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Jardin Flamand des Quatre Saisons


Jardin Flamand des Quatre Saisons à l'exposition de Bruxelles 1958

© Expo58

Tout s'est toujours passé dans les pays lourds de traditions comme si de mystérieuses correspondances guidaient, de siècles en millénaires, ceux qui doucement composent les jardins : les écrivains, les musiciens, les peintres et les sculpteurs.

C'est jusqu'à la Perse antique qu'il faut remonter pour trouver l'origine du jardin à parterres compartimentés. Ce pays, en effet, était pauvre en eau et, par là même, en fleurs; les jardiniers persans construisirent, dès lors, des canaux d'irrigation, dont le tracé en forme de croix délimita les quatre premiers parterres fleuris.

Cet aspect compartimenté du jardin, on le retrouve dans nos pays au moyen âge, dans les préaux des monastères et dans leurs jardins potagers. Ceux-ci, à la fin de l'époque féodale, s'ornèrent de dessins de buis. « C'est dans le dessin du parterre que l'artiste devait déployer toutes les ressources de son imagination; c'est là qu'il devait multiplier les arabesques, les chiffres entrelacés, les figures héraldiques, les allégories flatteuses.

C'est là aussi que le jardinier, chargé de peindre cette broderie, devait prodiguer et disposer savamment les couleurs de sa palette — nous voulons dire les fleurs de ses pépinières — et que se posait le problème de la composition ».

Les temps meilleurs de la Renaissance permirent aux jardins de prendre plus d'ampleur, mais du moyen âge, ceux-ci gardèrent et leur aspect compartimenté et leurs parterres à broderie de buis. Ces différentes caractéristiques se retrouvent dans le jardin Flamand des Quatre Saisons, inspiré d'un tableau de Vredeman de Vries, théoricien de la Renaissance dans nos pays; ce jardin ne prétend cependant pas faire revivre une quelconque réalisation antérieure.

Un long miroir d'eau représente l'hiver dans sa beauté dépouillée. Une galerie voûtée, tel un cloître, entoure de son silence cette scène désertée par la vie. Des tulipes blanches, plantées sur le pourtour du bassin, attendent sagement le réveil de la nature.

Nous trouvons le tableau de ce réveil au jardin voisin, celui du printemps. Ici, la galerie enclot un délicieux jardin tout bruissant de vie; une fontaine chante entre deux parterres, où tulipes vives, myosotis et doroniques marient le rouge au jaune, et le jaune au bleu.

Au jardin d'été, l'eau de la fontaine s'est faite plus abondante, dans un air plus chaud; elle se répand au sol, court entre quatre parterres où la rose prédomine, sur un fond jaune et bleu.

Le tableau, qui nous est proposé pour l'illustration de la saison d'automne, s'inscrit dans des tonalités violettes, jaunes et blanches; la fontaine diffuse un léger brouillard entre deux parterres à broderie, qui invitent à la méditation le promeneur attardé.

© Rapport Général sur l'Exposition Universelle de Bruxelles 1958