Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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2ème carré (entre colonnes 7 et 10)

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Ce carré contient principalement les reproductions réduites et augmentées des œuvres de la sculpture en plâtre et autres matières, sculptures sur bois , plâtre, etc., imitations de fruits, de sculpture, etc., objets de fantaisies.

En entrant par la nef à côté du trophée de M. Plon, nous tournons à droite où nous trouvons devant nous une vitrine étroite bien remplie de fruits imités en cire, de M. Barrois à Meaux. La pomme cuite, en face du visiteur et le melon nous paraissent les mieux réussis, ainsi que les deux moitiés d'une pêche.

Un panneau avec sculpture en bois pour ornement architectural, de Hardouin, à Paris, se trouve à côté.

M. Thierry, à côté, fabrique des cadres de papier et de carton pour les artistes, ce qu’il appelle encadrements artistiques. Le petit cadre à côté et à main gauche, est plus digne de remarque, car il contient des camées et des petites têtes servant d’épingles, très-bien sculptées, par M. Pline, graveur. Une cheminée, tout en bois, se trouve ensuite sur notre chemin, richement dorée, imitant le marbre d’une manière assez imparfaite.

M. Beauplan, fournisseur officiel de Leurs Majestés l’Empereur et l’Impératrice et du prince Napoléon, a exposé des médaillons contenant les portraits de Leurs Majestés, de Napoléon 1er et Marie-Louise, de la reine Victoria et du prince Albert, et enfin du prince Napoléon.

Viennent, une seconde fois, les fruits imités, mais cette fois-ci, ils sont en carton-pierre, matière qui ne paraît pas se prêter si bien que la cire à ce genre de reproduction. Entre autres cependant, les poires sont très-bien réussies. Un médaillon, portant les têtes de Napoléon Ier et de Marie-Louise, de la même matière, se trouve encore dans les œuvres de M. Louesse.

M. Sorly, doreur du ministre d’État et de la maison de l’Empereur et des fabriques impériales de Sèvres, des Gobelins, etc., a exposé entre autres, à côté, un beau bénitier en style gothique, avec le Christ au milieu. Les deux lustres, aux côtés, ont une forme bizarre, mais nouvelle. Différents cadres d’un beau travail sont étalés sur la table au-dessous de ces objets.

La Vierge et les deux anges, que nous trouvons en continuant, sont en carton-pierre, ainsi que les autres ornements d’église qui entourent ces objets, exposés par M. Solon, qui a mis au bas de son exposition un livre rempli de sculptures reproduites par la photographie.

M. Heiligenthal, à côté, emploie une matière un peu différente pour des objets pareils; il l’appelle mastic-pierre, et en fait de très-jolies choses, auxquelles il donne parfois l’aspect de métal, comme on le voit pour le petit Christ placé au milieu sur la table.

Nous passons devant l’entrée entre les colonnes 7 et 8, et nous trouvons encore des ornements d’église ; mais cette fois la matière qui les compose est encore plus curieuse que celle des précédents. C’est la sciure de bois qui constitue la pâte qui a servi â former la statue de la Vierge avec l'Enfant Jésus, et les autres ornements que nous trouvons dans l'exposition de M. Hugon-Roydor.

Une grande loge tapissés de papiers peints en relief d’un bon effet et imitant la sculpture sur bois, se présente à nous au milieu du panneau que nous passons en revue. Deux portes également couvertes d’arabesques et d’ornements en relief, sont adossées au mur, devant elles, deux chaises dans le même genre. Tous ces arabesques et ornements sont en cuir, et sortent de la fabrique de cuirs en relier de M. Dulud. D’après lui, le cuir remplacerait le bois sculpté, avec un avantage de 200/000, en présentant la même solidité : Un tableau formant écran, à main gauche, fait de découpures aux ciseaux en papier et en cuir, par Mme la comtesse de Dampierre, attirera l’attention des visiteurs. Ce paysage, avec ces arbres et plantes de papier, le cadre dont les guirlandes de feuilles et de raisin sont découpées en cuir, témoignent d’une grande habileté et d’une incroyable patience.

Passons devant une autre sortie, et nous avons devant nous un panneau de bois avec un petit groupe sculpté dans le bois, représentant Bacchus enfant, d’une bonne exécution, de M. Groset.

M. Courquin nous montre au-dessous ses travaux de sculpture en nacre. Parmi les différents objets, on remarquera au milieu un petit médaillon avec le portrait de l’Empereur, un aigle planant sur sa tète, et, aux côtés, ceux portant les têtes de l’Impératrice et du prince Napoléon, tous sculptés en nacre.

Un grand panneau portant le Christ en grandeur naturelle et entouré d’ornements en carton-pierre, destiné à la coupole d’une église, est exposé par M. Tirant. Après avoir passé la porte, nous nous trouvons encore une fois devant l’œuvre d’une dame, qui réclame autant de patience et peut-être autant d’habileté que celle de Mme la comtesse de Dampierre. Ce sont des fleurs en coquilles naturelles, faites par Mme Rossi de Toulon. Les fleurs les plus variées, de la petite marguerite jusqu’au camélia, sont imitées avec du coquillage ramassé au bord de la mer, et dont la couleur naturelle a servi à varier à l’infini les couleurs de ces trois bouquets.

MM. Marcq et Coutan, fabricants de moules pour doreurs, ont exposé de beaux échantillons de leur industrie. de plus deux Indiens en plâtre peints et bien exécutés.

Une vitrine remplie de bustes se trouve à côté. Les bustes sont faits de sulfate de chaux blanc et rose. L’exposant a mis à côté des bustes un échantillon de sulfate de chaux naturelle, pour montrer les variations que celui-ci a subies avant de remplacer le plâtre ou le marbre. Au-dessous, on voit des gravures sur métaux reproduites par la galvanoplastie, par M. Gruaz.

Nous arrivons à la Société des Arts Industriels. Ou connaît depuis une quinzaine d’années le moyen de reproduire par des procédés très-simples, inventés par MM. Collas et Sauvage, les oeuvres de sculpture dans toutes les grandeurs voulues, c’est-à-dire augmentées ou réduites, mais toujours mathématiquement, c’est-à-dire sans changer ni détails ni proportions. La Société des Arts Industriels expose de ces reproductions. Nous y voyons entre autres les bustes en plâtre de Mansard, l'architecte du Louvre; Lebrun, peintre; Corneille, Crébillon et autres, d'après les originaux dont la plupart se trouvent aux foyers de nos théâtres. Un beau bas-relief suspendu au-dessus de ces bustes montre une réduction très-bien réussie.

La glace à côté montre par son cadre le procédé d’ornementation de M. Dupin, au Conservatoire des Arts et Métiers. Ce cadre, comme les petites plaques pour portes, au-dessous, paraît une peinture sur porcelaine. Le petit dôme à côté, avec la Vierge au milieu, de M. Boucarut, est en plâtre doré. Des échantillons de gravures, dont la moitié est nettoyée tandis que l'autre moitié est laissée dans son mauvais état, montent l’habileté de l'exposant dans le nettoyage des vieilles gravures.

Le grand bouquet suspendu et sous verre de M. Crière, d’une très-belle et très-habile exécution, nous paraît fait de cire rouge. Une petite vitrine au-1 dessous et tout près d’une porte renferme de jolies, sculptures sur bois de M. Planson. Le petit miroir, les boîtes, la reliure, tout fait honneur à cet artiste.

Des échantillons de bronze et de plastique religieuse de M. Pillioud, et une grande vitrine, se trouvent devant nous en continuant notre tournée. Celle-ci est remplie d'objets sculptés sur bois, que connaissent tous ceux qui ont voyagé en Suisse. De simples paysans de l’Oberland bernois transforment par leur grande habileté des morceaux de bois en groupes délicieux de chamois, de chèvres, etc., construisent de petits modèles de chalets, et font des statuettes et autres objets sculptés, qui sont emportés par les voyageurs dans tous les coins du monde. C’est cette industrie, dont la maison Wirlh, à Brienz, en Suisse, expose les plus beaux échantillons. On remarquera surtout an milieu le beau cadre qui entoure la glace, et, au-dessous, la Cène, d’après la célèbre fresque de Leonard de Vinci, et, aux côtés, les deux cerfs coupés d’un seul bloc de bois.

Des cadres de glaces en verre de M. Mercier, nous arrivons à une petite collection de moulures en plâtre d'objets d’histoire naturelle, faites par M. Stahl, mouleur au Jardin des Plantes, composée de trois bustes de la galerie d’anthropologie et de reproductions de mollusques et de leurs parties. On remarquera, à main droite, comme échantillon de précision de son moulage, la reproduction en plâtre de papier filigrané et de morceaux de linge, dont on voit chaque fil pour ainsi dire.

Un moulage d’un autre genre vient après, c’est celui à la gélatine, de M. Vincent, qui a exposé de jolies petites moulures de tableau en argent repoussé et autres.
M. Marchi nous montre des reproductions en plâtre des œuvres de sculpture, la Léda de Pradier et autres.

M. Dufailly expose de belles reproductions en plâtre des œuvres de Mène et Cain (animaux) ; Vuillièrme, des objets de fantaisie en albâtre, parmi lesquels ou remarquera une belle petite toilette, une pendule, et un groupe de deux chiens.

Le milieu du carré est occupé par une reproduction de la Vénus de Milo du Louvre, par M. Sauvage, l’inventeur d’un des procédés de reproduction dont nous avons parlé plus haut. Cette Vénus est augmentée de moitié, tandis que la même statue se trouve de beaucoup, diminuée sur le devant. L’exposant nous avertit que la statue équestre de l’Empereur Napoléon dont nous avons parlé plus haut, qui se trouve à l’entrée Est du Palais, a été reproduite par le même procédé à 3 mètres 20 c. de hauteur, d’après le modèle aux Beaux-Arts qui n’a que 1 m. 45 c.

A main droite, on s’arrêtera devant un beau coffre à bijoux, sculpté en os. Huit cariatides artistement taillées soutiennent le couvercle très-richement orné d'arabesques également sculptées sur l’os, et surmonté d'un beau groupe représentant une femme faisant sa toilette. Ce coffre, ainsi que le beau médaillon, au dessous, est de M. Moreau, sculpteur.

M. Deaure a exposé, à côté, ses médailles reproduites par la galvanoplastie.

Le doreur du mobilier de la couronne, M. Dumont Pettrelle, suit avec quelques échantillons de dorure et un tableau sculpté sur bois et préparé pour être doré à l’eau.

Ce bénitier, également sculpté sur bois, par M. Froyer, se distingue par sa simplicité et le parfait de l'exécution.

M. Blaid, de Dieppe, a exposé un Christ d’un beau travail, valeur 4,000 fr., et d’une composition inédite, et d’autres objets en ivoire. M. Wolf, de Paris, a aussi un Christ et une Descente de croix et le manche d'un fouet, très-artistement sculptés sur ivoire.

Nous retrouvons les travaux remarquables de Mme de Dampierre en continuant; car nous nous trouvons encore devant ses découpures aux ciseaux en papier et en cuir. On verra avec plaisir le petit médaillon de fleurs, admirable de finesse, d’exécution. Des écrans découpés et des tentures de cuir imitant le cuir de Cordoue couvrent les pans de la loge dans laquelle M. Massonet a placé les médailles frappées en l’honneur de l’exposition, et que l’on vend dans l’intérieur.

En face de celle loge, il y a des gravures pour boutons et cachets qui témoignent de la grande habileté des graveurs de Paris. Au milieu de ces gravures, on en remarquera une grande de première communion, composée par le P. Martin et gravée par M. Oudiné, graveur de la Monnaie impériale.

La médaille est de grand module.

A l’endroit, le Sauveur du monde est debout sous un tabernacle. Il tient d’une main le calice et de l’autre le pain eucharistique. Deux jeunes enfants viennent de s’agenouiller à ses pieds. Le plus petit des enfants a un ange qui voit la face du Père céleste. Au dessus du jeune garçon et de la jeune fille, de grands palmiers. Au plan inférieur, deux colombes venant s’abreuver à une source jaillissante.

Au revers, se dresse un trône sur lequel on voit l'Évangile ouvert.

Des deux côtés du livre, des flambeaux symbolisent la lumière répandue par l’Évangile dans les âmes.

A côté, il y a une reproduction d’un bas-relief en ciment romain, de la fabrique de MM. Rozel et Menisson. Ce ciment est propre à la construction architecturale et à la restauration. De l’autre côté, une Descente de croix en relief, d’après le célèbre tableau de Rubens, du même ciment.

La boite à bijoux, en bois d’ébène, de M. Menisson, arrêtera le visiteur un moment, par son élégance et sa belle disposition. Les bordures de vigne elles pieds sont ciselés en argent. Le groupe qui la surmonte représentant un enfant combattant un dragon, est sculpté en bois de poirier, et les panneaux sont en acier gravé à l’eau forte et incrustés d’or. Le prix de cette boîte est de 2,000 francs. Un autre coffret à côté, composé de mosaïque et de marqueterie en bois et nacre incrusté, est d’un très-bel effet. A l’intérieur, on remarquera des fleurs très-bien faites en éolide. M. Gamet, chef d’atelier, a fait ce coffret, ainsi que le petit modèle d’autel en menuiserie , composé, dessiné et exécuté par lui en 1845, âgé alors de dix-sept ans seulement.

Nous nous trouvons maintenant, en continuant, devant les fruits imités en marbre, de M. Carrelle, pour servir de serre-papier et pour étagère. Un grand temple en pâte au coin, est exposé par M. Linder-Geofrien, fabricant de pastillage. Des colonnes portent une coupole, surmontée d’une figure allégorique représentant la France debout sur le globe. Sur la frise, on lit ces inscriptions : Aux arts, à l'agriculture, au commerce et à l'industrie. De petits tableaux correspondant à ces inscriptions se trouvent au-dessous. Au bas des colonnes, des médaillons contiennent ces noms : Homère, Arétin, Raphaël, Phidias; Smith, Parmentier; Lafitte, Ternaux; Guttemberg, Papin ; Archimède, Pythagore. Un retable sculpté en bois avec une petite statue de la Vierge, de M. Knecht, se trouve à côté. Suit une grande vitrine de fruits imités, en une nouvelle composition , eL de petits modèles de cathédrales et d’un village près de Bourg et de Toul, très-bien exécutés en coquillages. Les fruits en marbre de M. Carette terminent l'entourage de Vénus de Milo. En face du retable de M. Knecht, nous voyons une cheminée toute en glace, le foyer non excepté, de l’invention de M- Luce. Ces glaces résistent naturellement â l’action du feu, et doivent augmenter son éclat. A main droite de cette cheminée, on remarque un très-beau modèle d'une grande pièce d’orfèvrerie, dite surtout de table, et qui est une allégorie de la Paix. La Paix est debout sur le globe, tenant de la main gauche un glaive brisé, et élevant de l’autre main la palme de la paix. Dans les quatre angles on voit des figures charmantes représentant le Commerce, l’Architecture, l’Art et l’Industrie. En bas, sur les quatre côtés, quatre jolis groupes d’enfants représentant la Pèche (en face), la Vendange (à main gauche), la Récolte (à main droite) et la Chasse (derrière). Ce beau morceau est fait par M. Vidal, modeleur.

Le petit modèle d’église, de M. Vincent, à côté, est d’un beau travail, ainsi que les objets en albâtre de M. Evrard, parmi lesquels une toilette sculptée avec des figures très-gracieuses, du prix de 800 fr. deux petites statuettes et la corbeille à fleurs seront remarquées. On s’arrêtera devant le beau bouclier repoussé et devant les fleurs en bois sculpté de M. Lagnier.

Vient le musée pomologique, c’est-à-dire encore des fruits imités, cette fois-ci en cire-pierre, de M. Montels, capitaine en retraite à Toulouse, parmi lesquels le melon, les cerises, et quelques pommes paraissent les mieux réussis. MM. Boulet et Durand montrent à côté de très-jolis encriers et des boites en bois sculpté, et M. Faure termine notre tournée dans ce carré avec des Christ très-bien exécutés en bronze et en bois.

©Promenades dans l'exposition de 1855