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Salon Français de Sculpture



Notre revue à l'Exposition de peinture était maintenant terminée ; nous nous trouvions à la porte du salon de sculpture, qu'il nous restait à visiter.
En entrant, nous rencontrions deux belles peintures sur faïence emaillée, destinées au tympan extérieur de l'église impériale de Saint-Leu-Taverny, représentant, l'une, Jésus-Christ, saint Leu et saint Ègidius; l'autre, une Vierge, consolatrix afflictorum, par M. S. Cornu.
L'envoi de la Grèce moderne occupait les deux cotés de la pot te d'entrée. Ce sont des œuvres intéressantes : au point de vue de l'habileté.
La Prusse, la Belgique et l'Italie n'avaient pas une exposition assez considérable pour obtenir un local spécial; on les avait placées dans le salon de la France.
Nous remarquons particulièrement dans ce salon : la Nuit (486), par M. Fiers, de Bruxelles; un Chien de race suédoise (1867), par M. Wolf, de Berlin ; la Tète de la statue équestre de Frédéric le Grand (1863), par M. Rauch, de Berlin ; Minerve soutenant un héros au combat (1821), par M. Blaeser, de Berlin; une statue (495) destinée à la place publique d'Alost, représentant Thierry Maertens, par M. Geefs, d'Anvers, un des plus célèbres sculpteurs de la Belgique; la Nuit, ; groupe en plâtre, par M. Fiers, de Belgique; le Lion amoureux (492), par le même; un Portrait du célèbre voyageur Jacquemont (4578), par M. Taluet, destiné au jardin des Plantes ; la Pudeur (4440), par Al. Jaley ; le Spartacus des Tuileries (4383), bronze, par M. Foyatier; Bacchia, fille de Bacchus (4241), par Al. Barre ; la Première faute sur la terre (4406), par M. Garraud, destinée au jardin du Luxembourg; Caïn et sa race maudits de Dieu (4303), par M. Etex; Polyphème sur- prenant Acis et Galathée (4521), par AI. Ottin, fontaine pour le jardin du Luxembourg; Eve et ses deux enfants (4314), par AI. Hyacinthe Debay ; Lesueur (4431), par M. Husson, destiné à l'ancien cloître du Luxembourg; la Vérité (4271), par M. Cavelier; Chateaubriand (4358), par M. Duret; la Toilette (4322), par M. Debay pére; l'Amour se coupant les ailes (4252), par M. Bonnassieux ; Cornelie (4272), par M. Cavelier; Baigneur (4299), par M. Dantan , Eve tentée par le serpent (682), par M. Benzoni, de Bergame (Italie); le Génie de l'Italie (2314), par M. Romanelli, de Florence; l'Orgie (79), par M. le marquis Della Torre, de Vérone ; Enfant jouant avec une tortue (4429), par M. Hébert ; la Siesta (4382), par M. Foyatier; un Lion (4434), par M. Jacquemart; Jeune pêcheur napolitain jouant avec une tortue (4564), par M. Rude; l'Ingénuité (4338),
par M. Desprez ; l'Amour vaincu (4570), une charmante création d'un artiste de talent, M. Schœnewerk; le Dessin (504), par M. Vandenkerkhove, d'Anvers; Mé-tabus, roi des Volsques (494), par M. Geefs.
M. Frémiet avait exposé un Chien courant blessé (4391), Ravageot et Ravageode, chiens bassets (4392), qui faisait regretter de ne pas voir plus de choses de lui à l'Exposition.
M. Marochetti a envoyé un Portrait de Victor-Emmanuel, roi de Sardaigne (5075), et M. Cain un Vautour d'Egypte (4267), qui avait déjà figuré au dernier salon du Palais-Royal.
Nous terminions cette rapide revue par deux chefs-d'œuvre : un Jaguar dévorant un lièvre (4245), par M. Barye, un des plus grands artistes de notre pays et de notre temps ; et le Christ en croix (4479), bronze de grandeur naturelle, par M. Maindron.
Les cartons de M. Chenavard, formant une suite de compositions destinées autrefois à la décoration du Panthéon, étaient placés autour de la salle des sculptures ; ils reproduisaient des épisodes de la vie de l'humanité, depuis le commencement de Rome jusqu'à la convention nationale.
Au fond de la salle, du côté de l'entrée du buffet, on remarquait le carton d'un grand vitrail pour la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, représentant le Couronnement de la Vierge, dessiné par M. Teschner, de Berlin (1817).
A l'autre extrémité de la salle, étaient les cartons des peintures à fresque exécutées par M. de Kaulbach, de Munich, dans le nouveau Musée de Berlin, ils avaient pour sujets principaux : la Tour de Babel (1747), la Légende (1748), l'Histoire (1749), Moïse (1750) et Solon.
Enfin, dans le passage obscur qui conduisait du salon de sculpture à la galerie de peinture, en face la porte du buffet, on avait placé une statue colossale d'un grand effet, représentant la Douleur (4284), par M. Christophe, artiste de beaucoup d'avenir.

© Guide dans le Palais de l'Industrie et des Beaux-Arts 1855