Exposition universelle des produits de l'agriculture, de l'industrie et des beaux arts - Paris 1855

Agriculture, Industrie et Beaux-arts

15 mai 1855 - 15 novembre 1855


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Description générale

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Le pont qui conduit de l’Annexe au bâtiment du Panorama, et qui a été construit sur les ordres exprès de Son Altesse Impériale le prince Napoléon, pour réunir en un seul ensemble toute l’Exposition, traverse le Cours-la-Reine en laissant libre, sous ses arceaux, la circulation des voitures et des piétons. Il se relie aux deux bâtiments par un double escalier, qui part du rez-de-chaussée de l’Annexe, entre les colonnes 56 et 58 , et vient aboutir dans l’axe de l’ancien Panorama, entouré maintenant de deux galeries circulaires, occupées presque en totalité par les produits de la France ; la partie extérieure au nord forme seule le principal buffet, dont la direction a été confiée à la maison Chevet et Cie. Ce bâtiment se continue d’ailleurs par un vaste vestibule jusqu’au palais principal, pavillon sud. Cette construction coupe complètement en deux parties l’enceinte consacrée à l’Exposition, entre le palais principal et l’Annexe , enceinte dans laquelle quelques produits étrangers ont pris place à côté des produits français. Il conviendra donc, pour indiquer les emplacements des uns et des autres, de jeter un coup d’œil sur cette partie de l’Exposition.

A l’ouest du Panorama, nous rencontrons un certain nombre de produits isolés et trois constructions principales : deux d’entre elles sont consacrées aux machines et aux produits de l’agriculture, la troisième à la carrosserie.

Dans le grand hangar de l’agriculture se trouvent principalement les instruments français. Cependant la Belgique, le Wurtemberg, la Bavière et la Prusse (pour leurs meules seulement) ont chacun une part dans ce bâtiment, vers son extrémité sud , près de l’avenue d’Antin. Les machines des industries agricoles occupent dans toute la longueur l’axe même de la construction : ce sont les machines à battre, les nettoyages, les appareils de mouture, qui forment le contingent le plus considérable..Le trop-plein a été placé dehors; le yacht de l’Empereur, l'hélice de la marine, les machines à battre de M. Duvoir, celle de M. Roux, et un grand nombre d’instruments aratoires, sont dans ce cas. Parmi les autres objets placés dans l’enceinte, nous citerons particulièrement des ancres nouvelles et des plaques tournantes de l’Angleterre, un modèle de pont, de la Belgique, et quelques tentes du nouveau monde.

Les autres appareils agricoles, parmi lesquels le manège très-remarquable de M. Pinet, se trouvent entre le Panorama et le hangar de l’agriculture, avec plusieurs kiosques et modèles de construction, plusieurs chariots, une voiture atmosphérique pour la vidange, fort intéressante ; ces divers objets occupent plus spécialement l’emplacement qui entoure le bureau de poste.

Les produits agricoles sont réunis au nord de la galerie principale, près de la carrosserie. Des deux bâtiments consacrés à cette industrie, c’est celui qui est situé dans cette partie de l’enceinte qui est particulièrement consacré à la carrosserie et à la sellerie de luxe. Les produits de la Belgique et du Mexique occupent un sixième environ de sa surfacec A l’est du Panorama, nous retrouvons la carrosserie ordinaire , et une partie de celle qui a plus spécialement rapport à l’industrie des chemins de fer. Les équipages de la guerre, d’une construction si bien appropriée aux divers buts auxquels ils doivent satisfaire, occupent dans cette galerie une grande place, à côté des produits de la Suisse.
Vers l’extrémité de ce hangar on a tout récemment réuni, sous le titre d’exposition à bon marché , les produits les plus remarquables par leur bas prix et leur qualité, et qui paraissent le mieux convenir aux besoins des classes ouvrières.

Les tissus étrangers forment dans cette exposition la partie la plus remarquable; l’Angleterre, la Prusse et surtout l’Autriche, sont placées dans des conditions bien plus favorables que les nôtres pour la production à bon marché; les ustensiles de ménage et les vêtements confectionnés de la France sont aussi très-remarquables sous ce rapport.
Vers l’extrémité de cette exposition spéciale, quelques spécimens d’ameublement, les uns beaucoup trop riches sans doute, mais d’autres plus modestes et remplissant mieux les conditions spéciales auxquelles on a cherché à satisfaire, méritent d’être mentionnés.

Un jury spécial a été désigné pour continuer ce travail à peine commencé, et dont nous ne voyons encore que les premiers résultats; mais ce qu’il faut surtout espérer, c’est que les prix annoncés soient bien réels et que l’ouvrier n’ait pas le mécompte, lorsqu’il voudra profiter des indications portées sur les étiquettes, de ne trouver que des produits déjà vendus, ou qu’il ne pourra pas se procurer au même prix.
Non loin de là se trouve la maison de M. Clark, qui a la prétention de réunir les différents modes d’habitation que l’on pourrait procurer aux classes laborieuses, aux prix les plus modérés. Nous devons avouer que rien, dans ce modèle de cité ouvrière, ne nous paraît répondre aux promesses, et nous croirions volontiers que beaucoup d’ouvriers seront de notre avis.

La solution du problème qu’est venue poser la reconstruction presque complète de plusieurs quartiers de la capitule, relativement au logement de la population ouvrière, doit avoir, suivant nous, une solution bien plus morale et bien plus certaine, dans des mesures qui auraient pour effet de mettre à la disposition des ouvriers les étages supérieurs des maisons ordinaires. En rapprochant davantage les différentes classes de la société, croit-on donc qu’on n’obtiendrait pas des résultats incomparablement plus favorables que par la création de ces casernes malsaines, quoi qu’on puisse faire, qui seront toujours un danger pour la morale et pour les opinions.

Autour de la maison de M. Clark se trouve la cantine pour les ouvriers de l’Exposition, et auprès d’une pelouse bien entretenue, quelques objets isolés, parmi lesquels nous citerons particulièrement la magnifique grille en fonte de la maison André; les candélabres de la même usine; une petite fontaine de M. Ducel; un kiosque de M. Tronchon : les beaux groupes de M. Lechesne exécutés en ciment romain ; enfin le pavillon spécial qui renferme les instruments scientifiques de M. Porro.

Cet examen rapide étant fait, arrivons au bâtiment principal, qui devait, dans le principe, recevoir tous les produits exposés, mais qui, par suite de l’affluence des demandes, s’est trouvé de beaucoup insuffisant.

©Visite à l’Exposition Universelle - 1855