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Vestibule



Villes hanséaliques et Saxe. — A gauche en entrant dans le vestibule, on trouvait d'abord l'exposition peu nombreuse des villes hanséatiques et de la Saxe; il y avait cinq ou six tableaux à voir : les Peintres en récréation dans un atelier, de M. Geusler, de Hambourg ( n° 2146 un Marché aux poissons, par Mlle Wolfhagen, de Dresde (1947); le Songe de Faust, par M. Schuback, élève de Cornélius (2155); une Vue du lac de, Wurmsee, par M. Hermann, de Hambourg (2150); enfin deux Effets de neige, par M. Kauffmann, de Hambourg (2151-2152)
La Toscane se trouvait aussi de ce coté; elle était encore bien pauvre. Que sont devenus les beaux jours de l'art florentin? Une Eve pécheresse, de M. Bezzuoli (2136) le portrait en pied d'un cardinal, par M. Mazzochi .
Bellucci (2139); une copie d'après Fra Angelico (2140), formaient à peu près toute son exposition.
La Suède était encore dans le vestibule, en face de nous, à droite quand nous entrions. Cette exposition renfermait des peintures remarquables, surtout par les mœurs qu'elles nous révèlaient. La Suède et la Norvège avaient été peu décrites par leurs littérateurs ; c'étaient les peintres qui nous les font connaître.
M. Kiorboë avait peint une Course de trotteurs sur un lac de Suède (1982); M. Bergh, de Stockholm, des Paysans suédois se rendant en traîneau à la messe de Noël (1966); M. Nordenberg, de Bleking, un Invalide suédois racontant les épisodes de sa vie militaire (1982); M. Larson, de Stockholm, une Pèche aux tombeaux (1979); M. Hockert, de Jôn Kôping, un Prêche dans une chapelle de la Laponie suédoise (1970). Cette toile, exécutée avec un talent remarquable, avait attiré l'attention des artistes et des amateurs.
Nous remarquions, dans la Norvège, quelques tableaux du même genre :
Des Funérailles dans la campagne de Norvège, par M Tidemand, une des renommées artistiques de la Norvège (2023) : les personnages portaient le costume national du dix-huitième siècle; une Vue prise dans les hautes montagnes de la province de Bergen, par M. Gude, de Christiania, professeur à Dusseldorf (2015); une Vue prise dans la vallée de Marie, près Christiania, par M. Dahl, de Bergen (2011).
L'exposition du Danemark suivait immédiatement celle de la Norvège. On y remarquait deux fort belles marines, par M. Melbye, de Copenhague, décoré en France l'année précédente : elles représentaient un Vaisseau de ligne danois, vent arrière, et un Combat naval entre les Danois et les Suédois, en 1677 (529, 530). La Hesse électorale et la Hesse grand-ducale avait deux tableaux dus au pinceau d'un seul peintre. M Bassel, de Darmstadt : le Médiateur (1512) et la Saisie(1513).
Le Pérou était représenté par deux artistes, M. Laso et M. Merino, de Lima. M. Laso, élève de M. Gleyre, avait exposé une des toiles remarquables du salon, représentant un Habitant des Cordillères (1654) ; M. Merino avait exposé une Halte d'Indiens péruviens (1651) qui était aussi très-intéressante.
On avait exposé dans ce vestibule, sans numéro, une charmante toile de M. Gérôme, peintre français, élève de M. Delaroche, intitulée : un Souvenir du Danube en 1853. Ce tableau, qui avait été admis par ordre après l'ouverture de l'Exposition, représentait des Russes au camp prenant leur récréation : ils chantaient en rond, tandis qu'un de leurs camarades exécutait, au milieu du cercle une danse fantastique; un sous-officier se promènait entre les groupes, le knout à la main, prêt à stimuler ceux qui ne paraîtraient pas assez joyeux. Ce tableau avait le double mérite de l'actualité et d'une grande exactitude. M. Gérôme avait peint ce qu'il avait vu.

© Guide dans le Palais de l'Industrie et des Beaux-Arts 1855