reproduits par la photographie, de M. Kramer à Cologne. Devant les croisées de l’escalier à droite sont suspendues de superbes litophanies de la manufacture royale de Berlin. Sur le palier du même escalier s’élève aussi l'élégant étalage d’eau de Cologne de J. A. Farina. Dans le vestibule on voit des chapeaux de feutre et de paille ainsi que des brosseries de Berlin; de plus, des verres mousseline de Brunswick.

En rentrant dans la galerie, on remarque aux parties supérieures des murs des toiles cirées de Berlin. En face de la porte, du côté gauche, s’élèvent plusieurs carrés occupés par des produits de la Bavière et des deux liesses. Dans le carré le plus rapproché de l’escalier, ce sont des traits dorés et argentés, du bronze et de l’or faux en poudre, de l’or fin et battu en feuilles, des lorgnons de Fürth, des objets en ivoire découpé de M. Frank à Fürth, entre autres un magnifique bocal avec des sujets de chasse. Dans le carré en face et à droite de la porte de l’escalier, on remarque un grand nombre de tableaux imprimés en couleurs à l’huile, de Munich ; ils représentent des copies d’après Raphaël, Cornélius, Hesse. N’oublions pas de mentionner un échantillon de dentelle antique, de magnifiques télescopes, longues-vues et d’autres objets d’optique des célèbres fabriques de Munich et de Nuremberg ; des pinceaux et des brosses de peinture, des instruments de chirurgie, de belles gravures galvanographiques; des peintures sur marbre, entre autres une de la reine Victoria du prix de 500 francs ; un grand nombre de presse-papier de pierre à peintures ; des lunettes en écaille, au-dessus desquelles sont suspendus plusieurs cadres avec des photographies de M. Hanfstaengl à Munich. Elles représentent les portraits de plusieurs hommes célèbres d’Allemagne, entre autres ceux du chimiste Liebig, de l’acteur Émile Devrient, du peintre Kaulbach. Ces feuilles sont considérées comme les meilleures épreuves de portraits en photographie qui se trouvent à l’Exposition.

Quand on remonte la même allée du côté de la balustrade de la galerie, on se trouve, à gauche, devant un nouveau carré occupé encore par des brosses et des
pinceaux et par des traits et des lames d’or et d'argent de Nuremberg, auxquels s’adossent les jouets d'enfant de Cassel et des bourses en coton et en soie d’Offenbach. Dans un autre carré, devant le précédent, on voit des chaussures de Mayence, la belle collection d'objets en fonte bronzée de M. Seebach à Offenbach, qui se recommande surtout par l’extrême modicité des prix.

A côté, dans le même étalage et vis-à-vis dans l’autre carré, se trouve une des expositions les plus intéressantes du palais de l’Industrie : ce sont des objets de galvanoplastie en cuivre bronzé de M. de Kress, à Offenbach. L’objet principal de cette collection est un énorme haut-relief représentant la danse des Willis d'après le tableau de Gendron; plus de trente personnes en haut-relief figurent sur cette plaque qui présente outre le mérite d'une exécution irréprochable des effets de lumière inconnus jusqu’ici dans les reproductions métalliques; ces effets dus à un bronzage que personne ne connaît ni en France ni en Angleterre, donnent à cette œuvre, comme aux autres du même artiste, un cachet éminemment pittoresque. On remarque surtout le jeu de lumière produit par la lune qui se reflète dans l’eau. Le prix de cette plaque est de 4,000 francs. Près de ce tableau se trouve un énorme homard moulé sur nature, qui excite également l’étonnement des connaisseurs; il coûte 500 francs. Vis-à-vis, on admire un grand buste de l’empereur Napoléon III, fait d’une seule pièce et sans raccords visibles (350 francs) ; les statues du poète Lessing, de Christophe Colomb et du sculpteur Schwanthaler; les statuettes de Fust, Guttemberg et Schœffer, inventeurs de l’imprimerie ; un grand bouclier avec des sujets relatifs à la vie d'Hercule (600 francs); plusieurs groupes d’animaux et des hauts-reliefs, entre autres l’Amour à cheval sur une panthère, Herman à la bataille de l’Idistavise, enfin plusieurs paysages des bords du Rhin.

A côté de ces derniers objets, on remarque une boite renfermant tout un système nouveau de poids et de mesures, de M. Henschel à Cassel, des modèles en plâtre et des plans destinés à l’enseignement du dessin topographique, de M. Neutze à Cassel ; enfin des spécimens d’impression en taille-douce de Darmstadt. Les vitrines à gauche contiennent les chapeaux de feutre et de soie d’Offenbach, les cartes à jouer de Darmstadt, les ouvrages de musique de Mayence, les perles souillées de la même ville, des peintures à l’enclaustique sur toile, plâtre, grès et ardoise, de M. Schwartz à Cassel, des objets de petite maroquinerie d’Offenbach et des bijoux en ambre jaune de Worms. Une vitrine, en forme de pyramide, placée à côté, renferme la riche collection d’étuis et de nécessaires de MM. Monch et Cie à Offenbach. En faisant le tour du même carré, on remarque encore les orfèvreries elles bijouteries de Cassel et de Hanau, de la bonneterie de Worms, de jolies étagères de bois pour pots â fleurs, de M. Feile à Darmstadt, des objets de bois sculpté et tourné, de vannerie fine, de Mayence. Vis-à-vis, dans la même allée, sont placés les tissus de lin, de chanvre et d’étoupe de Cassel.

Quand on retourne ensuite vers la porte de l’escalier, on remarque au pilier du mur, dans une vitrine un nouvel appareil pour prendre mesure, par un tailleur de Wurtemberg. A gauche se trouvent des corsets, des drills de coton et des coutils de lin, des dentelles de crin de cheval avec bordures de paille, des velours et velvetines, tous produits du même pays. Dans l’embrasure de la croisée à côté, on remarque de belles broderies au crochet blanches et en couleurs, également de Wurtemberg. Au carré, en face de la porte, on voit la belle exposition de toiles fines de M. Lang à Blanbemen, ainsi que les fils de lin à la mécanique de la filature d’Urach, en Wurtemberg. A droite, dans l’embrasure de fenêtre, se trouvent encore des tissus de coton brodés de Wurtemberg.

En remontant la grande galerie, on se trouve d’abord, à gauche, devant un carré occupé par les produits du royaume de Saxe. On y remarque des nappes et des serviettes de lin damassées et des broderies, entre autres un mouchoir brodé commandé par la reine de Saxe(200 fr.), un jupon richement brodé, des jaconas et mousselines , blancs, brochés ou brodés. L’embrasure de fenêtre, à droite de ce carré, contient de superbes échantillons de linge de table de M. Proels aîné à Dresde, entre autres une grande nappe damassée aux armes de Saxo et une petite serviette a thé avec le portrait de Napoléon III en costume de sacre -, le tissu de cette serviette est composé de 2,000 fils dans la chaîne et de 4900 fils dans la trame. Au-dessus de l’embrasure est suspendue une énorme nappe damassée de MM. Waentig et Cie à Gross-Schoenau près Zittau. L’embrasure suivante contient également du linge damassé de Saxe.

©Promenades dans l'exposition de 1855