Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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Grande-Bretagne

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Tout, le reste de ce côté sud du palais, et le côté est jusqu’à la grande porte du milieu, sont occupés par le Royaume-Uni de la Grande-Bretagne.

Le premier carré du devant, à côté de celui des meubles parisiens que nous venons de quitter, est celui de la maison Elkington, Mason et Cie de Londres. On sait que M. Elkington a inventé le procédé, importé en France, par M. Christofle, d’argenter par l’électricité, Aussi les vitrines de ce carré sont remplies d’orfévrerie argentée par ce procédé. Parmi celles du côté ouest, on trouvera tout près de la porte qui donne sur le transept, un candélabre en style celtique très-richement orné, dont le corps est formé par un corne naturelle montée à jour, appartenant à la reine d’Angleterre ; plus loin, un très-beau groupe représentant la dernière entrevue du duc de Warwick avec sa femme, un autre groupe sur piédestal de marbre montrant l’entrevue de la reine Henriette avec le prince Rupert après la bataille d’Edgehill, sujets tirés de l’histoire de l’Angleterre. Trois candélabres attireront encore l’attention du visiteur; Ils sont exécutés dans le style grec et représentent la fête d’Anacréon, sculptée par M. Jeannest. Les seaux à rafraîchir ornés de bas-reliefs, copiés d’après ceux de la ville Albani, ont été achetés par la princesse Mathilde. Parmi les surtouts de table, on admirera quelques-uns en argent massif, celui représentant Eurichtonius, introduisant l’usage du cheval chez les Athéniens ; un autre la Dîme dans l’abbaye de Boston au bon vieux temps; un troisième de grande dimension, avec deux bouts de table, représentant des scènes des comédies de Shakespeare. Tous ces objets sont dessinés par M. Grant. Le reste est composé de coupes, vases, candélabres, services de dîner, de dessert et autres spécimens d’argenture et de dorure galvano-chimique. Au milieu, on a placé de très-belles statues de bronze, savoir « Dorothée tirée de Don Quichotte,’ « la Fille d’Ève » et « la jeune Naturaliste, » toutes les trois dues au ciseau de M. John Bell. Devant ces statues, une petite table en marbre vert antique, supportée par une Amazone terrassant un Jaguar. Les coins de ce compartiment sont ornés des bustes de la Reine, du prince Albert de Robert Peel et de Wellington.

Le carré suivant nous montre de très-beaux échantillons de la sellerie, et des lampes pour voitures et chemins de fer, des appareils de gaz, des plumes en acier , des objets en papier mâché, ornés d'incrustations, savoir : des tables de toilettes, des encriers, des nécessaires, des boîtes, etc. Plus loin, nous voyons des échantillons de tissus de laine de l’Ecosse, et, en remontant, à droite, des encriers, des cloches, des lampes d’une très-grande solidité et d’un très-bon goût : à gauche, du drap de Trowbridge. A côté de ce carré, en descendant, se trouvent, dans un grand carré, les porcelaines et les poteries courantes, de MM. Copeland, Rose et Danielle, dont nous avons vu les plus beaux échantillons dans les trophées de ces messieurs, qui se trouvent à la tète de ce carré. La ville de Glasgow a exposé dans le même carré ses marchandises célèbres. Les objets en fer blanc de Sheffield, dont nous avons également vu les plus beaux spécimens dans le trophée de cette ville, remplissent le carré suivant, avec l’exposition de l’industrie linière d’Irlande.

Nous proposons maintenant au visiteur de remonter l’allée nord, jusqu’au carré anglais du fond, adossé au mur du côté du sud, et qui se trouve derrière le carré de MM. Elkington, Mason et Cie. Ici, il verra une belle collection de cheminées et de poêles de toutes sortes ; il remarquera surtout les cheminées fumivores de M. le docteur Arnott, c’est-à-dire des cheminées qui brûlent leur fumée ; des garnitures des harnais et des objets de serrurerie. Parmi les poêles, on remarquera dans la première allée transversale, la cheminée à registre de l’invention de MM. Benham et fils de Londres, et l'appareil de cuisine du même fabricant, qui lui a valu la grande médaille à l'exposition de Londres. Les grands avantages de cet appareil consistent dans le peu de combustible employé, dans la possibilité d’élargir ou de diminuer le feu à volonté, et dans la construction toute particulière du four à viande, pain, pâtisserie, etc., qui est chauffée sans l’aide d’une fournaise et qui peut s’enlever afin de nettoyer les tuyaux. Le même feu chauffe également la citerne à eau chaude placée derrière la cheminée. Ces appareils sont faits de dimensions variant de 4 à 7 pieds de large. Citons encore le poêle pyropneumatique, qui se trouve sur le devant du carré dont nous venons de parler. Ce poêle, de l’invention de M. Pierce de Londres, a un foyer ouvert, est fait en terre brûlée, sans mélange de fer, et consume très-peu de charbon, d’après l’inventeur, que nous sommes forcés de croire sur parole.

Parmi les serrures, nous citerons en face de ces poêles dont nous venons de parler, la serrure Albion l'inventée par M. Holland. Cette serrure est de 10 leviers et présente d’après l’indication peu claire de l’inventeur, 15, 168, 189, 140,000 changements. Ce nombre de changements (nous copions toujours sur l’affiche de l’inventeur) est dix fois plus grand que les serrures de quinze leviers ne pourraient donner, et à une minute par changement, jour et nuit, il faudrait 25,036,484 années de travail. Plus loin, nous trouvons des cloches, des baignoires, des machines pour nettoyer et pour boucher des bouteilles, et des modèles de cheminées fumivores du docteur Arnott. Les vitrines qui se trouvent autour du carré contiennent des tissus de toutes sortes d’Halifax, et la verrerie de la célèbre maison Chance et Cie de Birmingham, où on admirera les lentilles de Crown-glass d’une grande dimension et d une pureté remarquable dont deux objectifs, de 0,74 de diamètre. Le long du mur, on trouve un billard, entouré de dessus de tables, de manteaux de cheminées, et d’autres objets qui paraissent en marbre, mais qui ne sont que d’ardoise émaillée par un procédé inventé par M. Magnas, et qui imite le marbre d’une manière très-remarquable.

A côté, et le long du mur, sont des meubles de toutes sortes, des lits, des tables, des canapés, etc. Le carré qui suit est occupé parles porcelaines et faïences de la maison Minton et Cie à Staffordshire. Ici, nous remarquons, dans la vitrine à main droite, un service de dessert très-élégant en porcelaine et en porcelaine-marbre (voir Copeland). Les quatre belles corbeilles, dans les coins, représentent les quatre Saisons, et les deux candélabres formés d’un Highlander en costume portant un trophée de chasse, sont très-beaux. Ces candélabres, ainsi que dix autres, ont été exécutés pour le propre usage de la Reine au château de Balmoral. Mais celle-ci, ayant appris combien ces deux candélabres plaisaient à l’Empereur des Français, s’est empressée de les lui offrir gracieusement. Les autres vitrines sont remplies de services en porcelaine de toutes sortes et de statuettes et groupes, parmi lesquels Caïn et Abel, la Mère et son Enfant, Diane et le Chasseur, les plus remarquables. Les vitrines du côté opposé contiennent entre autres des imitations de vieux Sèvres, le modèle de la toilette offerte par le prince Albert à la reine, et de très-beaux services de thé en rose Dubarry, et autres. Au centre, nous voyons des imitations de majolica et d’autres échantillons de la poterie anglaise très-remarquables, dont nous trouvons également des échantillons sur tous les escaliers du Palais. Citons encore la belle jardinière en majolica, au milieu, remplie de fleurs, avant de passer aux autres porcelaines de ce carré. Ce sont ceux de MM. Wedgood qui suivent parmi lesquelles de jolis groupes et statuettes, représentant Isaac et Rebecca, la Naissance de Moïse, etc. Mais ce qui attire surtout l’attention sur cette collection, ce sont les imitations de vases étrusques, et autres vases antiques, qui sont d’une rare beauté.

MM. Morley, Eismore, Walker et d’autres, ont également des porcelaines et des faïences d’une grande beauté.

Après avoir examiné la collection très-remarquable des ouvrages en acier de Sheffield qui jouissent d'une réputation européenne, le visiteur arrive au coin sud-est du Palais, où sont étalés sur des comptoirs nombreux, les marchandises courantes qui se fabriquent à Manchester, c’est-à-dire les tissus de coton. Au centre de ce côté est, où nous nous trouvons, sont les modèles des constructions civiles de toutes sortes de l’Angleterre, viaducs, ponts, chemins de fer, piscines, etc. Citons entre autres celui des docks et du port de Sunderland, et celui du pont tubulaire qui relie l’Angleterre à l’Écosse, des modèles de vaisseaux, d’une prison mobile, etc. Ici on trouvera aussi les cartouches de MM. Schlesinger, Wello et Cie dont ils ont fourni 35 millions au gouvernement turc, dans un espace de six mois. Des pianos et un grand orgue d’église dans le fond, et les objets en marbre serpentine et ardoise, dans l’allée qui conduit de la porte est au transept, terminent l’exposition anglaise du rez-de-chaussée du Palais. Parmi ces derniers, on voit d’abord les produits de la "London and Penzance serpentine Company", composés de belles cheminées, vases, obélisques, etc. Ensuite viennent des candélabres, dessus de tables et autres objets faits de mosaïque de verre, de marbre et de scagliola, de M. Slevens à Londres. Plus loin, ou voit une colonne gothique de scagliola, de M. Dolan à Manchester. Tout près de la porte d’entrée, enfin, sont placés les ouvrages de M. Magnus à Londres, entre autres une cheminée d’ardoise incrustée, uns autre imitant le marbre de Vérone, encore une imitant le lapis, enfin un bain d’ardoise imitant le granit.

©Promenades dans l'exposition de 1855