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Galerie Suisse



Grand-duché de Bade. — En sortant du salon belge, nous prenions à gauche et nous pénétrions dans la galerie suisse, où nous trouvions d'abord l'exposition du grand-duché de Bade. 5 artistes avaient envoyé 10 tableaux. Parmi ces artistes, deux étaient hors ligne : l'un, dont la célébrité était depuis longtemps un fait accompli, M. Win-terhalter, qui avait exposé, parmi les peintres français, un portrait de l'empereur des Français et deux portraits de l'impératrice; l'autre, M. Knaus, qui était appelé à obtenir, cette année, un grand et surtout très-légitime succès.
M. Winterhalter avait exposé seulement un portrait (169) dans cette galerie.
M. Knaus avait trois tableaux qui étaient charmants tous les trois : le Matin après une fête de village (172); un Incendie (171), et un Campement de bohémiens dans une forêt (170). M. Knaus habitait depuis longtemps Paris, ainsi que M. Winterhalter; c'est donc, pour ainsi dire, un peintre français. Nous étions heureux de pouvoir presque revendiquer pour notre pays une célébrité naissante et un talent incontesté.
Etals-Unis d'Amérique. — En face du grand-duché de Bade se trouvait l'exposition des Etats-Unis d'Amérique. Malheureusement, l'Amérique ne conservait pas dans les arts la supériorité que lui assuraient son industrie sans cesse en progrès et son commerce étendu. 9 artistes avaient exposé 36 tableaux.
Une Petite fille à la fontaine (721), par M. Hunt, élève de M. Couture; Franklin plaidant la cause des colonies américaines devant Louis XVI, par M. Healy, de Boston (712), grande toile rappelant un fait très remarquable de notre histoire ; deux Vues des chutes du Niagara, par M. Cranck, attiraient l'attention. Il y avait aussi un portrait peint sur caoutchouc par M. Healy; mais il n'était guère remarquable que parce qu'il révèlait une nouvelle appropriation de cet intéressant produit.
Etats Pontificaux.— Les États Pontificaux étaient à côté de l'Amérique. Rome était représentée par un fort petit nombre d'artistes : 7 peintres avaient exposé 10 tableaux.
Virgile et Dante (667), par M. Bompiani, de Rome : Eve effrayée à la vue du Serpent, qui lui rappelle sa première faute (665), par M. Agnemi, de Rome; la Réconciliation des familles Montaigu et Capulet, en présence des cadavres de leurs enfants (670), par M. Leighton, de Scarbro, étaient les principales œuvres de cette exposition.
Suisse. — Nous parcourrions l'exposition suisse en commençant par la droite de la grande porte d'entrée du centre. Cette exhibition était relativement considérable : 38 artistes avaient exposé 97 tableaux.
Les toiles les plus importantes étaient celles de M. Gros-claude père, du canton de Neufchâtel, mais résidant à Paris. On avait de lui les Petites sœurs de lait (2059), les Bulles de savon (2065), les Buveurs (2065), la Tireuse de cartes (2063), les Joueurs de cartes (2068).
Venait ensuite : le Reposoir des capucins d'Albano (2093), par M. Van-Muyden, de Lausanne; une Foire dans l'Oberland bernois (2054), par M. E. Girardin, de Neufchâtel ; une Halte de chasseurs dans les Alpes (2090), par M. Meuron, de Neufchâtel; Ruth (2087), par M. Lugardon, de Genève; la Famille du condottier (2077), par M. Hébert, de Genève; le Chene et le roseau (2046), par M. Diday, de Genève ; et enfin la Bouffée de fumée (2066), la Madeleine repentante (2058), et le Toast à la vendange de 1834 (2069), par M. Grosclaude, complètaient une galerie où l'on regrettait de ne point voir figurer un homme de talent, M. Calame, paysagiste, de Genève, et une de nos illustrations artistiques, M. Gleyre, que la France revendiquait pour son enfant, et dont un chef-d'œuvre, le Soir, était exposé au Musée du Luxembourg.

© Guide dans le Palais de l'Industrie et des Beaux-Arts 1855