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Jardins de Garcia de Orta


Jardins de Garcia de Orta à l'exposition de Lisbonne 1998

© Expo'98
Architecte(s) : J Gomes da Silva, L Cheis, R Salema, I Norton, J Adriao

Les Jardins Garcia de Orta forment un prolongement de la Promenade en bordure du Tage, et aboutit à la zone des restaurants et à l'Espace International Nord.

Ces jardins successifs sont au nombre de six, chacun ayant 25 mètres de large. Les plantes, qui ont été choisies pour ces différents jardins, recréent l'ambiance végétale des diverses contrées parcourues par les Portugais dans leurs voyages à travers les océans: Macao, Goa, Timor, Mozambique, Sào Tome et Principe, Cap Vert, Madère, Brésil, et la Baie de Moçâmedes en Angola. Il s'agit, en tout, de 400 espèces différentes offertes par les régions et les pays qui ont adhéré au projet.

Ces jardins représentent, en définitive, un pavillon à ciel ouvert et ils célèbrent les échanges botaniques, comme partie intégrante d'une autre aventure plus ample, celle des Découvertes. Ils sont symboliquement associés au nom du médecin et botaniste portugais Garcia de Orta (1501-1568), l'auteur de Colôquios dos Simples e ùrogos e Cousos Medicinais da îndia qui a vécu en Inde pendant 30 ans et où il a compilé le premier registre occidental de plantes orientales.

Le choix de la végétation est un travail d'ensemble entre l'Institut Supérieur d'Agronomie, l'Institut de Recherche Scientifique et Tropicale ainsi que des botanistes des régions et des pays représentés. La coordination du projet a été assurée par l'architecte paysagiste Cristina Castel-Branco et le dessin des lacs, des pavements, des murs et des fontaines est de la responsabilité des architectes Joao Gomes da Silva et Inès Norton de Matos.

Les matériaux de chaque jardin ont été étudiés pour suggérer les régions et les pays représentés: du bois dans le «pavillon du thé» à Coloane, de la ponce rouge et du basalte des volcans des flçores ou du sable des déserts africains.

Le jardin de Timor est le premier, et comme hall d'entrée il est très simple:
il raconte l'histoire du santal qui recouvrait jadis l'île de Timor et il parle aussi des plantes qui se sont si bien adaptées au climat portugais, comme par exemple l'eucalyptus et la casuarina.

La végétation de Macao, de la forêt tempérée et chaude, est dense, dominée par des arbustes (Tetropox, Melastono,...), partiellement recouverte par des arbres (Gingko bilobo, Magnolia stellata, Bombax ceiba) et marquée par des massifs de bambous. Le parcours se fait sur des plates-formes en bois, l'une d'entre elles formant un pont qui franchit le lac où du riz a été semé.

Le jardin de Goa possède, au centre, un bassin en marbre recevant de l'eau à partir d'un canal qui traverse cet espace. Un portique à claire-voie de bois permet d'apprécier l'ensemble du jardin où l'on remarque les orangers rapportés de Chine par les Portugais et acclimatés à Goa avant leur entrée en Europe. Une rangée de Caryotas urens (palmier) lui donne un caractère tropical.

Le jardin qui contient la végétation de Sào Tome (forêt dense et humide) présente tout d'abord la méliguette et est recouvert d'une structure servant à faire de l'ombre; des rangées de bananiers et la Logenaria.

Entre Sào Tome et Principe et le Brésil, coule une cascade à trois pans d'eau verticaux. Cela fait déjà longtemps que les plantes du Brésil se sont intégrées dans la végétation ornementale de Lisbonne; c'est le cas des bougainvilliers, des jacarandas, des Chorizi et des Tipuanas. On y trouve aussi d'autres plantes à forte floraison et humidifiées par nébulisation.

La végétation macaronésique (Açores, Madère et Cap Vert) est rassemblée dans un seul jardin. Dans un premier espace représentant la flore des deux Régions Autonomes (flçores et Madère), se détachent les théiers venus de la plantation de Gorreana de l'île de Sâo Miguel. L'entrée sud du jardin est marquée par des massifs d'arbustes à feuilles persistantes. Les petits murs de séparation en basalte rappellent le paysage de l'archipel et abritent la canne à sucre, le tabac et les hortensias. Un fossé, franchi par des passerelles, délimite la frontière symbolique avec la végétation du Cap Vert où se détachent le Phoenix atlantica, l'Indigo et l'Aloe vera.

Dans le jardin réservé à l'Afrique, sont représentées la végétation de la forêt claire à feuilles caduques, typique de la côte orientale et venue de l'île d'Inhaca ainsi que la steppe des déserts de Moçâmedes avec des graminées et des cactus. Les chaussées sont recouvertes de sable jusqu'aux grandes dalles du désert, unies par des couches alternées de pierre noire et rougeâtre.

©Expo'98