Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


Retour - Liste Pavillons

3ème carré (entre colonnes 10 et 13)

manque image

Celui-ci est exclusivement occupé par l'industrie parisienne, et spécialement par la papeterie, l’ébénisterie fine, les ouvrages en peau, les nécessaires, etc. La célèbre papeterie Maquet, de la rue de la Paix, se trouve à l'entrée à main droite. Elle expose entre autres des buvards de grande beauté et élégance. Celui à main gauche, orné d’une plaque à jour dorée et gravée et d’un médaillon avec peintures sur porcelaine au milieu, vaut 250 fr. : un autre en chêne sculpté, orné au milieu d’un ours, et dans les coins, de chiens argentés, est de 300 fr. Parmi les objets de papeterie en bas, on remarquera un très-bel encrier également en bois sculpté. M. Henri a des coffrets et des boites ornées d’acier poli et damasquiné, dont une très-belle au milieu.

M. Gènes expose des porte-monnaies, porte-cigares, cornets, etc., faits de plaques de bois, ou de cuir verni avec quadrillage écossais.

Son voisin, M. Garnier, des porte-cigares, boîtes, etc., en bronze doré, et deux jolis vases fond bleu ornés de bronze doré.

Une grande armoire en bois sculpté, de M. Viardot, est placée au milieu. Les petits enfants, en haut, qui se penchent sur le bord pour prendre un nid d’oiseau, sont charmants de grâce et de légèreté. Les étagères à fleurs, aux côtés, sont également très-bien réussies.

Theret a exposé, à côté, des mosaïques en relief sur pendules, boîtes, etc., et un morceau de malachite employé à ces mosaïques.

La vannerie de luxe de M. Camaret arrêtera les fentes, qui admireront, entre autres, la corbeille magnifique de fil d’argent, ornée de dorures et de pierreries.
Suivent les bronzes et la papeterie de M. Asse; au milieu la statue équestre de Napoléon Ier, d’après Marochetti, et, aux côtés, de très-beaux chevaux arabes en bronze.

MM. George et Cie montrent des objets assez curieux. Vous voyez un tableau en face de vous, l’exposant ouvre, et vous êtes surpris de le voir changé en étagère remplie de verres, de bouteilles, de services de thé, etc. Des boîtes se changent, par une petite mécanique, en porte-cigares avec les accessoires pour fumeur. Vous ouvrez une boîte à flacon, et les flacons sortent tout seuls.

M. Massé-Boulanger, son voisin, a une cave à liqueurs, qui renferme, outre les objets qui lui valent celle désignation, des cartes et des marques à jouer, du tabac, des pipes, des cigares, et jusqu’aux allumettes.

Becker et Otto ont de très-belles caves à liqueurs et à odeurs, dont quelques-unes de bois des îles.

Celle du milieu, en forme de globe, est de leur invention et garantie par la commission impériale contre la contrefaçon (cette garantie remplace le brevet d’invention pour le temps de l’exposition ).

M. Stegmuller a des paniers à ouvrage (cabas), et M. Delcourt des bijoux dorés et de belles boîtes d'un très-bon goût.

Nous passons devant une porte et nous arrivons aux boîtes pour parfumerie fine, dont surtout celle du milieu mérite l’attention du visiteur. Gelée frères montrent leur gainerie (boîtes pour bijoux, couteaux, etc.) j inaltérable à l’air, au soleil et au gaz, en émail, en porcelaine pour étalage.

Parmi les objets d’ébénisterie et de marqueterie de M. Audot, dans la vitrine suivante, on voit, en haut,! un beau dessus de table en mosaïque. Les fleurs au milieu, les oiseaux bleus et la guirlande qui l’entoure, sont très-bien exécutés, ainsi que les nécessaires et les trousses de voyage, etc. Ses marqueteries lui ont valu la médaille dé prix à Londres.

Les nécessaires de voyage de MM. Midocq et Gaillard sont très-élégants et très-riches, surtout celui du milieu.

Kapp et Staudinger ont, entre autres objets, des nécessaires, des boites, des caves à liqueur, etc., ornés d’incrustations de porcelaine d’un très-joli effet.

La fabrique de gainerie de M. Huet expose ses produits à côté. M. Huet vient avec ses bourses, ses poches et ses gibecières d’un travail irréprochable.

M. Muller, doreur sur cuir et étoffes, montre des porte-monnaies et des portefeuilles avec dorure sur cuir.

La fabrique spéciale de coffrets de M. Tahan, a, entre autres, un très-beau coffret doré, orné de bardes d’acier d'un très-joli effet et surmonté d’un médaillon, avec le portrait de l’Empereur et de l'Impératrice tenu par deux anges debout. En bas, il y a trois autres médaillons avec Napoléon Ier, Joséphine et Marie-Louise. Sur un autre coffret, dans le haut, on voit la façade principale du Palais de l’Industrie.

M. Fenoux nous montre, parmi ses portefeuilles, la reproduction du portefeuille serre-lettres en peau rouge, surmonté d’un aigle de Napoléon Ier.

M. Maréchal, qui a une fabrique spéciale de caves à liqueurs, et de porte-huilier (pour l'huile et le vinaigre de table), expose ses produits.

Un nouveau système de serrure pour porte-feuilles est exposé à côté par M. Classex. Il consiste à embrasser le haut du portefeuille dans toute sa longueur, au lieu de le faire seulement au milieu par une petite serrure.

Les coffrets de Tahan, en bois de rose, etc., dont nous avons vu les objets principaux dans la nef, sont suivis par l’exposition de M. Aucor, qui fabrique les pièces d’argenterie et d’orfèvrerie pour nécessaires et expose de beaux échantillons; on remarquera surtout le déjeuner, un nécessaire, et, à main gauche, un lavabo devant une glace dorée.

MM. Félix et Sormani, qui suivent, ont de beaux nécessaires et des caves à liqueurs.

Après avoir passé une porte, nous trouvons les produits de M. Schlose, c’est-à-dire des cercles et cadres (fermetures) en acier pour porte-monnaies, arrangés de manière il former une grande porte avec deux portes latérales. Dans la vitrine de M. Henry, artiste peintre et bijoutier en acier, sont exposés des objets ornés de métaux damasquinés par un procédé dont la base est l’électricité, des acides et autres substances. Des parties composant un chapeau de femme, en face du visiteur, en acier fondu trempé, sont très-bien faites, et ne pèsent ensemble que 'Mi grammes (prix: 70 francs). Au-dessous on voit un buvard avec le portrait de l’Empereur damasquiné ou gravé, toujours d’après le procédé de l’exposant, du prix de 275 francs. MM. Laurent et Leruth ont des nécessaires et des trousses de voyage d’une belle fabrication, qui leur a valu à Londres la médaille de prix.

On remarquera surtout un beau coffret en bois de rose avec incrustations d'écaille, de nacre et d’ébène, et un autre à gauche en ébène avec incrustations de nacre et de cuivre doré, ainsi que celui à droite en bois de citron.

En face et au milieu du carré, nous voyons les objets en bois sculpté de M. Guerret, étalés sur trois tables, de jolis petits miroirs, des boîtes, des étagères à fleurs, etc. Le petit oiseau mangeant un lièvre sur la boite à droite est charmant ; les ailes sont d’une légèreté et d’un fini parfaits. En bas sur la même boîte on remarquera encore un renard guettant des perdrix. Une grande corbeille de mariage, à l’extrémité droite, se distingue par le parfait de l’exécution et l’élégance du style ; elle est surmontée de deux oiseaux se becquetant.

Le côté droit de ce carré du milieu est occupé par un joli bureau de bois de rose (vieux style) garni de bronze doré, et une table ornée de marbre et de bronze, de M. Dupont.

A main droite, une très-jolie garniture de cheminée, en marbre et bronze doré. Ces deux candélabres sont placés sur des piédestaux ; la pendule est supportée par deux figures debout, représentant la Musique et l’Architecture.

Au troisième côté du carré du milieu, MM. Goebel et Martin ont exposé différents petits meubles et boîtes. La grande boîte au milieu en bois d’ébène, a des garnitures en bronze doré, qui ne sont pas tout-à-fait dignes d’une boîte si élégante, dont le prix est de 2,500 francs. La petite boîte sur le devant et à droite est ornée de peintures à l’huile sur soie fixée sur verre, du prix de 650 francs; une autre à côté en bois d'ébène est ornée de jolies petites statuettes dans les niches des coins. Le pupitre à gauche, orné d’incrustations de nacre, vaut 310 francs.

Le quatrième côté du petit carré est occupé par des corbeilles à ouvrages, des vases pour fleurs, des nécessaires marquetés, etc. Une cave à liqueurs à jour, sur une toilette en bois de rose, attirera les regards, ainsi que les petites tables à ouvrage, également en bois de rose, ornées de peintures sur porcelaine.

MM. Schglose frères, dont nous avons examiné la vitrine en face, ont exposé ici un sac de voyage qui cache tout un petit magasin, car il renferme une table à jeu ployante, une trousse complète, une cafetière, un buffet et un compartiment pour vêtements.

Le milieu du troisième carré est constamment assiégé par la foule, quoiqu'il n’y ait ni chef-d'œuvre de l'industrie ni objets rares. C’est l’exposition de jouets d’enfants, qui amuse les petits et les grands, car ici on voit un singe jouer de la guitare, la un lapin battre le tambour, des poupées danser toutes seules, et la chèvre bêle et fait en public ce que l’homme et le chal font le plus clandestinement possible. Au côté droit, il y a des pendules ornées de fleurs et d'oiseaux imités. Les oiseaux voltigent d’une branche sur l’autre, un autre boit de l’eau qui coule à ses pieds ; tout cela à la mécanique. Le reste est rempli de poupées, de mannequins, de berceaux pour poupées, etc.

Le troisième petit carré à côté nous ramène aux petits meubles de luxe, et nous avons sur le devant une belle collection de M. Giroux, le même qui a exposé la splendide volière que nous avons vue dans la nef. Une volière plus petite et moins splendide, quoique très-jolie, orne le milieu de cette exposition, dans laquelle on remarquera encore, à main droite, un écran superbe avec tableau, peint par Gabé d'après Vatteau. Mais la pièce capitale est le jeu d’échecs, au milieu sur sa table d’ébène, avec compartiments pour les pièces (d’échecs); les figures du jeu représentent les Croisés d’un côté, et les Sarrazins de l’autre, très-finement : exécutés ; on voit sur les boucliers de quelques-uns des Croisés l’aigle russe. Cet anachronisme est dû à cette circonstance, que le jeu et sa table ont été commandés par une dame russe, qui désirait naturellement avoir les armes de sa patrie sur un jeu de luxe, qui ne coûte pas moins de 12,000 fr.

A droite, il y a un très-joli garde-bijoux, style Henri III, orné de pierres fines, parmi lesquelles du lapis-lazuli, du malachite et un beau grenat en bas.
Il contient des cachets magnifiques, un, entre autres, représentant Jeanne d’Arc, ciselé en argent, d’un très-beau travail et du prix de 260 fr. ; un postillon, 400fr.,etc.

Le côté droit contient une table en mosaïque de marbre et un beau bureau marqueté de M. Sormani, et une corbeille de mariage, ou boîte à châles, très-élégante. Sur une table en bois de rose, ornée de bronze doré, de M. Peret, M. Audot a exposé, au troisième côté, la même table en mosaïque de bois que nous avons vue dans sa vitrine, et qui vaut 1,500 fr. Il a, de plus, à main droite, un beau bureau de dame en bois de thuya d’Algérie, surmonté d’une pendule du prix de 3,200 fr. Le milieu du quatrième côté est occupé par une superbe boîte à châles en palissandre et bois de rose, marquetée à l’intérieur comme à l’extérieur, sur une table également de palissandre et de bois de rose, valant ensemble 6,000 fr. Le bureau du même bois, à droite, orné de peintures sur porcelaine, vaut 1,800 fr. ; et la jolie petite table à ouvrage, au fond, ornée également de peintures sur porcelaine, 500 fr.; tous ces objets sont exposés par M. Gradé.

©Promenades dans l'exposition de 1855