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Hachette


Hachette à l'exposition de Paris 1937

© G. Leyckam
Architecte(s) : Douay

Dans cette capitale synthétique de l'Univers qu'a été pendant l'année 1937 l'Exposition des Arts et Techniques, les MESSAGERIES HACHETTE n'ont pas limité leur participation à la simple « représentation » d'un stand ou d'un
pavillon.

Fidèles à leur rôle essentiel qui est de mettre en évidence et de diffuser tout ce qui est «papier imprimé», elles édifièrent dans les endroits de grande circulation—de la Concorde à l'Aima et du Trocadéro à l'Ecole Militaire; au Centre Rural, aussi bien qu'au Centre Régional, à l'Ile des Cygnes et au Parc des Attractions — des kiosques et comptoirs de vente-dont la couleur verte — devenue aujourd'hui classique — et les vivants étalages firent aussitôt partie intégrante de l'Exposition.

Là, le public a pu se procurer tous les journaux de Paris, de Province ou de l'Etranger, ainsi que des livres, les cartes postales, plans et guides officiels de l'Exposition, des articles de papeterie et enfin, l'assortiment complet des
tabacs français et étrangers.

Ce réseau de postes de vente était complété par des vendeurs qui, poussant de légers chariots chargés de cartes postales, de plans et de guides, apportèrent dès le premier jour, leur vie active et très « parisienne » en marge du grandiose décor où ils étaient appelés à évoluer.

Vendeurs, vendeuses, encaisseurs, inspecteurs, livreurs, motocyclistes, c'est au total plus de deux cents personnes qu'il fallut pour organiser ces services. Ainsi, les MESSAGERIES HACHETTE ont montré ce qu'elles pouvaient faire dans un cas aussi particulier qu'une Exposition Internationale.

Ce qu'elles sont, comment elles travaillent, on le voyait dans leur Pavillon, à l'angle du Cours la Reine et du Pont Alexandre III, ainsi que dans leur stand du Palais de la Presse.
Au rez-de-chaussée du Palais de la Presse, tout contre le Cabinet de Théophraste Renaudot, patron du journalisme moderne, avait été installée une « travée », c'est-à-dire une portion minuscule des services d'expédition installés rue Paul-Lelong — au cœur de Paris — et d'où partent chaque jour vers les moindres localités, journaux et périodiques français et étrangers. On y voyait les dispositifs mécaniques qui servent à la manipulation de ce que, prenant le contenant pour le tout, on nomme tout simplement en terme de métier « le papier » Des cases à moitié remplies correspondant chacune à un poste de vente, des comptoirs cirés par l'incessant frottement des paquets, des mannequins grandeur nature représentant les manutentionnaires surpris dans leurs gestes familiers ajoutaient encore à l'exactitude de la reconstitution.

A quelques mètres de là, sous un vaste planisphère et derrière un long comptoir aux lambris d'acajou, des vendeuses — bien vivantes celles-là — tenaient à la disposition des visiteurs tous les journaux et publications diffusés dans le pays.

Quelques mots à présent du Pavillon Hachette sommé d'une agréable terrasse d'où l'on découvrait une des plus belles vues de l'Exposition sur la Seine et le Pont Alexandre III.

Dans des vitrines illuminées, dans l'éclat du nickel, étaient exposés tous les articles mis en vente par les Messageries Hachette : journaux et publications, librairie populaire et librairie tout court, livres de luxe et ouvrages en langues étrangères, manuels scolaires, etc.. Un peu plus loin les papiers à lettres, les encres aux ingénieux flaconnages, les portemines multicolores, boîtes de compas et boîtes d'aquarelles ; ailleurs encore, les jouets éducatifs et articles divers.

Face à l'entrée et disposées en éventail, trois confortables salles de cinéma où sans relâche étaient projetés trois films documentaires différents : LA RUE DU PAPIER, MESSAGERIES DE LIVRES et LA PAPETERIE AUX MESSAGERIES HACHETTE. Pendant de longs mois, le public s'est plu au spectacle des trois volets de ce mouvant triptyque : confection et diffusion d'un journal ; naissance, diffusion et mise en vente d'un livre; fabrication et distribution des articles de papeterie.

Sur ces écrans ce fut, chaque jour exposée, la vie jusqu'ici peu connue du grand public, fiévreuse, passionnante, de la Presse et de l'Edition. De la salle de rédaction aux camions, cyclistes et crieurs; du cabinet de l'écrivain à la vitrine du libraire,.de la matière première à l'objet présenté à l'acheteur en passant par l'imprimerie, par les bureaux de l'éditeur, par l'usine et l'atelier de l'artisan, par les architectures sobrement modernes de l'annexe « Javel »des Messageries Hachette, par les Services d'Abonnements de la rue du Sentier, par les 52 annexes parisiennes, etc..

Ces trois films révèlent au public tout ce qu'il faut d'efforts, d'ingéniosité et d'organisation pour parvenir à « sortir » un journal, à présenter le dernier « vient de paraître », à mettre en vente une boîte de papier à lettres ou un stylographe. Roman aux multiples épisodes et aux mille et une images, mais aussi, précieux « documentaire » avec ses chiffres singulièrement éloquents : 8.000.000 de quotidiens et de périodiques distribués chaque jour — 160.000 tonnes d'imprimés « traités » chaque année — 44.000 postes de vente — quotidiennement encore : 325 trains utilisés; 428 voitures automobiles parcourant plus de 23.000 kilomètres; 397 cyclistes; 22.000 factures, 11.000 lettres reçues ou expédiées et, pour assurer cet énorme volume de travail : 8.397 employés.

De pareils chiffres suffisent sans autre développement pour exprimer la somme d'efforts dépensés par les MESSAGERIES HACHETTE pour la diffusion de l'information mondiale et de la culture intellectuelle.

© Livre d'Or de l'Exposition Internationale de Paris 1937