Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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Belgique

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En sortant à droite, on entre dans l’exposition de la Belgique. Que le visiteur suive la première allée à gauche jusqu'au bout, et it se trouvera dans une salle carrée voisine du transept. Les pourtours de cette salle sont occupés en partie par les draps de Verviers, en partie par les armes à feu et les armes blanches de Liége c’est-à-dire par les deux grandes industries de la Belgique. Seulement en armes, ce pays exporte pour 12 millions de fr. par an. Parmi le grand nombre de beaux fusils, on remarque surtout ceux de M. Lepage, un des premiers fabricants de cette spécialité. Il suffit de regarder sa vitrine pour se faire une idée de la variété de produits dont cette industrie est susceptible ; on y voit des fusils à partir de 6 fr. jusqu’à 390 fr., prix des plus chers.

Au milieu de la salle s’élève un carré rempli de draps, et à côté une tente sous laquelle la fonderie royale de canons à Liège a établi ses remarquables produits. Cette tente se compose de deux compartiments adossés l’un à l’autre. Dans le fond de l'un on remarque une magnifique armure de chevalier en zinc ciselé; par devant sont placés un obusier de campagne, des canons de 6, 12 et 24, et un mortier. Le compartiment ouvrant du côté de la vitrine de M. Lepage, abrite, dans le fond, le buste en bronze du roi Léopold, puis un canon de 3 m.24 c., un canon-obusier de 60, un autre pesant 2484 kilogr., un canon court de 24, et des fusils de rempart d’une longueur énorme.

Quand on se dirige de cette tente vers le fond du bâtiment, on voit dans la première allée, à gauche, des fils d’étoupes, à droite, des armes à feu et des fils de laine. Derrière cette allée, c’est-à-dire dans la direction du mur, se trouve une vaste salle remplie tout autour par les bonneteries, les soieries et peluches, les damas, les lainages, les toiles, produits que la Belgique a dans une perfection extraordinaire et dans une grande profusion. Au milieu s’élèvent plusieurs énormes étalages, remplis également de toiles, de tissus, de lin et de laine, de couvertures de lit, etc. Le côté de celle salle qui longe le mur est séparé du reste de la salle par des portes en bois de chêne et de noyer. Par derrière on rencontre de superbes meubles, surtout des fauteuils à mécanisme, de 25 à 200 fr, En sortant de ce compartiment et en remontant à droite on voit un magnifique meuble cabinet, incrusté et sculpté; de en face, un énorme parquet, véritable chef-d’œuvre M. Dekyn à Bruxelles. Plus loin et du côté droit on trouve des tuyaux et des poteries en terre cuite et en terre réfractaire, ainsi qu’une toiture couverte de tuiles plates de terre cuite.

A côté et près de l’entrée de la galerie du Panorama se trouve une pièce remplie de produits métalliques. On y remarque les branches à gaz en zinc et cuivre, destinées à l’église de Saint-Michel à Bruxelles. Le côté droit est occupé par les produits en zinc de la Société de la Vieille-Montagne, qui possède sept établissements en Belgique, outre ses huit en Allemagne et trois en France. On y trouve sous un pavillon monumental en zinc les produits de laminage des usines de Belgique, entre autres une feuille de zinc de 10 mètres de long sur un de large, et pesant 175 kilogrammes ; une autre feuille de 4 m. 4 c. de long sur 1 mètre de large, 1 c. d’épaisseur, et pesant 285 kilog. ; puis différents ornements, des pots à fleurs peints en couleur, etc., etc.

Plus en avant dans la salle se trouvent les cordages, entre autres un échantillon d’un câble de télégraphe sous-marin, enfer galvanisé, commandé par la direction des télégraphes belges ; le câble lui-même aura 5,000 mètres de long en deux bouts; il sort des ateliers de MM. Goens et Vertongen, à Vermonde.

Près de l’entrée du Panorama, on remarque les bustes en zinc de l’empereur des Français et de l’impératrice Eugénie, entourés de vases et do candélabres en zinc bronzé, de l'usine de M. Vandercamer, à Bruxelles. Plus en avant s’adossent à ces objets des armoires et des coffres-forts, dont un très-beau imitant un meuble de Boule, et avec serrure à pompe.

La salle située devant la précédente est encore consacrée aux produits métallurgiques.

©Promenades dans l'exposition de 1855