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Salon Autrichien



Nous sortions du salon de la Prusse par la porte qui se trouvait immédiatement à notre gauche, et, traversant la galerie suisse, nous commencions notre promenade dans le salon autrichien par la muraille de gauche.
L'Autriche n'était pas très-bien partagée : on trouvait généralement son exposition inférieure à celle de la Prusse; cependant on y remarquait quelques bons tableaux : 33 artistes avait exposé 52 toiles.
M. Eybl, de Vienne, avait envoyé un type de Vieille paysanne de la basse Autriche (12), assez remarquable, appartenant au Musée impérial de Vienne.
M. Jérôme Induro, de Milan, était le peintre de genre le plus en renom en Autriche ; son talent était très original; on retrouvait dans ses petits tableaux l'esprit d'observation qui distinguait l'école anglaise. Son Soldat suisse (2206), ses Musiciens (2207), sont de vrais petits chefs-d'œuvre.
Le Navire doublant le cap Horn (2217), par M. Riccardi, de Milan ; la Visite du duc de Milan à Léonard de Vinci, au couvent des Dominicains (2187), par M. Cormenti, de Milan ; la jeune Italienne émigrée, pressant sur son cœur les couleurs nationales (2174), par M. Appiani, de Milan; le Carnaval à Rome (0), par M. Caffi, de Venise; la Chaire de la cathédrale de Milan (2183), par M. Bisi, de Milan ; le Forum de Rome (10), par M. Caffi; la Quête (2198) et les Contrebandiers (2202), par M. Dominique Induno, de Milan, assuraient à l'Italie autrichienne un avantage incontestable.
- On remarquait cependant un Effet d'hiver dans la forêt de Bukong, en Hongrie (25), par M. Van-Haanen, de Vienne ; Charlemagne visitant une école de garçons (6), par M. Blaas, de Vienne; la Fin de la chasse (22), par M. Gauermann; Albéric de Romano, frère d'Eccelin, tyran de Padoue, se rendant prisonnier, avec sa femme et ses enfants, au marquis d'Este (2190), par M. Hayez.
M. Caffi, de Venise, avait exposé une fort belle Vue de Venise (8); M. Schiavoni, de Venise, une Vénus au bain (2220); M. Arienti, de Milan, une Conjuration des Pazzi; M. Inganni, de Milan, une Fête nuptiale pendant la nuit, dans un village aux environs de Brescia (29), tableau de mœurs très intéressant et d'un effet bizarre.
M. Schlesinger, de Francfort-sur-le-Mein, avait exposé, dans le salon autrichien, la Pénitente (3984), la Chasse aux papillons (3982), les Préférences (3983), la Fiancée (3985).
Nous rencontrons ensuite la Cuisinière (2205), par
M. Jérôme Induno; la Colonne de Porte-Rosa à Milan (2208), par M. Inganni; un grand et beau paysage (218), par M. Frédéric Müller, de Munich ; des Chevaux hongrois au pâturage (186), par M. François Adam, de Munich ; un Portrait très-remarquable (199), par M. Kaulbach ; une Vue de la cathédrale de Magde-bourg (220), par M. Neher, de Munich ; un second Portrait (200), par M. Kaulbach ; des Voyageurs arrêtés devant une ferme en hiver (246), par M. Richard Zimmermann; une Usine dans une vallée du Tyrol (227), par Scheuchzer, de Munich ; un beau Portrait de M. G. de Kaulbach, président de l'Académie royale des beaux-arts à Munich (198), par M. F. Kaulbach.
M. Victor Müller, de Francfort-sur-le-Mein, a envoyé un tableau où se révèlent de grandes qualités de dessin, représentant l'Homme, le Sommeil et le Rêve (3716).
M. Ventadour, de Paris, résidant à Francfort, avait peint avec un assez heureux effet un Cortège de cavalerie allemande aux flambeaux (2159).
Nous devons citer aussi la Desdémone (2164) de M. Bohn, de. Stuttgard; Marie et saint Jean près du tombeau de Jésus-Christ (2170), par M. Schmidt, de Stuttgard; la Sérénade (2163), de M. Bohn; Roméo et Juliette (2166), de M. Karl Müller, de Stuttgard, et enfin la Vivandière (2204), de M. Induno, qui était à la hauteur de ses autres œuvres.

© Guide dans le Palais de l'Industrie et des Beaux-Arts 1855