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Galerie de M. Decamps



France. — La galerie dans laquelle nous pénétrions était occupée en grande partie par les œuvres de MM. Decamps, Théodore Rousseau et Meissonier.
Nous étions encore obligés de faire une simple énumération. Il ne nous était pas possible de passer sous silence tant de chefs-d'œuvre accumulés.
Nous trouvions d'abord un tableau appartenant à la maison de l'empereur ; la fin de l'Hiver (3128), par M. Français; puis deux toiles de M. Comte ; la Rencontre de Henri II et du duc de Guise au château de Blois (2784), et l'accusation du cardinal de Guise après l'assassinat de son frère (2785); deux dessus de porte pour le ministère de l'intérieur, par M. Baron; le Toucher (2476) et l'Ouïe (2473); un Paysan rabattant sa faux (3127), par M. Français; un Marais dans les Landes (3938), par M. Th. Rousseau; enfin, Dans la coulisse, intérieur de saltimbanques (3455), par M. E. Lambert.
Nous abordions la série des œuvres de M. Decamps, élève de M. Abel de Pujol; qui le croirait? tant il y avait loin de la manière du maître à celle de son disciple M. Decamps avait été décoré en 1839 et fait officier de la Légion d'honneur en 1851. Ses tableaux étaient montés à des prix fabuleux; ses moindres croquis étaient littéralement couverts de pièces d'or par les amateurs qui se les disputaient.
Nous trouvions d'abord les Singes (2892) ; le Café turc (2865); Ane et Chien savants (2876), un de ses plus anciens tableaux ; Anes d'Orient (2868).
Deux paysages de M. Th. Rousseau : les Côtes de Granville (3927), la plaine de Barbison (3936), et quelques charmantes toiles de M. Meissonier ; viennent ensuite : la Lecture (3662); deux Portraits (5061); un jeune Homme travaillant et un Homme dessinant (5058, 5060) ; les Joueurs de boules (3663) ; la Lecture (5059) ; le Jeu du tonneau (5053) ; une Rixe dans un cabaret (3660), le dernier tableau de l'auteur; les Bravi (3661), tableau exposé il y a deux ans; un Coucher de Soleil (3931), et les Gorges d'Apremont (3935), par M. Th. Rousseau.
Nous retrouvions plusieurs autres œuvres de M. Decamps : les Chiens (2891); Poules et canards (2860); une fantaisie, la Ronde de Smyrne (5035) ; le Boucher turc (2878), un des chefs-d'œuvre de l'auteur; une Rue de village en Italie (2874) ; Espagnols (2806) ; Halte de cavaliers arabes (2890) ; Chasseurs (2889), et la Grand'mère (2880).
La Sortie de l'école turque, aquarelle (5039), était considérée comme une des plus magnifiques choses qui soient sorties de l'atelier de M. Decamps. L'histoire de Samson (2894), en 9 dessins, était aussi très admirée. Cette magnifique collection appartenait à M. Benjamin Delessert.
Les Singes boulangers, dessin (2898); le Gué, dessin (2897) ; le Souvenir de la Turquie d'Asie (2884) ; le Café turc (2887); les Enfants turcs (2871) ; le Bazar turc (2893) ; Joseph vendu par ses frères (2857), sont moins célèbres, mais aussi beaux.
Nous remarquions, dans les intervalles laissés par M. Karl Bodmer; un Enterrement de jeune fille dans les Vosges (2032), par M. G. Brion; un Marais (3933); un Effet du matin dans les Landes (3930), et un Coteau cultivé (3939), par M. Th. Rousseau.
Le Singe peintre (2861), appartenant à M. de Morny ; les Chasseurs au miroir (2863) ; Moïse sauvé des eaux (2836); Eliézer et Rébecca (2858) ; la Pêche miraculeuse (2855) ; les Bohémiens (2886); le Tigre et l'éléphant (2875); les Joueurs de boules (2881), sont de très-jolis tableaux, quoique moins admirés des amateurs.
La Défaite des Cimbres (2859) était une immense composition, dans un espace très restreint, qui surprenait et éblouissait. Dans cette œuvre fantastique, l'aspect était tout. L'artiste était arrivé, par la couleur, à créer des profondeurs immenses, où les regards confondus vont se perdre. Puis venait des œuvres secondaires : l'Improvisateur (2888) ; Don Quichotte et Sancho (2864); l'Intérieur de cour (5036); le Mendiant (2877) ; les Chevaux de halage (2873); un Paysage d'Anatolie (5037) ; un Paysan italien (2879) ; la Chasse au faucon (2862) ; un Chenil (2882) ; l'Enfant au lézard (2872); une Cour de ferme (2870) ; enfin, un petit chef-d'œuvre, qui était un immense succès comme art et comme esprit, le Singe au miroir (5034).
Deux paysages de M. Ch.-F. Daubigny (2843 et 2844), et la Leçon de tambour (3307), par M. Hille-macher, terminaient cette intéressante galerie.

© Guide dans le Palais de l'Industrie et des Beaux-Arts 1855