Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


Retour - Liste Pavillons

Etats-Unis

manque image

En sortant de l’exposition belge, nous nous trouvons dans celle des États-Unis, arrangée en face de la grande entrée du pavillon nord. En commençant par le pourtour à main droite, nous voyons d’abord des vues du Palais de Cristal de New-York, des ouvrages; de l’histoire naturelle, et un peu plus loin d'autres échantillons de la gravure et de la typographie américaines. Deux pianos et quelques violons prouvent que les Américains ne s’occupent pas seulement des choses utiles, mais qu’ils cultivent en même temps les arts. Suivent les échantillons de minerais exposés par la Société française des mines de cuivre natif (du Lac Supérieur), et à côté, un petit médaillon en fer fondu représentant Franklin, l’inventeur du paratonnerre. Le grand buffet en chêne sculpté orné de peintures sur bois est exposé par M. Ringuet Leprince à New-York et Paris. Une petite vitrine à côté renferme des minerais aurifères d'or cristallisé et de sulfure de mercure (cinabre). Ces ; minerais d'or cristallisé sont remarquables par leur grande dimension et la régularité des cristaux.

Suivent les étalons de poids et mesures de l’Amérique du Nord, qui ont été donnés par le Congrès au gouvernement français, et qui sont d’une justesse telle, que M. Silberman, conservateur aux Arts-et-Métiers, a employé un de ces étalons pour ajuster le kilogramme en platine qui a été exposé en 1851 ii l’Exposition de Londres. Les balances de M. Kline, de New-York, dans une vitrine, sont également d’une exécution supérieure ri d’une grande sensibilité; car elles accusent un demi-milligramme pour 50 livres.

Les cartes suspendues sur le pan de ce côté sont les cartes des vents et des courants dans la mer Atlantique et dans l’Océan Pacifique, dressées par le lieutenant Maury, de l’Observatoire de Washington. Ces cartes sont basées sur des informations de navigateurs particuliers; mais le gouvernement américain les public à ses frais et les distribue aux navigateurs qui s’obligent à fournir au lieutenant Maury tous les renseignements et expériences résultant de leurs voyages. Sur les tables, au-dessous des cartes, on verra, à côté de l’or californien, un modèle d’un éperon mobile et d'une quille à culasse, de l’invention de M. Maskell.

Plus loin nous voyons des échantillons de médailles : et de monnaies des États-Unis, des modèles de vaisseaux, principalement celui des steamers Delaware et North-Carolina, et d’un steamer en miniature construit par M. D. King, ayant une machine à vapeur de 2,000 chevaux et ne jaugeant que 6 pieds, avec cargaison, ce qui lui permet de naviguer dans les rivières. Ce navire contient 94 chambres de première classe, et 400 cabines, outre 500 passagers d’entrepont. Sa capacité est de 1,000 tonnes, et il peut filer 25 milles à l’heure, d’après l’indication de l’exposant. Des échantillons de billets de banque se trouvent au-dessous.

Les deux pavillons du milieu sont occupés par les objets en caoutchouc durci de M. Goodyear. On y voit le caoutchouc remplacer le bois, le fer, le cuivre et d'autres matières dures : des manches à couteau sculptés, des jumelles de théâtres, des coffrets, des instruments de chirurgie, et même des petits tableaux e« relief imitant le métal, et un livre imprimé sur caoutchouc. — Derrière le carré que nous venons de parcourir, se trouve un grand carré rempli d’autres objet en caoutchouc de M. Goodyear, des bottes, des vêtements, des instruments de musique même, et jusqu’à des tentures peintes en caoutchouc, dont une attire ?ut' tout l’attention de nos soldats, qui y trouvent des scènes de la guerre actuelle en Crimée. Le milieu est occupé par une tente, des canots, des tampons, etc., tous en caoutchouc.

Le carré à côté de celui de l’Amérique, du côté sud de la nef, était également destiné aux États-Unis. Mais les envois de l’Amérique ont été si minimes, que l'on a pu donner ce carré à quelques exposants retardataires, qui l’ont rempli de beaux meubles de fabrique parisienne, parmi lesquels on remarquera une jolie petite bibliothèque de M. Ribaillier, achetée par l’Empereur, un joli meuble en marqueterie de M. Schindler, une belle jardinière, et des fauteuils et des canapés, au milieu. Le panneau ouest de ce carré est orné d’une cheminée monumentale en marbre et bronze. de M. Fourdinois, du prix de 45,000 fr. Un bas-relief ovale qui remplace la glace représente un sujet de chasse ; deux figures en grandeur naturelle, caressant des chiens, sont aux côtés. Le haut est orné d’anges. Tous ces ornements sont en bronze. A côté, on remarquera un joli petit meuble en bois d'Algérie, thuya et pistachier des forêts du gouvernement français en Algérie, exposé également par M. Fourdinois et acheté par le duc d’Hamilton.

©Promenades dans l'exposition de 1855