Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


Retour - Liste Pavillons

Allemagne

manque image

Le lecteur remarquera dans le grand passage qui conduit de l’entrée ouest au transept une très-bèlle exposition de verres et de cristaux, de M. Steigerwald de Bavière. Ces cristaux, quoique de Bavière, sont fabriqués à la frontière de la Bohême et sont en tout identiques avec les célèbres produits de ce pays.

De larges vases, de formes égyptienne et mauresque, attireront l’attention du visiteur, ainsi que les cristaux en verre craquelé et autres, comme nous en avons vu dans les cristaux de Bohême. Une colonne composée de tuyaux de verre de couleurs différentes, pour ornement de jardin, est d’un très-bel effet.

En poursuivant à main droite, on arrive à l'exposition du Wurtemberg. A l'extérieur de la cloison qui sépare cette exposition de l’allée, on a adossé de magnifiques planches parquetées en bois de chêne, de Stuttgart. En entrant dans la première salle wurtembergeoise, on voit à gauche des outils en acier et en fer; vis-à-vis des objets de fer blanc, entre autres, des tables imitant le laque, ainsi que des jouets d’enfants en fer blanc. Au milieu et par devant, s’élève une grande étagère avec de la coutellerie de table, de chasse, et des outils de jardinage ; par derrière, on voit un jet d’eau en fer blanc avec appareil mécanique ; plus loin encore un autel sculpté en chêne, de Wirth Stuttgart, au-dessus duquel on a placé une lampe d'argent, style de la renaissance, de Bruckmann et fils à Heilbronn. Dans la cloison du fond s’encadrent des verres mousseline pour vitraux, représentant différents sujets, entre autres les généraux de la guerre d’Orient, la bar taille de l’Alma, etc.

A gauche de celte salle en est une autre où nous voyons des pianos carrés et à queue, ainsi que. des harmoniums à très-bon marché, car il y en a à partir de 400 fr. — En sortant par le fond de cette salle, on voit, à droite et à côté du bureau de Wurtemberg, les étalages de fabriques de jouets d’enfant, en bois et en fer-blanc ; en face, des meubles de jardin en fer et en fil forgé, tels que bancs, tables, fauteuils, chaises, A gauche de ces meubles, est placé un berceau d’enfant avec ses accessoires, recouvert de velours vert. — En suivant la même allée à gauche, nous voyons dans le fond, à droite, des figures de dragée et des objets sculptés en os, entre autres un magnifique petit guéridon percé à jour, un autre petit compartiment, à gauche, contient des préparations en taxidermie, telles que des oiseaux, des chamois, etc. — Un autre carré plus à gauche, nous montre, à droite, les produits drapiers; à gauche, les tissus de coton et de laine, et, dans un compartiment adossé aux tissus, la bonneterie et les tapis, entre autres un grand tapis tricoté représentant une Famille de Pêcheurs napolitains.

Si de là nous retournons vers l’allée de l'entrée ouest, nous voyons, en longeant le mur du nord au sud, les produits de la Bavière. D’abord, sur notre droite, viennent des glaces mi-blanches et blanches de Fürth, A gauche, s'élève, entre deux caisses remplies de pistolets à tir de Ralisbonne, une petite vitrine, où scintille une splendide garniture de corsage, de diamants et d’émeraudes ; le prix de celte parure, qui provient des ateliers de Mark à Munich, est de 18,000 fr.

Plus loin on rencontre, à droite, des tabatières en papier mâché: adroite, des claviers de résonance pour les instruments à cordes ; dans le compartiment suivant, se trouvent à droite des Vierges, des objets et des préparations en cire ; à gauche, des instruments à vent et encore des préparations de cire fort curieuses. On remarque parmi ces dernières 24 pièces représentant la formation du poulet dans l’œuf; parmi les préparations placées à droite, des tètes d'hommes représentant les races primitives du genre humain, l’oreille humaine, etc.

Toujours en longeant le mur, on voit à droite d’énormes pierres lithographiques, à gauche des meubler en fer forgé et des tissus métalliques -, dans le compartiment suivant, près de l’escalier sud-ouest, à droite des articles de voyage, à gauche, dans l’allée do travers, des crayons à dessiner. En face de l’escalier sud-ouest, il y a un étalage appartenant également à la Bavière. On y voit, à gauche, des Vierges avec ornements en haut-relief, plus loin dos miroirs et des objets chromatiques; puis, en tournant, à cet étalage, on rencontre l'intéressante exposition d’objets sculptés de MM. Lang, à Oberammergau. C’est une des spécialités de la Bavière. Rien de plus délicat que ces Christ, ces crèches, ces chapelles et statues de saints, ces jeux d’échecs, ces vases, ces jouets d’enfants de formes variées et sculptés en bois, ivoire, os, etc. Un grand nombre de ces objets sont faits par de pauvres montagnards. Plus loin, à gauche et dans l’axe de l’étalage que nous venons d’examiner, s’élève l’étalage des expositions d’Oldenbourg et du Hanovre. Des côtés de l’escalier sud-ouest nous voyons des camées gravés, des vases, des coupes, des colliers et autres objets d’agate, d'onyx, de cornaline, de calcédoine, de jaspe oriental, etc., tous produits des duchés d’Oldenbourg. Sur les côtés opposés du même étalage se trouvent des toiles et des fusils de Hanovre.

Retournons de là vers l’exposition des objets sculptés en bois de la Bavière, et examinons les trois allées qui s’ouvrent à notre droite : elles appartiennent à la Saxe royale. Dans la première allée s’étalent la bonneterie, les tapis, les jouets d’enfants et des produits typographiques; la seconde allée abrite les draps, les tissus de laine et de lin, la ganterie, ainsi que des épreuves do xylographie ; la troisième allée renferme des draps, des broderies en laine et des tissus.

Ces trois allées aboutissent à une allée transversale où nous voyons encore des tissus de Saxe ainsi que des livres imprimés. Suivons celte dernière allée à gauche, puis, tournons à droite, et nous arrivons dans la nef. Nous passons devant la loge saxonne, dont nous avons parlé plus haut, et nous entrons dans la première allée à droite. Là, nous voyons à gauche des porcelaines et des objets en terre cuite de Prusse ; à droite s’élèvent trois loges avec des tissus de Bade : la première contient des velours de colon, la seconde des étoffes de laine, la troisième des mouchoirs en coton imprimé.

Vis-à-vis, par l’entrée qui s’ouvre en face de ces loges, nous entrons dans une des grandes cours de l’exposition prussienne. Celte salle, qui renferme l’armurerie et l’orfèvrerie, est décorée conformément à cette destination. Le haut des piliers est orné de boucliers en acier avec l'aigle prussien entouré de drapeaux aux couleurs de la Prusse. Les armes exposées sont placées soit dans, des vitrines soit rangées en trophées sur les murs.

En faisant le tout; de la salle de droite à gauche, on remarque d'abord, à droite, une partie de l’exposition d’armes blanches de M. Lüneschloss à Solingen: ce sont des sabres, des épées, des poignards, des, couteaux de chasse, des lames ; en outre, des rasoirs et des canifs. Plusieurs de ces pièces sont ornées de poignées richement travaillées, en acier, or et ivoire.

Ensuite viennent MM. Schmolz et Cie, à Solingen, avec des casques, des épées et des sabres ainsi qu’une paire de ciseaux énormes en acier, ornés d’un, aigle ciselé. A gauche de cette exposition est celle de M. Hartkopf à Solingen, riche surtout en casques de cuir et d'acier et en cuirasses d’acier blanc et noir, et de tombac ; on y voit aussi l'armure complète en acier d’un chevalier du moyen-âge. Au pied des cuirasses se trouvent plusieurs boîtes b pistolets et b fusils.

En longeant le mur à droite on verra près de h sortie du milieu un ange en, bronze, de M., Fischer b Berlin; puis, sur une console, des petits groupes d'animaux de bronze et de fonte.; ensuite une. grande, cheminée avec cadre de glace et pendule de fonte de fer, de la fonderie du comte d’Einsiedel, à Lanohkammer dans la Saxe prussienne ; à côté, une autre Console avec des statuettes et des groupes de bronze et un grand groupe en bronze, représentant une femme puisant de l’eau.

On se trouve ainsi devant le mur opposé à l’entrée par laquelle on a pénétré dans la salle. Devant ce mur s’élève une loge élégamment ornementée, supportée par trois piliers et décorée de rideaux en velours cramoisi à franges d’or. Plusieurs objets placés devant les trois piliers attirent l'attention du visiteur. Devant le pilier à droite s’élève, sur une table de marbre rouge, un magnifique surtout de table en bronze repoussé, dé MM. Sy et Wagner, de Berlin ; au-dessus et sur une console est placé le buste en biscuit de la reine de Prusse. Devant le pilier du milieu, on voit des camées, des échantillons de marbre taillé, eL au-dessus, sur un chapiteau corinthien en porcelaine de Berlin, le buste en bronze d« l’empereur Napoléon III. Enfin, devant le pilier à gauche s’élève un groupe en bronzé, représentant un enfant avec une corbeille de fruits et debout sur le globe du monde ; au-dessus, lé buste en biscuit du roi actuel de Prusse est adossé au pilier.

Quand on pénètre dans l’intérieur de la loge, on voit à droite une grande vitrine contenant l’exposition de MM. Sy et Wagner ; on y remarque surtout une réduction en argent de l’Amazone de M. Kiss, un grand album en reliure d’argent, orné des armes des différentes provinces de la Prusse, et deux grands candélabres en argent. A côté dé cette vitrine, on voit des vases d’église et un gobelet d’argent doré et embouti-, et, au-dessus, suspendu au mur, un bouclier en argent oxydé.

La grande vitrine à côté appartient à MM. Vollgold et fils de Berlin. Elle renferme un grand nombre de pièces de galvanoplastie d’argent, entre autres deux grands candélabres et des gobelets en forme de tôles d’animaux, etc. A gauche, on remarque une énorme table monumentale en argent, pesant, 300 marcs. C'est un cadeau offert par la ville de Berlin au prince et à la princesse de Prusse à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de leur mariage ; le bas-relief montre les figures du prince et de la princesse, ainsi que des figures allégoriques en rapport avec l’événement indiqué. : Cette table a coûté 40.OOO fr., et c’est la plus grande pièce d’orfèvrerie d’argent qui ait été produite par l’électricité.

A côté de cette table, on admire l’exposition de M. Friedeberg à Berlin, notamment une broche en diamants et émeraudes, un porte-bouquet, un éventail garni de pierreries et un plateau en argent sur lequel se trouve gravée une vue du Palais de l'Industrie.

En sortant de la loge, on voit à droite, au-dessus d’une vitrine renfermant de l’orfèvrerie d’église et de table, un superbe bouclier d’argent repoussé. Plus loin, on remarque dans des vitrines à plat, des bijoux et d’autres objets en ambre jaune, minéral qui ne se trouve nulle part en aussi grande quantité que sur le littoral prussien de la Baltique.

Une autre vitrine renferme des bijoux et d'autres objets en fonte, entre autres un éventail percé à jour comme la dentelle, d’une grâce et d’une légèreté extraordinaires, au prix de 75 fr. Sur le mur se trouvent différents ornements en fonte ainsi qu’un bas-relief de fonte, représentant les monuments d'architecture delà Prusse Rhénane et de la Westphalie. Ensuite vient une grande vitrine avec de l'orfèvrerie en or et en argent.

Plus loin et sur le même côté, on trouve l’exposition d’armes blanches de M. Holler à Solingen. On y voit entre autres une épée à lame damasquinée avec le portrait de Napoléon Ier et des scènes de batailles; cette épée a été achetés par l’empereur des Français au prix de 1,500 fr. A côté et à la gauche du visiteur se trouve l’exposition d’armes blanches de M. Lüneschloss de Solingen, dont nous avons déjà vu une partie en entrant dans cette salle. Dans la vitrine qui nous occupe en ce moment on voit, entre autres, un sabre en acier, première qualité, forgé et pris sur une pièce d’acier posée à côté : au milieu de la lame se trouve le portrait ciselé de l’empereur Napoléon III.

Le visiteur est ainsi revenu à l’endroit d’où il a commencé son tour de la salle, et il pourra maintenant examiner les objets placés au milieu. D'abord, immédiatement devant lui, il verra un canon de M. Krupp à Essen, d’une nouvelle invention brevetée en Angleterre, en Autriche, en France et en Prusse : c’est un canon en acier fondu, du poids de 503 kilog., construction française, de 12 livres. L’inventeur garantit l’indestructibilité des canons de ce métal, sans égard à la grandeur ou au genre des charges, et en outre ces pièces permettent une diminution notable de leur poids usité.

A côté de ce canon s’élève une haute vitrine renfermant des armes à feu. Tout autour sont placés huit casiers contenant des objets de parure très-variés et à ; très-bon marché, en ivoire et en écaille, ainsi que des tuyaux de cigares et des pipes en ambre jaune et en écume de mer. D’autres casiers renferment des broderies et des objets militaires en usage dans l’armée prussienne, des capsules pour armes à feu, de la poudre de chasse et de mine.

Le centre de la salle est occupé par un grand monument funèbre, style gothique, en fonte de fer, du prix de 3,500 fr.; il sonde l’usine du comte de Stolberg-Wernigerode à Ilsenburg dans la province de Saxe. Par devant, s’élève un groupe de fonte, représentant le Christ sur la croix et aux pieds duquel la Vierge est agenouillée ; par derrière, on voit un autre groupe en bronze.

Le dernier carré, au milieu de la salle, contient une collection magnifique d’objets en métal verni è dessins et à peintures. On admire surtout un écran de 1,800 fr., un paravent do 4,200 fr., plusieurs tableaux encadrés, des lampes, etc. : tous ces produits sortent des ateliers de M. Stobwasser à Berlin. Sur la même table on remarque encore un grand nombre d’objets en ambre jaune ainsi que des tables et un échiquier en marbre, de même que d’autres objets en marbre eL albâtre;
Eu avant de ce carré s'élève une colonne en fonte avec ornements d’argent et surmontée d’un aigle : elle est envoyée par la fonderie royale de Berlin, un des établissements les plus célèbres en ce genre.

Quand on quitte cette salle pour se dirige vers les galeries du fond, on arrive par la sortie du milieu dans une allée longitudinale où l’on voit à gauche des boutons, des ornements et divers objets en cuivre et laiton des fabriques prussiennes. En suivant cette allée à droite, on remarque le mur à gauche tout couvert de la magnifique coutellerie de M. Holler à Solingen. à droite, de limes et autres outils en acier, ainsi qu'une barre d’acier raffiné pesant 100 kilog. : elle sort des ateliers de M. Lindenberg à Solingen. Plus loin on voit dans la même allée, à droite, des tissus métalliques de Bade, entre autres une toile de 9 mètres 8 centim. de long sur 2 mètres 133 millim. de large ; à gauche s’étale toute une collection curieuse d’horloges et de pendules delà Forêt-Noire en acajou, chêne et sapin, artistement sculptés et ornés de peintures; à côté, à droite, se trouvent des orgues de Barbarie, et au-dessus un tableau-relief en sucre, représentant une fêle de Village hollandais, d’après D. Teniers.

Si le visiteur se rend ensuite dans l’allée longitudinale parallèle à celle qu'il vient de quitter, il verra, à gauche en face, des baguettes dorées polir cadres et tentures, de Berlin; à droite, dans une loge, l’exposition du grand-duché de Luxembourg. Cette exposition se compose surtout de draps, gants, peaux de chevreau, cigares, papiers de bureau et papiers peints, et de très-beaux dallages en mosaïque de terre cuite. A gauche et en face de celte loge s’élève un meuble de proportions énormes ; c’est une bibliothèque en fonte moulée; elle est de MM. Metz et Cie, à Eich en Luxembourg. Au plafond, au-dessus de cette bibliothèque, est suspendu un lustre de Berlin, composé de quatre têtes de cerf en bois sculpté, surmontées de cornes naturelles!

Entrons maintenant dans la salle à gauche et faisons-en le tour, en commençant à droite. On y voit d’abord des tables et d’autres objets de papier mâché, laqués, décorés et incrustés d’or, d’écaille et de nacre ; plus loin, ce sont des pianinos, dont un à transporteur, au prix de 1,800 fr. Sur le mur, au-dessus de ces objets, sont suspendus dans des cadres des feuilles et des fleurs artificielles et de superbes brodequins de laine; soie et perles, de Berlin. Au mur d’en face sont adossés des meubles en chêne,- acajou, noyer et osier. Aux- deux autres murs sont suspendus des tableaux en relief faits de liège, des cadres, et d’autres ornements en bois et en papier mâché, dorés. Près de l’entrée par laquelle nous sommes venus, on voit de magnifiques haut-reliefs sculptés en bois, représentant lé Christ bénissant le pain et le vin,- le Christ dans le tombeau, et David contemplant la tête de Goliath.

Le milieu dé la salle est occupé par des pianos à queue, sur lesquels on a posé d’autres instruments de musique ; puis un grand choix de meubles en osier de tout genre. Mais deux pièces doivent, avant tout, attirer l'attention du visiteur; une grande table de marbre de Silésie, de M- Barheine à Berlin ; c’est la plus grande table qui ait été taillée jusqu’ici de cette espèce de marbre : elle coule 2,200 fr. L’autre pièce, c’est une table ovale de salon, de bois doré, où se trouve encadrée une magnifique broderie en soie ci perles, avec les portraits brodés en perles de Napoléon, Goethe, Pierre-le-Grand, Voltaire, Washington, Shakespeare, Frédéric-le-Grand et Schiller; exposée par M. Sommerfeid de Berlin.

Quand on sort de cette salle du côté opposé à celui par lequel on y est entré, on arrive dans la dernière allée qui longe le mur méridional du palais. En remontant cette allée de l’ouest à l’est, on remarque à droite les nombreux étalages des fabricants de draps, de lainages et de tissus de coton de la Prusse. Ces industries constituent une des grandes richesses économiques de ce pays; les draps prussiens se recommandent par une grande solidité jointe à un excessif bon marché.

Le côté gauche de cette allée se compose de plusieurs petits compartiments que l’on visitera, en remontant, l’un après l’autre. Le premier compartiment contient des poupées, des chaussures, des gants, ainsi que des étuis, portefeuilles, nécessaires et autres objets en cuir. On y voit aussi plusieurs vitrines garnies de cannes à pomme sculptée en corne et en ivoire, entre autres celles de M. Steffelbauer à Gorlitz, qui se distinguent par leurs jolies formes et une modicité de prix étonnante.

Le mur à gauche du précédent est occupé d’abord par une grande vitrine remplie de porte-monnaies, étuis et d’autres objets en cuir de Francfort-sur-le-Mein : c’est une des spécialités de l’industrie de cette ville. A côté est placée une vitrine basse, mais d’une grande étendue: en l’examinant, on remarque qu’elle contient toute une population de soldats et de chevaux ; ce sont des jouets d’enfants en étain. On y voit tout un tableau représentant la bataille de Kalafat, un autre représentant celle d’Oltenitza, ensuite vient une batterie de cuisine, des services de table, des meubles de salon, enfin tout ce qui charme la vie d’un intérieur mis à la portée des enfants et de leurs poupées. Tous ces objets, fabriqués avec un soin remarquable, sont de M. Söhlke, à Berlin.

A côté de cette vitrine, on trouve une grande collection de jouets d’enfants en bois et papier mâché, entre autres tout un arsenal de sabres, cuirasses, casques, lances, épées pour des héros de quatre à six ans.

Le milieu de la salle est occupé par deux vitrines, l’une renfermant des objets de maroquinerie de Berlin, i l’autre des objets tournés en ivoire et en bois, de la même ville.

Après avoir quitté cette salle, on longe la cloison à gauche, occupée par des boutons en métal et en corne, et par les objets de brosserie de Berlin. Dans la petite allée qui s’ouvre ensuite à gauche, on remarque, à côté, de beaux peignes en ivoire et en écaille ; la serrurerie prussienne représentée par des serrures de Berlin, d’un travail et d’un mécanisme des plus parfaits, mais surtout par des coffres-forts en acier et en fer forgé, sous toutes les formes, telles qu’armoires, buffets, bureaux, secrétaires, etc. On remarquera notamment une armoire en acier et fer, véritable chef-d’œuvre de i serrurerie, avec un nombre infini de tiroirs et de casiers dont les portes sont artistement gravées : cette pièce est de M. Sommermeyer à Magdebourg.

En retournant dans l’allée et continuant à la remonter, on rencontre à gauche un compartiment suivi plus loin par un autre, et contenant tous les doux les produits si variés des fabriques prussiennes, objets en acier, fer, laiton et cuivre, surtout de la coutellerie, des outils, des fils de métal, etc.

Plus loin s’ouvre dans la même allée, et â gauche, encore un compartiment contenant également des objets en métal tournés, des outils, delà coutellerie, etc. Au milieu de cette petite salle s'élève l’intéressante exposition de l’usine de Tangerhütte près de Magdebourg : ce sont des objets en fonte et en fer émaillé. On remarquera surtout plusieurs poêles en fonte percés à jour, dont un surmonté de la statue de Napoléon Ier; en outre, des ustensiles de cuisine en fer émaillé, très-recherchés en Allemagne à cause des avantages de propreté qu’ils présentent pour la préparation des aliments, et à cause de leur bon marché.

Quand on se dirige de cette pièce du côté du transept, On arrive dans une grande salle appartenant encore à la Prusse. Elle est également remplie de ces produits en métal dont l’exposition prussienne est si riche. A gauche, ce sont des aiguilles à coudre, de la coutellerie, des garnitures de fer, d’acier, de laiton et plaqué d’argent pour harnais et voitures ; en face et à droite, ce sont des objets de coutellerie, de plaqué et de métal anglais.

Cependant ce qui intéressera lé visiteur, avant tout, c’est le milieu de cette salle* A gauche, Un vaste carré est occupé par les nombreux produits en fonte, fer, bronze et argent allemand, de M. Zimmermann à Francfort. Ce sont des groupés, des statuettes, des encriers, flambeaux, etc. Si ces objets, sous le rapport artistique, ne supportent pas toujours la comparaison avec les produits français, ils se signalent par leur excessif bon marché. C’est un des rares établissements de l’Allemagne qui travaillent, non pas d’après des modèles étrangers, mais d’après leurs propres dessins; il occupe plus de cinq cents ouvriers et fait un immense commerce d’exportation. Au centre de la salle, s’élève la magnifique exposition de la Société des milles et fonderies de zinc de Silésie, à Breslau. Sous un grandiose portique ou pavillon en zinc, richement ornementé, on voit plusieurs statues, entre autres l’Apollon du Belvédère et la Vénus de Milo entourés d’une foule d’autres objets du même métal. Par devant, on a placé une belle jardinière de fer blanc et de zinc, de M. Pois jeune, à Elbufeld. Par derrière se trouvent des objets en cuivre laminé et doré, de MM. Wolff et Erbsloh, à Barmen ; on y admire surtout un bel échiquier, avec ses figures artistement ciselées.

Le côté droit de la salle est occupé par une collection d’ouvrages en zinc bronzé et doré, de M. Meves, à Berlin. La grande fontaine en forme de vasque, et plusieurs groupes imitant les plus beaux bronzes et représentant Armide et Renaud du Tasse, un Tueur de lions, etc,, ainsi qu’un échiquier superbe, en argent, avec des figures ciselées, du prix de 4000 francs, seront encore remarqués.

©Promenades dans l'exposition de 1855