Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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5ème et 6ème carrés (entre colonnes 15 et 18)

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Nous rentrons à la nef, pour arriver au cinquième carré qui se trouve derrière le trophée et les bancs qui entourent la fontaine. C’est l’orfèvrerie française qui forme deux carrés séparés par l’entrée. Prenons comme toujours la droite, et nous trouvons d’abord l’orfèvrerie d’église de M. Favier de Lyon, enrichie d’émaux et de pierreries. Le grand ostensoir au milieu est celui de la cathédrale de Lyon, et la crosse est celle de l’archevêque de cette ville, d’après le dessin de M. Dujardin.

Vient M. Marrel jeune, avec une grande variété de petits reliquaires émaillés. La pièce principale est une petite croix, style gothique, d'un très-bel effet; le pied est d’ivoire, les figurines en argent, la petite porte en or, avec incrustations en lapis. La croix est sculptée en bois, d’un travail parfait.

M. Rossigneux a exposé entre autres une coupe d'argent sculptée et ciselée, surmontée d’une allégorie représentant le Doubs (un fleuve); c’est un cadeau offert à l’ingénieur en chef du département du Doubs par le comité du chemin de fer de la vallée du Doubs.

M. Debain a de la belle orfèvrerie de table, huiliers, service à thé, etc., et M. Poussielgue-Rusand, orfèvrerie et bronzes d’église, imitation du treizième siècle. MM. Gerbaud et Thierry ont aussi des ornements d’église ornés de pierreries ; dans la vitrine de celui-ci, au milieu, un grand ostensoir en vermeil, stylo gothique, orné de perles et de pierres précieuses, de la valeur de 4,000 francs.

M. Grichois a inventé l’orfèvrerie dans l’intérieur du cristal, ce qui est d’un effet superbe. Tous les objets, dans sa vitrine, sont de cristal, dans lequel on voit des arabesques d’argent. 11 paraît que ces arabesques sont entre deux verres.

M. Delajuveny suit avec son « argenture autogène, » ainsi appelle-t-il l’argenture à la feuille qu’il applique au bronze. La garniture de cheminée qu’il expose est argentée par ce procédé.

M. Dalaine a de l’orfèvrerie de table en plaqué, entre autres une théyère oxydée, ressemblant au vieil argent. Marrel aîné occupe la partie du devant qui donne sur l’entrée. On voit dans sa vitrine un très-beau bouclier représentant le combat des Amazones, d’après Rubens. Parmi les autres objets, un grand service à thé, style oriental, relevé d’émail bleu du plus bel effet.

De l’autre côté, M. Durand, avec une des plus belles pièces de l’orfèvrerie française. C’est une fontaine à thé très-élégante, modelée par M. Klagueman et exécutée dans les ateliers de M. Durand. C’est un membre de la famille d’Orléans, dit-on, qui a commandé cette pièce.

M. Fray expose de l’orfèvrerie de table, où on remarquera un magnifique plateau à riches dessins. Une très-jolie corbeille de fleurs est au milieu.

Cosson - Cerby a également des objets de table, ainsi que M, thouvet qui termine ce carré. Dans la vitrine de celui ci, on remarquera, b main gauche, un livre de messe avec quatre petits tableaux d’une exécution parfaite , produits par la galvanoplastie , et représentant 1° la naissance de Moïse, 2° Moïse descendant du mont Sinaï, 3° le baptême du Christ, et 4° la Descente de croix.

La première vitrine du deuxième carré de l’orfèvrerie française est occupée par M. Rudolphi, dont la spécialité est l’imitation du vieil argent. Nous voyons au fond de sa -loge un prie-dieu en émail style byzantin, doré et orné de pierreries, beaucoup d’objets de parure en argent mat, un guéridon à main gauche couvert de 97 émaux, représentant le Christ et les saints. Parmi les vases, on en remarquera un grand en forme de cruche tournant sur son socle, sur le devant au milieu. Ce vase en argent repoussé mérite d'être examiné. Il représente les Vices, conduits par la Fortune et la Misère. L’Orgueil à cheval ouvre la marche, l’Envie s’accroche à son manteau ; suivent l’Avarice, la Luxure, montées sur un bouc, la Gourmandise sur un porc,. la Paresse et la Mort accompagnées par la Maladie à côté de laquelle le bourreau avec le glaive. La composition est de M.Chaume, et la ciselure de M.Poux, le prix 40,000 fr.

Prenons maintenant les vitrines à droite, avant d’examiner le milieu du carré, et nous trouvons d’abord la vitrine de M. Veyrat, dans laquelle un très-beau service et un coffre à bijoux en argent massif, de la valeur de 6,000 fr. M. Henry-Hayet a des sculptures pour orfèvrerie, ainsi qu’un joli modèle de cadre de glace en cire, etc., et une très-jolie coupe à fleur, en argent massif. Au milieu, trois enfants soutiennent un trépied qui supporte la coupe. L’étrier de l’Empereur au fond est d’un très-beau travail. Jansse a des ornements d’église, Hébert de Rouen de l’argenterie, dont deux jolies corbeilles on cristal bleu garnies d’argent, l-es ornements d’église de M. Baschelet è côté nous conduisent à la grande vitrine de M. Gueyton. Sur le haut, on voit le buste de l’Impératrice reproduit d’après celui de M. Newerkerke, sans soudure, par voie électrique, d’un jet. A gauche, un Calvaire argenté également par galvanoplastie, et plus loin un bouclier d’après l’antique, prix 150 fr. En bas, entre autres épées, celle quia été offerte par la ville de Montpellier au général Rostolan, et une autre donnée par la garde nationale de Rouen au colonel Bligny. M, Léonard a dans une petite vitrine à côté, de très-jolis modèles en cire argentée pour orfèvrerie, ainsi qu’un cerf, un renard, un dromadaire, etc. En face, nous trouvons M. Lebrun avec un beau service de table, style Louis XVI, moulé et ciselé. M. Wiese est à côté; dans sa vitrine on voit entre autres 5 main gauche, un très-beau vase en argent mat avec un très-beau bas-relief représentant l’enlèvement des Sabines. Bacchus forme l’anse, et de petits Centaures entourent le pied. Au fond et au-dessus un bouclier, en plâtre dont le sujet est pris dans l’Arioste, et à gauche un lavabo en cire dont le pot représente la ronde de Willis. Nous passons encore une fois devant M. Rudolfi pour trouver de l’autre côté du carré les objets de Casses, parmi lesquels un beau coffret à bijoux, et en haut un seau à champagne imitant des stalactites de glace. Un grand bouclier en bas représente la chasse. Un chasseur est debout au milieu, tenant un chien au lacet. Autour, le sanglier, le cerf et le renard poursuivis par des chiens ; le tout est d’un très-beau travail et vaut 3,500 fr. A côté, il ya un très-joli service de thé en vermeil, en argent doré et parsemé de petites marguerites, de M. Gallot, du prix de 6,000 fr. et les ornements d’église de M. Trioullier, parmi lesquels un très-grand ostensoir orné de figures, parmi lesquelles les quatre évangélistes assis en bas aux quatre coins.

©Promenades dans l'exposition de 1855