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Salon Belge



Belgique (suite). — Au milieu de ce salon, qui entièrement consacré à la Belgique, on avait placé le portrait en pied du roi des Belges, par M. Geefs (491) .
La première toile qui frappait nos regards était de M. Thomas, de Malmédy (Prusse) : Judas errant pendant la nuit de la condamnation du Christ (427). L'Intrus (415), par M. Joseph Stevens, était une charmante scène où figurait son héros favori, un chien. Venait ensuite : l'Ecole de village (380), par M. de Braekeleer; Vue de Pont-en-Royant (Isère), par M. Fourmois ; la Bataille de Gravelines, en 1558 (451), par M. Van-Se-verdonck, de Bruxelles ; Brebis et agneaux (454), par M. Verboekhoven.
M. Henri Leys, d'Anvers, qu'il ne faut pas confondre avec M. Lies, qui était aussi un artiste fort estimé, avait les honneurs de l'exposition belge; il a restauré la manière des anciens maîtres flamands. Ses tableaux rappellaient les plus charmantes productions du moyen âge qui avaient eu un grand succès. Il avait exposé une scène intitulée : les Trentaines de Bartel de Haze. L'étainier B. de Haze, chef du serment de l'Ancienne Arbalète, décédé en 1512, légua à Notre-Dame son attirail de guerre, qui fut appendu dans la chapelle du Serment.
Un peintre qui jouissait d'une grande réputation très méritée, M. Willems, de Liège, avait exposé une petite figure qu'il intitulait Coquetterie (475) : c'était un charmant tableau, mais ce n'était point son meilleur. A côté de M. Willems, on avait placé la Surprise (416), par M. Joseph Stevens; la Sortie de l'école (279), par M. de Block ; la fileuse grecque (387), de M. Portaels; un Abbé du dix-huitième siècle (275), par feu Coulon ; le Premier jour du dévouement, par M. Alfred Stevens, et un Paysage avec bestiaux (393), de M. Louis Robbe, de Courtray, l'émule dangereux de M. Werboekhoven; enfin, les plaisirs de l'hiver (365), de M. Lies, d'Anvers.
Sur la muraille parallèle à celle que nous venions de parcourir, on remarquait une Vieille bohémienne pré-disant l'avenir à un jeune soldat (366), par M. Linnig, d'Anvers; Napoléon et Marie-Louise visitant le tombeau de Charles-le-Téméraire et de Marie de Bourgogne, à Notre-Dame de Bruges, que l'empereur avait fait restaurer (470), par M. Wallays, de Bruges; Ce qu'on appelle le vagabondage (407), par M. Alfred Stevens;
la Rade de Porstmouth (358), par M. Lehon ; Christophe Colomb découvrant la première terre d'Amérique (340), par M, Hamman ; la Lecture (409), par M. Alfred Stevens.
Le tableau qui avait produit la plus profonde impression de toute l'exposition belge était sans contredit l'Intérieur de boutique de soieries en 1660, par M. Willems (474) ; l'auteur avait montré dans cette œuvre une grâce et une finesse de coloris qui avait dépassé le succès qu'avait obtenu la Vente de tableaux, une des premières productions de M. Willems et une des plus remarquables.
Le Trouble-Fête, scène flamande de la fin du dix-huitième siècle (368), par M. Madou, était un amusant tableau, plein d'humour, qui rappellait le talent de Téniers.
Le Compromis des nobles à Bruxelles (278), le 16 février 1566, par M. de Biefve, était un épisode de l'histoire si tourmentée des Flandres insurgées contre la domination étrangère. On remarquait l'infortuné comte d'Egmont et le prince d'Orange qui s'apprêtaient à signer.
Nous retrouvions M. Portaels avec un tableau étincelant de lumière, et pourtant calme et triste : c'était un Convoi funèbre au désert de Suez, peint d'après nature.
Non loin de là se trouvait le chef-d'œuvre, à notre sens, de M. Leys, qui ne produisait que des chefs-d'œuvre : la Promenade de Faust et de Marguerite (362) : le soleil se couche derrière la silhouette d'une ville du moyen âge, aux tourelles et aux clochetons gothiques. A côté était placés le Nouvel an en Flandre (363), par le même, et la Méditation (410), par M. Alfred Stevens; puis un Marché au poisson en Hollande (449), par M. Van-Schendel, et la Promenade (286), par M. Degroux; enfin, tout au haut de la muraille, se trouvait le portrait (405) de M. Cordelois, le célèbre professeur d'escrime de la liaison dorée, rue Laffitte, à Paris, en costume d'assaut, peint par M. Stapleaux.

© Guide dans le Palais de l'Industrie et des Beaux-Arts 1855