Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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Suède, Norwège et Danemark

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Quand, de là, on poursuit l’allée du devant à droite, on arrive de suite au compartiment consacré aux royaumes de Suède et de Norwége. D’abord, on remarque, par devant, une superbe table en porphyre rouge et en mosaïque, sur laquelle est placée une grande coupe de la môme matière : ces deux pièces, comme toutes les autres semblables de l’exposition suédoise, proviennent des ateliers d’Elfdal en Suède et elles appartiennent au roi de Suède.

A droite de cette table, se trouve une table à manger en acajou, d’une construction très-ingénieuse, de manière à pouvoir se plier aux conditions d’espace de la salle où elle doit trouver sa place : elle est de M. Oison à Christiania. On remarque sur cette table plusieurs objets de la Norwége, notamment un surtout de table en argent, une parure de corsage en argent et or pour une fiancée de la campagne et fabriquée par un paysan norwégien, et plusieurs objets admirablement sculptés en bois, par des paysans, avec de simples couteaux qu’ils fabriquent eux-mêmes.

A côté et par devant des compartiments, s’élève une loge remplie également de produits norwégiens, tels que tissus en coton et laine, commencement de ces industries en Norwége, des vêtements en feutre gris sans coulure, d’excellents instruments de chirurgie de Christiania, un sextant à trois lunettes. Derrière celte loge s’en élève une seconde également norvégienne, où l’on remarque de très-belles reliures, de la coutellerie fabriquée par des paysans, deux statuettes représentant un paysan et une paysanne de Hallingdal, revêtus de leurs costumes do noces, un superbe chronomètre! ensuite un fauteuil fait d'un tronc d'arbre et très-artistement sculpté par un simple paysan; un beau secrétaire en bouleau, d’un menuisier de Frederik stadt; une magnifique armoire en chêne sculpté, du dix-septième siècle, et restaurée par un paysan de manière à ce que l’on ne puisse distinguer les réparations des parties anciennes.

Plus au milieu des compartiments sont des vitrines basses contenant des chaussures, brosseries et fleurs artificielles de fabrique suédoise. De plus, on y voit plusieurs objets sculptés en bois, entre autres une cassette surmontée d'un groupe représentant Napoléon au bivouac, ainsi que deux bas-reliefs, le débarquement de Gustave-Adolphe en Allemagne et Napoléon sur le char triomphal.

Du côté droit, et dans l'angle avec les vitrines que l'on vient de quitter, s'élèvent d’autres vitrines contenant des draps, des damas, de superbes fourrures, entre autres un manteau en martre au prix de 800fr., des toiles excellentes de lonkoping qui ont obtenu un prix à l’exposition de Londres; l’autre côté de ces vitrines, c’est-à-dire celui qui regarde l’exposition hollandaise, renferme des cotonnades, lainages, fourrures et bonneteries, tous produits de la Suède.

En retournant dans le compartiment, on voit, vis-à-vis de la vitrine des draps, une vitrine renfermant des albums et autres reliures, elles gants si recherchés à l’étranger sous le nom de gants de Suède. En suivant la même allée, on rencontre à droite une grande vitrine contenant de magnifiques broderies en laine et en soie, en relief et à plat, des soieries de très-bonne qualité, une énorme fleur de Victoria Regia en cire, des bouquets en écaille de poisson, des corbeilles gracieuses en cuir sculpté et verni ; par derrière, du côté de l’exposition hollandaise, ce sont des passementeries très-élégantes en laine et en soie, des papiers peints, de la verrerie et de la faïence très-belles, des savons parfumés, parmi lesquels le buste du roi de Suède en grandeur naturelle.

A l'intérieur du compartiment et vis-à-vis de la vitrine précédente se trouve une longue vitrine remplie de plusieurs beaux morceaux d’orfèvrerie de Stockholm, entre autres un énorme vase à fleurs en argent, un testimonial en argent offert à un architecte suédois, deux bocaux d’une forme originale, l’un représentant un tronc d’arbre, l’autre une gerbe de blé. On y voit encore plusieurs excellents instruments à vent et une foule de petits objets en écorce de bouleau, entre autres un morceau d’étoffe d’écorce brodée en soie, curiosité certainement unique dans son genre.

Au centre du compartiment et autour du carré par lequel le jour tombe dans les galeries d’en bas, il faut remarquer le modèle d’un pont avec écluse; un immense relief représentant une des parties les plus remarquables du fameux canal de Trolhalta; un appareil télégraphique inventé par le professeur Edlund à Lund, à l’aide duquel on peut expédier des deux extrémités sur le même fil et en même temps deux dépêches.

Près de là, on remarque des instruments de chirurgie, des chronomètres de grand prix, dont un de M. Soderberg de Stockholm a fait ses preuves pendant le voyage autour du monde fait par la frégate suédoise Eugénie; n’oublions pas une énorme corne à boire, véritable représentant de la Scandinavie ancienne. Du même côté se trouvent encore plusieurs beaux modèles de constructions hydrauliques, entre autres un appareil hydraulique faisant fonctionner à la fois deux scieries, quatre pompes et une machine à enfoncer les pilotis; de plus, un pont de. nouvelle construction : ces deux morceaux, admirablement exécutés, sont de M. Hansen à Helsingborg. A côté sont placés encore plusieurs beaux vases en porphyre rouge, rose, vert et noir.

Près de là, on voit un beau piano à queue, d'un son excellent, de Gothembourg, au prix modique de 2,000 fr. On y a adossé un portrait du roi Oscar de Suède, brodé en soie.

On est ainsi arrivé au fond du compartiment, dont le mur forme deux loges élégamment décorées et surmontées des armes et des drapeaux réunis de la Suède et de la Norwége. Au fond de la loge de droite, on voit le portrait du roi Oscar, brodé en soie, entouré de deux magnifiques rideaux de soie brodés en vingt-deux couleurs, et flanqué de deux belles colonnes supportant des vases en porphyre. Par devant sont placés un guéridon et un banc en fonte, ornementés et percés à jour eL imitant le bois d’une manière étonnante. Un orgue de salon et un pianino ornent les deux côtés de cette loge. Au fond de la loge de gauche se trouve une broderie en laine représentant l’Empereur Napoléon III à cheval ; on y remarque en outre deux tapis également brodés, de beaux meubles en différents bois, et recouverts de soie et de cuir et ornés de broderies. Par devant se trouve un élégant petit guéridon en porphyre : c’est un cadeau offert par le roi Oscar à l’Impératrice des Français.

Quand on se dirige ensuite à gauche, en longeant le mur, on arrive à l’exposition du Danemark. Le fond de son compartiment forme, comme celui de la Suède, deux loges décorées des couleurs et des armes nationales. La loge voisine de celle de la Suède, contient des pianos droits et carrés de Copenhague. Au pilier entre les deux loges danoises s'adosse le buste en bronze du roi actuel Frédéric VII. Le fond de la seconde loge danoise est occupe par une grande et belle bibliothèque en chêne sculpté, de M. Hansen à Copenhague, et quelques autres meubles.

En tournant et en remontant vers la balustrade de la galerie, on voit d’abord, immédiatement devant les loges, plusieurs superbes pianos il queue de Copenhague. Les vitrines du milieu contiennent des gants, des chaussures, des cartes à jouer, des objets en caoutchouc durci et des bijoux d’acier, tous produits spéciaux du Danemark. Au centre de la salle se trouve une riche collection de chronomètres, boussoles et compas de marine, instruments qui sont fabriqués 3 Copenhague dans la perfection. Plus en avant, on voit une machine a composer pour la typographie, appareil très-ingénieux mais très-compliqué. Par devant et près de la balustrade de la galerie est une sorte de loge : on y voit les produits de la manufacture royale de porcelaines de Copenhague, entre autres un grand nombre de bas-reliefs en biscuit, d’après Thornwaldsen, ainsi que des bustes et des statuettes en biscuit. Du côté de la balustrade se trouvent d’excellents instruments de musique, des renards et des oiseaux empaillés, ainsi que le modèle d’un bateau de pilote du Sund.

Quand on retourne ensuite sur ses pas on a à sa gauche une longue rangée double de vitrines contenant, d’un côté, les tissus de coton et de laine, de l’autre côté les papiers et surtout les fourrures. On y remarque de superbes peaux non préparées de renne, d’ours blanc, de phoque et de renard blanc.

©Promenades dans l'exposition de 1855