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Galerie Sarde



Etats Sardes. — L'exposition des États Sardes se trouvait dans la galerie à gauche en entrant. Elle comptait 18 artistes qui avaient composé 36 tableaux.
La toile la plus importante de cette exposition était due à M. G. Ferri, de Bologne, élève de M. Delaroche elle représentait un jeune Soldat blessé, renvoyé dans sa famille, apprenant la nouvelle de la mort de son général, l'ex-roi de Sardaigne, Charles-Albert, mort à Oporto (Portugal), le 28 juillet 1849, peu de temps après son abdication (1915). M. Giacomelli, de Venise, a exposé une toile où on remarquait les Portraits du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel, du duc de Gènes, du prince de Carignan et du général la Marmora (1920);M. Gamba de Turin, une Tempête sur la côte de Porto-Venere, à l'entrée du golfe de la Spezia (1917); M. Porroti de Turin, une Vue de Capri et du golfe de Naples (1922).
Belgique. La Belgique était une des nations les mieux représentées à l'Exposition universelle des beaux-arts; elle soutenait honorablement son antique réputation. Les
toiles envoyées étaient nombreuses, quelques-unes étaient très-belles; 108 artistes belges avaient exposé 206 tableaux. La Belgique commencait à la suite de la Sardaigne, dans la même galerie.
Nous citerons les œuvres les plus remarquables, en suivant l'ordre dans lequel elles se présentaient aux visiteurs. Nous trouvions d'abord :
Le Lendemain du bal, par M. Ch. Wauters, d'Anvers ( 473); Godefroy de Bouillon à l'assaut de Jérusalem, en 1099, par M. Verlat, d'Anvers (460), appartenant au gouvernement belge; un Clair de lune, par M. Winter, d'Anvers (304).
Nous trouvons plus loin la Promenade, de M. Lies, d'Anvers (364), une toile assez estimée.
Venait ensuite : le Dernier adieu, par M.- De-groux, de la Flandre occidentale ( 284 ) ; la Sieste, par M. Alfred Stevens (411), un des peintres les plus distingués de la Belgique; le Pain et le Vin (395), par M. Robie, de Bruxelles; le Philosophe sans le savoir, de Rabelais (418) : c'est un chien rongeant un os, par M. Joseph Stevens, le frère de M. Alfred Stevens, son frère aussi par le talent. M. J. Stevens avait exposé, il y a deux ans, un tableau qui avait obtenu un grand succès, des Chiens traînant un chariot, chargé de sable, avec cette épigraphe : « Un métier de chien. » Il avait été exposé, en dernier lieu, dans le salon belge. La Fête au château (369), par M. Madou, de Bruxelles; une Synagogue (435), par M. Van-Hove Hubert, de la Haye (Hollande) ; Souvenir du château de Petersenne (291), par M. de Knyff, de Bruxelles; le Nouveau seigneur (272), par feu Coulon, de Nivelles (Brabant), élève de M. E, Isabey; le Premier cheveu blanc (273), par le même; une Vue de la plage de Blankenberghe (360), par M. Lehon, du Hainaut ; la Digue de Westcapelle un jour de kermesse (308), par M. Dillens, de Gand; ce tableau appartient au roi des Belges.
M. Ch. Wauters avait envoyé une grande toile (471), représentant la Lecture de l'arrêt de mort prononcé contre le baron de Montigny, au château de Simancas (Espagne), par ordre de Philippe II; c'est un souvenir
de l'occupation espagnole. Cette toile était d'un très-bel effet.
Nous retrouvions un souvenir de la Campine ( frontières de Hollande), de M. de Knyff (290) ; un Attelage sortant des carrières (432), par M. Van-der-Vin, de Gand; un Marché à la Haye, avec un effet de nuit, par M. Van-Schendel, que les Français prononcent vend chandelles, parce que cet artiste, d'un grand mérite du reste, avait la spécialité des effets de lumière.
M. J. Stevens avait exposé une toile charmante représentant un Episode du marché aux chiens de Paris (413).
Nous traversons maintenant la galerie sarde, pour reprendre l'école belge, sur la muraille opposée a celle que nous venions de parcourir.
Nous retrouvions M. Van-Schendel, qui a peint une Vue de Rotterdam, avec effet de lune et de lumière (448); M. Bossuet, d'Ypres, un Souvenir du lac des Quatre-Cantons (399); puis venait un portrait de Mme Léontine Fay-Volnys, par M. Alexis Fay, son gendre, résidant à Bruxelles (319); un Intérieur de forêt, par M. Kuyten-Brower, de Bruxelles (350); le Jour de Saint-Thomas (281), par M. de Brackeleer, d'Anvers, tableau appartenant au roi des Belges; Adrien Villaert, de Bruges (341), faisant exécuter une messe en musique de sa composition, la première, dit-on, qui ait été faite, tableau appartenant au gouvernement belge, par M. Hamman, d'Ostende ; un Paysage (322), par M. Fourmois, de Namur; une Maison de charité à Malines (423), par M. Stroobant, de, Bruxelles.
M. Verboeckhoven, le peintre d'animaux le plus célèbre de la Belgique avec M. Robbe, avait exposé une Bergerie campinoise (453). , .
M. Portaels, de Bruxelles, élève de M. Delaroche, avait exposé plusieurs toiles d'un grand mérite. C'est un artiste d'un talent sérieux, digne à tous égards de la réputation que ses œuvres lui ont acquise. Son exposition, cette année, avait beaucoup attiré l'attention. La Caravane en Syrie surprise par le simoun (385) était une fort belle chose. M. Portaels a vu ce qu'il a peint. A côté de ce tableau étaient deux ravissantes figures : une Juive de l'Asie Mineure (389), une Jeune femme des environs de Trieste (388) ; le Suicide de Judas (384) était un drame sombre et terrible, largement exécuté.
M. Daems, de Bruxelles, nous avait représenté un Hal-lebardier en 1040 (277); M. Dillens, un Tournoi de bagues (306); la Bonne mère (417), par M. J. Stevens, était à côté ; puis nous rencontrons un beau tableau par M. Mathysen, d'Anvers, peintre très-estimé, représentant la cour des Miracles, à Paris, pendant le moyen âge. On y remarquait Coquillard (le faux pèlerin) et Malingreux (celui qui simule des ulcères). M. Mathysen avait déjà obtenu un grand succès à l'exposition universelle de Bruxelles, en 1851, avec un tableau du même genre très-heureusement exécuté.
Nous terminerons cette galerie par le Souvenir de la patrie, de M. Alfred Stevens, une des premières œuvres de cet artiste, et ce n'est pas la moins bonne.
Nous allons tourner à gauche, pour entrer dans le salon belge.
Quelques statues étaient exposées dans cette galerie : nous remarquions, entre autres, un bronze fort beau de M. E. Cabuchet (4264), représentant Saint Vincent de Paul. Outre une ressemblance exacte, l'artiste avait su donner à ce vénérable pasteur une heureuse expression de physionomie.
En suivant cette galerie jusqu'au fond, on rencontrait plus tard quatre sculptures que nous allons gnaler dès à présent ; c'étaient ;
Le baron Larrey (4560), par M. Robinet, de Paris
Buffon (4355), par M. Dumont, de l'Institut;
Mahé de la Bourdonnais (4563), par Rochet;
Hercule (4250), par M. Bonheur.

© Guide dans le Palais de l'Industrie et des Beaux-Arts 1855