Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


Retour - Liste Pavillons

9ème carré

manque image

Tournons à droite, où nous trouvons d’abord les chenets et les accessoires pour cheminées (pelles, pincettes, etc.), entre autres une très-belle garniture de foyer à main gauche, deux Guerriers assis, avec attributs de guerre, 550 fr. — M. Popon a des pendules et des lampes de porcelaine et bronze doré; M. Bavozet, des pendules, dont une à droite surmontée d’un beau groupe de deux Cavaliers combattant; et, à gauche, un modèle en bronze doré de la cathédrale de Reims, servant de pendule. — Sur l’étalage de M. Laureau, nous voyons deux lampes dont le piédestal, entouré de trois figures représentant la Science, l’Industrie et l’Agriculture, est du prix de 150 fr. chaque. Parmi les petits objets, la statue équestre de Frédéric-le-Grand, de 50 fr., et quatre statuettes dont deux à gauche (argent oxydé), l’Europe et l’Asie, et, à droite, l’Afrique et l’Amérique, dorées. Ces quatre statues ont valu à l’exposant la médaille de prix à Londres. Son voisin, M. Lefèvre, a encore des imitations de bronze parmi lesquelles deux charmants petits groupes, la Chasse et la Pêche, 25 fr. les deux. — M. Moris fils, do qui sont les Chevaux de Marly que nous avons vus au transept, expose de grands bronzes, ainsi que l’Atalante de Pradier, 800 fr., la Bacchante de Glodion, 800 fr., et le Signal du Sabbat, de Faillot. — Ces petits objets charmants sont de la composition et de l'exécution de l’exposant, ainsi que l’Amazone, à gauche. — M. Kreisser a des porcelaines avec montures de bronze doré, entre autres un très-beau bureau et une table avec peintures sur porcelaine.

MM. Eik et Durand, dont nous avons vu à la nef plusieurs grandes pièces, ont ici le tombeau de la mère du roi actuel d’Espagne. — Parmi les objets qui entourent ce tombeau, on remarquera, à main droite; le Chasseur indien sur le haut, le Sanglier, le buste du Pape en bas, et, à gauche, celui du prince Napoléon, l'Enfant à la tortue, etc. — MM. Villemsens et Lethimonier occupent le coin avec des objets d’église. — Suivent MM. Leclercq : deux statuettes, l’Agriculture et le Commerce, 225 fr. chaque; — Zier, colonne de. la place Vendôme, reproduite par la galvanoplastie, 1,000 fr.; — Poney, avec des objets de plâtre, couverts de bronze par l’électricité.

MM. Lionnel frères et Feuquières ont également des objets produits par la galvanoplastie. Au milieu de l'étalage du premier, on voit un grand plat représentant une scène de l’Enfer du Dante, par M. Garnier. — M. Gautier a des galvanoplasties sans soudure qu’il obtient par un procédé à lui.

M. Oudry expose des échantillons de tôles, couvertes par l’électricité d’une couche de cuivre pur, et un petit modèle en montre l'application à la doublure dos vaisseaux. — M. Thiébaut nous présente des bronzes sortis du moule, et pas encore polis ni ciselés.

Au premier carré intérieur, en face, M. Lefèvre expose de très-jolis petits tableaux en relief produits par la galvanoplastie. — M. Pompon, à côté, a des lampes et des lustres très-beaux, et M. Bernard de petits objets en bronze, parmi lesquels un canon monté qui sert d’encrier, un Matelot avec le drapeau anglais sur un canot, et un Highlander en bronze doré, etc. — M. Morisot occupe le second côté du carré, avec des galeries de cheminée de beaucoup de goût et de variété. Le garde-feu en haut, en forme de queue de paon, s’ouvre et se ferme par un ressort. — M. Georgi expose des lampes au deuxième côté et un réflecteur diaphane, ne produisant pas d’ombre. — A. Rouy a quelques bronzes moulés par un nouveau procédé à lui. — M- Lacarrière, au quatrième côté, a encore des lampes de formes très-variées et très-gracieuses, ainsi que les deux lustres portés par des figures représentant le Soleil et la Lune. En face et au deuxième carré du milieu, les lampes de M. Hubert. — M. Focx a des objets d'église et M. Bogaert des pendules en zinc très-bien dorées, parmi lesquelles une représentant l’Amour désarmé, pour 500 fr., deux statuettes (la Chasse), 14 fr. pièce, qui imitent parfaitement le bronze. — Miroy frères ont de très-jolis groupes et statues en zinc bronzé, ainsi que les bustes de la Reine et du prince Albert, Cérès et Pomone, etc. — M. Duchâteau a deux grandes statuettes, la Nuit et le Jour, 750 fr. la paire, Phidias, 100 fr., Michel-Ange, 55 fr., etc., en zinc galvanisé e.l doré. — M. Boy, une très-belle Espagnole en grandeur naturelle, assise; le buste du général Petit, deux enfants charmants, etc., également en zinc bronzé. — M. Patural clôt les bronzes avec quelques objets d’une composition brevetée.

Derrière les carrés que nous venons de parcourir, se trouvent les galeries qui renferment les autres produits français exposés au rez-de-chaussée et placés sous la voûte. Pour y arriver, nous prions le visiteur de sortir dans la nef, de passer devant le trophée de Mulhouse, et de tourner à droite. — La première de ces galeries qu’il trouvera à sa droite contient à main gauche les chaussures françaises, bottes, souliers, bottines, etc,, d’homme et de femme, en cuir, en étoffe, en soie, en satin, en velours, etc., simples, unis, ornés, brodés, etc. C’est une série de vitrines assez curieuses à parcourir de l’œil.

Les vitrines de droite sont plus ornées. Elles commencent par les boutons, cet article presque exclusivement spécial à la fabrique de Paris, boutons d’ivoire, d'os, de métal, d’étoffe, d’un nombre de trous plus ou moins grand, boutons frappés et estampés, spécialité tellement remarquable qu’une de ses fabriques du faubourg Saint-Antoine a été chargée, il y a quelques années, de frapper de la monnaie pour un gouvernement de l'Amérique du Sud. — Après les boutons, toujours à droite, viennent les éventails, encore une industrie où Paris est sans rival. On s’arrêtera avec intérêt devant ceux de Meyer et de Duvelleroy, noms européens. On remarquera, avant, des éventails en caoutchouc, puis des éventails en dentelle, exposés par Voisin, du goût le plus agréable, et enfin, devant, de charmants écrans de Vieniet.

Les galeries situées derrière celle-ci sont occupées par les draps et tissus de laine, et, tout-à-fait contre la muraille du Palais, par les peignages de laine.

En revenant dans la première, on continue à suivre, à main gauche, les chaussures ; à droite, on entre dans l’orfèvrerie, après les éventails et les écrans. — L’exposition des orfèvres principaux se trouvant tant dans le transept que dans les carrés qui correspondent aux trophées, nous n’aurons qu'il parcourir rapidement ceux-ci. Le visiteur s’arrêtera un instant devant l’exposition de Halcot, pour passer rapidement à celle de Lord qui expose des moules de cuillers et de fourchettes, puis des produits obtenus, enfin la série de fabrication des ustensiles de table en orfèvrerie.

On entre alors dans l’orfèvrerie plaquée et en alliages divers ; on trouve d'abord, toujours à main droite, l’exposition de l'alphénide, composition blanche, inventée par MM. Halphen, imitant bien l’argent; puis de l’argent anglais exposé par Sonnois (composition de nickel), puis un ravissant service de dessert, fabriqué pour M. Magne, ministre des finances, et qui est un spécimen de l'application du cactus algérien à l’orfèvrerie. Les fibres du cactus montées en argent offrent l’aspect le plus léger et le plus délicat.

De l’autre côté, à gauche, les chaussures font place à l’exposition de Granger, armures, casques, cuirasses damasquinés, couronnes, trophée d’armes romaines, le tout orné de pierres fausses et destiné au costume ou au théâtre. — Viennent ensuite les jouets d’enfant, les masques, etc., parmi lesquels oh distinguera Aubert, fabricant de jouets d'escamotage, et Lorbaud pour les jouets de fer blanc. Après les jouets, viennent les cannes, les ombrelles, les parapluies, les fouets, etc., puis les corbeilles de mariage, et labrosserie en général.

Revenus â nouveau dans la première galerie, nous trouvons à droite d'abord des chapeaux, puis de petits meubles, coffrets, etc., de fabrication parisienne, et enfin nous entrons dans la tabletterie qui occupe les deux côtés de la galerie. — Elle débute, à gauche, par la tabletterie d'ivoire de la ville de Dieppe, qui a pour ces objets une habileté traditionnelle. D’abord, nous citerons un beau Christ en ivoire sculpté, de Despoilly, puis un monument de 40,000 pièces d’ivoire et de bois; deux belles lampes d’ivoire sculpté, puis des feuilles d’ivoire coupé de grande dimension, une chapelle, etc.; etc.

En face, se trouve la tabletterie de corne de buffle, d’écaille,- etc., pipes, cuillers, chaînettes, tabatières, pommes de cannes et de parapluies, carnets de visite, etc., etc.

Derrière, on a placé la verrerie commune, le verre à vitre, les carreaux de toute sorte, les verres à cornue et à expériences, les grands étirages en spirale, les mouilles, les tubes de verre, les verres dépolis, etc.

Appliquée à la muraille, la corderie de marine et de travail occupe tout l'espace reculé de ces galeries, et s étend jusqu’à la porte d'entrée réservée aux exposants.

Dans la première galerie, après l’exposition de la tabletterie, commence l’exposition fort intéressante de la photographie française.

Les expositions les plus remarquables sont dans le premier carré, sur le panneau à gauche, qui fait face au visiteur qui vient de l’ouest. Une magnifique vue des Arènes de Nîmes et une autre du Mont-d’Or, par Bisson frères; les photographies de monuments et de paysage sont exécutées sur grande échelle et réussies avec une perfection admirable. — Sur le panneau en face, se trouvent les photographies de M. Bayard représentant la Vénus de Milo, sous plusieurs faces.

M. Bayard, qui est un des pères de la photographie, à déjà eu la médaille à Londres.

Dans le carré suivant, se trouvent les plus belles ; photographies de l’exposition française ; c’est une vue panoramique de la chaîne du Mont Blanc, formée de la réunion de quatorze planches en un seul tableau. L’étendue, la limpidité, la parfaite concordance de ces épreuves est de l’effet le plus surprenant. — On remarquera ensuite de belles épreuves photographiques de Gérothwohl et Tanner de Paris,- représentant des bustes de grandeur naturelle; —Dans le couloir qui sépare le second et le troisième carré de la photographie, on verra les épreuves de Tournachon et Cie.

A la photographie succède l'imprimerie. On remarquera dans le panneau à droite les impressions en couleurs, entre autres celles de Chevreul, représentant 720 nuances, tirées de 4 couleurs mères. On remarquera un éventail bien réussi, fabriqué par ce précédé, et des vignettes; entre autres le portrait de Raphaël enfant. De là; on ira voir dans le panneau un bel Évangile, orné de vignettes; puis dans le carré suivant, à droite, les gravures de Goupil et Cie, du centre desquelles figure le bel hémicycle du Palais des Beaux-Arts, peint par Delaroche; à droite de cet hémicycle, au bas du panneau transversal, est une épreuve de la gravure de la Smala d’Horace Vernet ;- après, dans le même carré, de.-, spécimens d’impressions au lavis.

Le couloir qui sépare ce carré du suivant renferme ; sur |e panneau qui fait face au visiteur des fleurs découpées aux ciseaux avec un merveilleux talent par Mme la comtesse de Dampierre.

Les carrés suivants contiennent d’abord des spécimens de chromolithographie, en tête ceux de Graft, puis des caries et graphiques, puis enfin les expositions successives de la reliure et de la papeterie, au milieu desquelles se trouve une petite machine à fabriquer les enveloppes ; puis enfin des spécimens d’imprimerie de musique, qui terminent l’exposition de cette galerie.

Pour terminer l’exposition française du rez-de-chaussée, nous proposons au visiteur d’avancer jusqu’à la grande entrée du côté est, qui sépare la partie anglaise de celle de France. Dans cette grande allée qui mène de la porte est au transept, on a placé les marbres des deux pays. Les marbres français sont à main gauche. On y remarque, entre autres, une belle étagère de M. Géruzet à Bagnères-de-Bigorre, des colonnes et des tables en stuc de M. Crapoix à Paris, un haut-relief représentant Andromaque à la prise de Troie, de M. Lépine (15,000 fr), des objets de marbre de Corse, un bénitier de M. Rougemont, de magnifiques cheminées deM. Désauges, à Paris.

Derrière cette allée et parallèlement, se trouvent un grand nombre d’allées dont chacune est consacrées une seule branche d’industrie. La première contient les corsets, les chemises et les cravates; la deuxième et la troisième, les articles de la bonneterie; la quatrième, les vêtements d’hommes et les vêtements de théâtre; la cinquième, les chapeaux de paille et de feutre, les coiffures et les perruques en cheveux; la sixième, te chapeaux de pailles et les poignes; la septième, les cotonnades ; la huitième et la neuvième, les blanchisseries, apprêts et teintures ; la dixième, les tissages de coton du Haut-Rhin ; la onzième enfin, les manufactures diverses. Ces allées sont flanquées à droite et è gauche de deux autres, dont celle de droite ou du mur, contient des fourrures, des bustes en cire, des coiffures, des bretelles, des chapeaux mécaniques et des guêtres ; celle de gauche contient les vanneries, les plumeaux, les lacets et cordons.

A gauche de ces allées et formant angle avec elles, s’en trouvent d’autres occupant l’espace derrière l’Imprimerie Impériale et jusqu’au mur nord du palais. On y voit, en commençant par celles du devant, la brosserie, tabletterie et des éventails; les reliures, cartons, livres et échantillons de fonderie typographique; des papiers, étiquettes, devises, musique gravée ; des registres de commerce, cartes géographiques, encres d’imprimerie, etc. Parmi les caries, se trouve un plan en relief du siège de Sébastopol, de M. Bauerkeller à Paris. Les allées du fond contiennent des broderies et des dentelles de Calais, des calicots, des mousselines, des tulles, des toiles, etc., de Colmar, de la Bretagne et de Laval, des cordages, etc., porcelaines, faïences et poteries ordinaires. En passant devant tous ces objets de moindre apparence, mais d’utilité générale, nous revenons à la grande entrée, où nous trouvons les objets de terre cuite dont nous avons parlé plus haut, et sur lesquels nous allons jeter un rapide coup d’œil en passant.

En tournant à droite, nous voyons, à l'entrée, les reproductions de monuments du moyen âge, de MM. Virebent frères, un grand portique roman , grandeur naturelle, et un petit portique composé de fragments du douzième siècle. M. Graillon, â côté, a de jolis petits groupes, entre autres celui des Enfants jouant, des Groupes de Paysans, etc. Landais, à Tours, suit avec de très-belles imitations de Bernard de Palissy ; la manufacture de Voisinlieu, avec des pots, des vases, etc. dé grès ; celle de Rubelles, avec des services, des pots, des vases; et enfin, M. Barbizét, avec des imitations de Palissy, et une belle corbeille au milieu ornée de pèches et de prunes bien imitées.

En face de M. Follet, avec différents objets pour ornements de jardins et un vase, imitation de Chine, on voit des algarazzas ou vases à rafraîchir. M. Lancestre, à côté, a de très-beaux vases, imitation de Chine, d’un métré et demi de hauteur, qui ne coûtent que 100 fr. pièce; MM. Rieder et Chambridge, de la porcelaine volcanique, grès durci et émaillé, procédé à eux. M. Boissimon, avec des corbeilles, des vase;, etc., décorés, et, au bout, M. Garnaud, avec un balcon et des statues en terre cuite blanche. Parmi ces dernières, Polhymnie, d’après l’antique, Léda, etc., et un grand groupe, le Sanglier chassé par des Chiens, d’une seule pièce.

En poursuivant les galeries, derrière les carré, nous trouvons des objets ordinaires de terre cuite, des briques, des dalles, des cheminées, etc. — Suivent les tissus de coton, les velours lisses de laine, les mérinos, les châles d’Amiens et de Paris, les draps d’Elbeuf et de Sedan, les étoffes de Roubaix, Lille, etc.

Le visiteur, arrivé au bout du côté nord, tourne à gauche où il trouve encore les produits de Lille, la ganterie de Paris et de la province, et les étoffes, articles ordinaires de Beauvais, Carcassonne, etc.

©Promenades dans l'exposition de 1855