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Galerie Espagnole



Arrivés ici, nous prenions le portique, pour traverser de nouveau la galerie consacrée aux artistes autrichiens en remontant vers les autres salons, et pénétrer dans la galerie espagnole.
L'exposition de l'Espagne n'était pas très brillante : 33 artistes avaient envoyé 84 tableaux. On ne cite que quelques portraits de Madrazzo et des deux Lopez; un portrait du roi d'Espagne en costume de la Toison d'or (585), par M. L. Lopez, de Valence ; Portrait de la comtesse de Robersatt, par M. Madrazzo, de Madrid; Portrait de la princesse des Asturies (583), en costume andalous, par B. Lopez; Portrait de M. Ventura de la Vega (606), Portrait de la comtesse de Vilchès (600), Portrait du roi don Francisco (595), Portrait de la duchesse de Medina-Celi (598), Portrait de la duchesse de Séville, appartenant à la reine. Isabelle (597), par M. F. Madrazzo. Nous ajouterons à cette série un Portrait de feu M. Posada, patriarche dos Indes (603), par M. F. Madrazzo, et un Portrait de cet artiste par lui-même (607).
M. Louis Madrazzo avait exposé un Enterrement de sainte Cécile dans les catacombes de Rome (608), qui appartient au Musée de Madrid.
M. F. Madrazzo avait exposé des Saintes femmes au tombeau (593), qui appartenait à la reine Isabelle. M.Ferrant, de Barcelone, avait exposé une toile extraite de la collection des Œuvres de miséricorde, appartenant au roi don Francisco ; elle était sous cette épigraphe : « Enterrez les morts» (568); l'effet en était assez saisissant.
Le même artiste avait peint un Enfant porté par des anges (569) : c'était une œuvre très-gracieuse.
On remarquait enfin un Episode de la révolution de Madrid, en juillet 1854 (592), par M. Eugène Lucas.

France. — Nous allons arriver maintenant au sein de
l'école française. La France occupait un peu plus de la moitié des salles destinées à l'exposition de peinture. Elle avait plus de tableaux que toutes les autres nations réunies : 690 artistes avaient envoyé 1,832 tableaux. Les maîtres les plus illustres avaient exposé leurs principaux chefs-d'œuvre. Un seul, M. Paul Delaroche, dont la célébrité était européenne, s'était abstenu de figurer dans ce splendide concours.
Afin de suivre l'itinéraire que nous nous sommes tracé et d'éviter de revenir sur nos pas, nous commençons notre promenade par la galerie espagnole, qui se trouvait en face de nous, entre le salon de la Prusse et le grand salon.
Nous trouvions là une dizaine de toiles intéressantes, et que nous avions négligées en visitant l'exposition espagnole, afin de ne pas nous interrompre.
La première toile que le hasard plaçait devant nous était un Paysage (2810) de M. Courbet; c'est peut-être une de ses meilleures choses. Nous trouvions ensuite une charmante scène de M. Breton, intitulée: le Lendemain de la Saint-Sébastien (2629) ; une Vue du Danube (4084), et une Vue des côtes de Bretagne à marée basse, par M. de Tournemine.
M. Th. Chassériau, qui passait pour le continuateur de M. Delacroix, avait exposé deux toiles qui rappellaient, en effet, quoique d'un peu loin, la manière du maître : la Salle où les femmes de Pompéi venaient se reposer en sortant du bain (2684), appartenant à l'Etat, et des Cavaliers arabes emportant leurs morts après une affaire contre des spahis (2692) ; un petit tableau de M. P.-F.-E. Giraud, De Paris à Cadix (3186), était intéressant parce qu'il contenait les portraits de MM. Alexandre Dumas père et fils, et de M. Desbarolles, en caravane dans les montagnes de l'Andalousie.
M. Philippe Rousseau, le célèbre peintre de natures mortes, avait exposé deux panneaux (3922 et 8923) destinés à décorer la salle à manger de M. de Rothschild.
Le Départ de la chasse sous Louis XIII (3378), par M. E. Isabey, était un charmant tableau où l'on retrouvait toutes les brillantes qualités de cet artiste.
Le Matin (3992), par M. Schutzenberger, trois ou quatre toiles (1938, 1937, 1939 et 1947) de l'exposition de Saxe qu'on avait glissées là, ne pouvant les placer ailleurs, et l'Installation de la magistrature dans la Sainte-Chapelle, en novembre 1849 (3421), par M. Jollivet, étaient les œuvres qui offraient le plus d'intérêt dans cette galerie.

© Guide dans le Palais de l'Industrie et des Beaux-Arts 1855