Grande exposition universelle des travaux de l'industrie de toutes les nations - Londres 1851

Industrie de toutes les Nations

1er Mai 1851 - 11 Octobre 1851


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Transept

Transept à l'exposition de Londres 1851

C'est au milieu de l'édifice que se trouve le Transept ; il sépare l'Exposition anglaise des autres parties. Au-dessus, et comme en dôme, sont des verres bleuâtres qui jettent sur l'intérieur une lueur douce, tendre, et presque fantastique par les jeux de reflets qui semblent tomber de la voûte.

Au milieu s'élèvent, avec toute leur luxuriante audace, deux arbres qui n'atteignent pas le sommet et qui se déploient orgueilleusement, en étendant leurs ombres sur la foule.

Auprès des arbres s'enlacent des plantes tropicales qui ont conservé toute leur verdure et leur beauté.

Trois fontaines d'eau jaillissante sont placées de distance en distance et rafraîchissent les promeneurs.

Des groupes de sculpture sont habilement répartis sur cette longue promenade.

On y remarque :
1° La statue équestre de la reine Victoria ;
2° Celle du prince Albert ;
3° Un Guerrier du temps de Cromwell ;
4° Enfin l'Amour et Psyché ;
Et enfin plusieurs autres morceaux de sculpture très-remarquables.

Un grand nombre d'objets de diverses nations y sont exposés. D'abord, de l'Orient, les étoffes des Indes se déploient avec goût, ça et là, étendues, attachées, et formant des noeuds dont les bouts retombent avec une grande élégance.

De vastes armoires, richement ornées, renferment des tissus qui sont en vue des visiteurs.

Puis, non loin des étoffes, on voit des barques indiennes, des filets, un attirail complet de pêche et de navigation.

Dans une des parties latérales du Transept, où commence l'Exposition des produits anglais, on peut remarquer des étoffes anglaises.

Non loin de là s'élèvent des statues en bronze, en marbre, parmi lesquelles on admire celle de Vénus désarmant l'Amour.

Une barque de sauvetage en cuir, des modèles de petites embarcations du Canada, des modèles en caoutchouc attirent l'attention.

Enfin quelques objets exposés par la Chine se trouvent placés comme pour orner le Transept.

Il est impossible de se faire une idée de la surprise que l'on éprouve en entrant dans le Palais de Cristal; mais c'est surtout au Transept que l'admiration s'exprime haut et sans contrainte.

Nous avons appris avec un plaisir que nos lecteurs partageront sans doute, que bientôt M. Albert Lenoir, un de nos architectes les plus éminents, va faire retrouver au Bazar Bonne-Nouvelle, en nature, et par un effet d'optique qui ne laissera rien à désirer à l'illusion, une vue du Palais de Cristal.

Nous avons pris nos mesures; et nous publierons très-prochainement une vignette faite avec le plus grand soin qui représentera le Transept exposé en polyorama.

Le plan que l'habile architecte a choisi est fait pour laisser à l'esprit une confiance entière : on se croira transporté au Palais même de Londres.

L'architecte place le public dans une des travées qui conduisent au Transept ; et l'on voit devant soi se développer hardiment cette belle partie de l'Exposition.

Quant à l'extérieur, que représente avec exactitude notre vignette, il est aisé de voir avec quelle audace se produit cette immense façade de l'édifice.

C'est là que s'amoncelé la foule si curieuse que toutes les parties du monde ont envoyée à cette fête de l'industrie; c'est là que se développe, dans toute son expression, une sympathie unanime pour la pensée première, avant que la foule n'entre et ne vienne admirer au dedans les produits du dehors; c'est là, enfin, que cette industrie qui s'unit de tous les points du globe réalise, en principe, l'alliance des arts et de l'industrie qui, sur le seuil même du Palais, à l'extérieur du Transept, se lie d'avance par l'expression d'une admiration commune.

© Palais de Cristal – Journal Illustré de L’Exposition de 1851