Grande exposition universelle des travaux de l'industrie de toutes les nations - Londres 1851

Industrie de toutes les Nations

1er Mai 1851 - 11 Octobre 1851


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France

France à l'exposition de Londres 1851

Des bronzes. — Des moeurs intimes de l'Exposition. — Des télégraphes électriques dans l'intérieur du Palais. — Froment Meurice et Mortimer. — Œuvres d'art: Clesinger, Pradier.

Tout le monde s'accorde, à Londres, pour admirer la partie de l'Exposition française qui comprend les bronzes, et en particulier, les pendules. On sait quelle supériorité ont acquise en ce genre les Denière, les Susse, les Duponchel : examinons les divers fabricants qui ont marché sur leurs traces et qui ont conquis le premier rang.

M. Victor Paillard est un de ces fabricants, tels que nous aimons à les voir se produire : C'est l'ouvrier devenu artiste; commençant par des études de peu d'importance d'abord, et s'élevant graduellement, par l'amour de l'art, à faire faire un pas à l'Industrie.

Nous ne saurions faire de cet exposant un éloge plus digne de lui, qu'en empruntant au rapport de M. Léon Feuchères sur lui l'appréciation suivante :
« Elève de Chenavart pour l'art, et de Martinot, ciseleur habile, pour la fabrication du bronze, M. Victor Paillard a commencé sa carrière industrielle par un établissement de petits bronzes connus sous le nom de presses ou serre-papiers. Le mérite déjà appréciable qui ressortait de ces productions modestes, lui valut l'entrée comme premier chef d'atelier dans la grande fabrique de M. Denière père. Après sept années d'une direction aussi habile qu'intelligente, jointe à une assiduité rare et à une probité incontestable, M. Victor Paillard fonda seul une maison qu'il porta en peu de temps au plus haut degré de la fabrication bronzière. Pour la première fois, il parut à l'Exposition de 1839, et tout d'abord conquit une médaille d'argent; en 1844 une nouvelle médaille d'argent vint récompenser de nouveaux efforts et de nouveaux succès.
En 1849, M. Paillard fut jugé digne de recevoir la médaille d'or. »

Malheureusement, il a cru devoir ne se présenter cette année qu'escorté de sa renommée et il n'a exposé que des objets qui n'avaient pas été travaillés pour l'exposition de 1831. Peut-être, il faut le dire, l'appel qui a été fait à l'industrie aurait il dû saisir plus tôt les futurs exposants; et c'est une chose digne de remarque que l'industrie, prise en quelque sorte au dépourvu, ait produit les chefs d'oeuvre que l'on admire à Londres.

Cela prouve que le travail dans les pays où la propriété industrielle tend à prendre une base solide, est incessant, n'attend pas pour produire une occasion déterminée, et, dans un moment de surprise, arrive toujours à temps.

Voici les principaux objets exposés par M. Victor Paillard :
Un grand candélabre Louis XIV. Un enfant en bronze est posé sur le socle doré, comme dans les grands chandeliers d'église. Il porte un cornet duquel sort un bouquet de dix-sept lumières. Ce morceau est beau d'ensemble et d'une exécution large. Il a été exposé en 1849.

Une pendule couronnée d'enfants jouant avec des oiseaux, sculptée par Charles Yon, dans le goût de la belle époque de Louis XV. Les candélabres, de même style, qui l'accompagnent, sont fabriqués avec un grand soin et dorés, les figures au demi-mat, les ornements à l'or moulu. Exposée en 1844.

Une jolie pendule renaissance et deux candélabres.
La pendule est composée de deux figures de femmes couchées, entre lesquelles s'élève un petit vase. Elle a été exposée en 1841. Les candélabres ne sont guère en rapport avec elle, bien que les ornements du bouquet et du socle présentent une grande analogie avec la décoration employée dans la pendule.
On reconnaît, en effet, au modelé des figures la manière Louis XVI ; aussi ne sont-elles autres que les enfants aux cors de chasse que l'on voit dans le musée de Sèvres.

La charmante petite pendule de l'Ange au clavecin, par Sauvageau, exposée en 1849. Ce petit groupe en bronze argenté, tout plein d'un gracieux sentiment, est monté sur un socle de marbre noir, et accompagné de deux jolies vases-candélabres bien en rapport avec la pendule.

Un beau groupe de Daphnis et Chloé, par Jean Feuchère, exécuté en bronze d'une manière dont l'artiste doit être pleinement satisfait : exposé en 1849.

Un groupe de deux Amours se disputant un coeur.
Ce morceau a été fondu sur un vieux biscuit de Sèvres: exposé en 1849.

Un bénitier, dont la coquille est supportée par deux anges de bronze: exposé en 4844.

Une réduction de la Sapho de Pradier, bronze argenté, qui date de 1848.

Une paire de vases Louis XV, en porcelaine tendre, ornés de peintures modernes. Ces vases sont montés en bronzes dorés. 11 est à regretter que le style des bronzes ne soit pas assez pur, et que les peintures n'aient pas le caractère du vieux Sèvres.

Enfin, une très-grande pendule à girandoles, dans un style composé, qui n'est ni renaissance, ni Louis XIV, ni Louis XV, mais qui n'en est que plus louable, en ce qu'elle porte le caractère particulier de l'ornement au dix-neuvième siècle. Entre tous les objets exposés par M. Paillard, cette pendule est, sans contredit, ce qu'il y a de mieux exécuté. La monture en est très-recommandable, et la ciselure porte partout la trace évidente d'une main savante et exercée.

Ces deux derniers objets seulement n'ont jamais été exposés. Au reste, ce n'est pas seulement à M. Paillard que doit s'adresser ce reproche, et nous ne doutons pas que, si le temps eut été suffisant, nos fabricants de bronze n'eussent été prêts et n'eussent livré de nouvelles oeuvres. On comprend, en effet, la différence qu'il y a entre cette partie d'e l'industrie et beaucoup d'autres.

Les fabricants de meubles, d'étoffes, les constructeurs de machines même, sont forcés d'avoir sans cesse leurs ateliers en travail : la nouveauté, le progrès dans la science, leur commandent une préoccupation incessante, que rien ne doit ralentir et qu'aucune occasion ne doit activer.

Tandis que l'art de bronzier qui a produit plusieurs modèles, ne peut, au caprice de la mode produire sans cesse du nouveau : Il lui faut un certain temps pour l'écoulement de ses oeuvres : C'est-là un des principaux obstacles à l'innovation dans leur production.

Voici la liste des oeuvres de quelques-uns d'entre eux :
M. Vitoz expose : L'Amour tourmentant l'Ame, par Chaudet.

Benvenuto Cellini et Bernard de Palissy ; Satan vaincu; la Poésie; la Musique; la réduction de Spartacus de Foyatier; Michel-Ange, etc., par Jean Feuchère.

Trois Enfants portant des raisins; la Pendule des Trois heures du jour, grand modèle, avec candélabres assortis, composés d'enfants portant des gerbes de lumières, par Pascal.

La Fortune éveillant un enfant endormi sur le bord d'un puits, par Pradier.

Centauresse et Faune, d'après le plâtre de Courtet, exposé en 1849 dans l'orangerie des Tuileries.

L'Amour préludant sur la lyre ; l'Amour préludant sur la flûte; l'Amour réparant son arc; l'Amour préparant ses traits ; le Chant divin par Lemire.

Daphnis et Chloé, par Cayrard.
Chasseresse indienne, par Cumberworth.
Scène du Déluge, par Jacquet, de Bruxelles.
L'Amour captif, de Faikiu, également de Bruxelles.

Nous devons signaler un fait qui est tout à la gloire de notre pays, bien que nous ne puissions en attribuer l'honneur aux artistes mêmes qui en sont la cause. Depuis plusieurs années, les artistes français ont passé le détroit et ont trouvé chez nos voisins des ressources qui, en les enrichissant, sont devenus pour les Anglais un moyen très-efficace pour le progrès des arts industriels.

C'est, ainsi qu'un habile statuaire qui avait entre autres objets sortis de son ébauchoir, fait presque tous les modèles qui ornent l'hôtel splendide de M. de Rothschild, M. Jeannest, a quitté Paris, il y a bientôt dix ans, et a enrichi plusieurs maisons de l'Angleterre de ses oeuvres.

M. Combette, dont le nom est très-connu dans l'orfèvrerie, est un des principaux artistes à qui est due la réputation de la maison Carrard de Londres: et, cette année, on aurait dû voir à l'Exposition un vase de toute beauté qui est encore, à l'heure qu'il est, (et l'on se demande pourquoi ? ) dans les ateliers de cette maison.

Nous en dirons de même de MM. Storr et Morlimer, qui, du moins, n'ont pas négligé d'exposer cette année le bouclier de Vechte.

Au reste, ce n'est pas pour nous en plaindre que nous faisons cette observation. Il est évident que tant que la gloire de notre pays ira se révéler même à l'étranger, elle aura pour résultat, au point de vue de l'art, le double objet de propager le nom de la France et de faire avancer la question du progrès dans les arts : seulement, il serait lion de signaler cette vérité, même devant le jury des récompenses.
Nous appelons son attention sur ce point.

Nous avons, dans un de nos derniers numéros, donné le dessin de. la jolie pendule exposée par MM. Susse frères; voici la nomenclature des objets sortis, pour l'Exposition de Londres, de leurs riches ateliers :
Hébé versant de l'ambroisie à l'aigle de Jupiter; Sapho assise : deux pendules avec candélabres assortis, de Pradier; la Phryué, du même sculpteur.
Les deux soldats de la ligue, candélabres ; Philibert-Emmanuel, de M. Marochetti.

Guillaume le Taciturne, de M. de Nieuwerkerke.
La Jeanne d'Arc, de la princesse Marie.
Le Porte-Drapeau de la 32" demi-brigade ; Le Grenadier de la vieille garde, de A. Levéel.
L'Euterpe antique, réduction par le procédé Sauvage.
Plusieurs autres statuettes moins importantes.
La montre de M. J.-B. Marchand présente, un petit nombre d'objets qui tous sont des pendules. Mentionnons-en trois dont la réussite comme fabrication, et la beauté comme oeuvres d'art . méritent les plus grands éloges.

La Fable ; Une femme assise sur un lit antique, chaussée du colburne, se dévoile en souriant, et apparaît nue Jusqu'aux hanches. Sur le socle en bronze sont des bas-reliefs dont les sujets sont tirés des petits drames d'Esope et de Lafontaine. La composition de ce joli morceau est de Klagmann.

Le Penseur, de Gechter, très-belle figure exprimant bien l'inspiration, posé sur un socle de marbre noir.

Cléopâtre défiant Antoine d'être plus prodigue qu'elle, par Cumbenvorfh , groupe où l'artiste a su marier je ne sais quelle charmante coquetterie au caractère égyptien le mieux saisi.

Ces trois fabricants ont été récompensés par les jurys français des dernières expositions. M. Vilfoz a reçu la médaille d'argent en 1 8i9 ; MM. Susse frères, a médaille de bronze en 1844, et le rappel de cette médaille en 1819; M. Marchand, la médaille de bronze en 1819.

Nous ne parlerons que pour mémoire de quelques autres objets exposés par d'autres fabricants, qui n'ont pas encore atteint ce degré de perfection que l'on trouve dans «eux que nous venons de signaler.

Cependant, nous devons ajouter, et cela sans partialité (c'est le cri général), que, malgré leur infériorité à l'égard de ceux qui tiennent le premier rang en France, les fabricants dont les noms suivent sont de beaucoup supérieurs aux Anglais :
MM. Lerolles frères, Weygand, Grignon-Meusnier.

M. Boyer, qui a reçu la médaille de bronze en 1844 et se l'est vu rappeler en 1849, n'a exposé que très-peu de bronzes d'une exécution soignée. On remarque parmi eux deux pendules, style renaissance, avec leurs candélabres : l'une en bronze doré, l'autre en acier avec cadrans tournants ; une autre pendule de même style, dont les figures représentent probablement le Passé, le Présent et l'Avenir ; la statuette de Charles-le-Téméraire, par Jechter, et celle de Jean sans-Peur ; un joli cheval et sa réduction, par Pau) Gayrard, ainsi que les courses des singes par le même sculpteur.

On voit, dans une salle, séparée de celle consacrée exclusivement aux bronzes et à l'orfèvrerie, deux ou trois médaillons exposés par M. Buignier. La plus grande de ces petites compositions représente la bataille de Brenneville. Le désordre de la bataille est bien exprimé, le dessin plein de mouvement, la fonte réussie.

MM. Lévy frères ont exposé une collection complète de pendules en porcelaine pâte tendre, montés en bronzes dorés, d'une bonne fabrication pour le commerce.

La vitrine de MM. Miroy frères est riche, brillante et nombreuse.

On y voit deux statues équestres: celles de Napoléon et du duc de Wellington
— On ne lira pas sans intérêt les détails suivants que donne au rédacteur en chef du Journal des Débats, M. John Lemoinne sur les moeurs intimes de l'Exposition de Londres et de quelques fabricants:
« Continuons, si vous le voulez bien, notre course errante à travers les curiosités de l'Exposition. Allez au Palais de Cristal un jour ordinaire, un lundi, par exemple, à dix heures du matin ; vous verrez l'arrivée de la province, et celle des écoles; vous retrouverez de ces voitures à quatre chevaux comme on en voyait autrefois sur toutes les routes avant l'invention des chemins de fer, avec quatre places Inside et une vingtaine outside. On voit descendre de ces hauteurs une quantité indéfinie d'Anglaises en toilettes de couleurs vives. Après avoir touché terre, elles rajustent tranquillement leurs robes et leur restituent ce prodigieux développement qui trahit l'abus de la crinoline. J'en suis bien fâché, mais il est impossible de mieux employer toutes les ressources de l'art à gâter la nature. Arrivent ensuite de grands fourgons ou de grands chars-à-bancs qui apportent des pensions ou des écoles de charité.
C'est quelque chose de curieux à voir que ce débarquement; je n'aurais jamais pu concevoir, avant, de l'avoir vu, ce qu'on pouvait, entasser de créatures animées dans un étroit espace sans les faire étouffer. Il en sort, il en sort par cinquantaines; quand on croit que c'est fini, cela recommence; c'est plus fort que chez Robert Houdin.

« Mais entrons. Un des principaux avantages du Palais de Cristal, c'est le très-grand nombre des issues; on n'est pas obligé de revenir au point de départ. Si par hasard vous avez laissé votre voiture à une des extrémités, et que vous vous trouviez à une autre, ne vous en inquiétez pas; vous avez à vus ordres un esclave intelligent et rapide qui court plus vite qu'un valet de pied. En parcourant les galeries, vous avez passé plusieurs fois auprès de petites boîtes gardées par un petit garçon de douze ou quatorze ans; ce sont les correspondances du télégraphe électrique. En quelques minutes, vous pouvez faire appeler votre voiture de l'autre bout du bâtiment et la faire avancer à telle porte que vous voudrez. Le télégraphe est encore à vos ordres pour communiquer avec toutes les principales stations des chemins de fer, et de là avec les principales villes du royaume. Du milieu de l'Exposition, vous pouvez faire dire ce que vous voudrez à Douvres, à Bristol, à Edimbourg, partout. On paie un sh. pour vingt mois, le prix croissant naturellement en raison de la distance. Une dépêche de vingt mots expédiée à York ou à Edimbourg coûte 8 sh. 1/2. Autre chose encore; on peut faire son courrier à l'Exposition il y a une boîte aux lettres dans le transept. »

Puis, voici comment M. Lemoinne apprécie les établissements de Storr-Mortimer et de M. Froment-Meuric, dont nous avons eu occasion d'entretenir nos lecteurs.

« La bijouterie anglaise est fort belle, mais je ne sais si on peut l'appeler anglaise , car elle est, en grande partie, l'oeuvre d'ouvriers étrangers. Ce que les Anglais font le mieux, c'est la vaisselle plate ; et ce genre d'ornements qui consiste en vases et en statuettes d'argent. C'est chez eux un genre national; on fait ici une grande consommation de testimonials; on en offre pour des prix de courses, des prix de chasse, pour un discours au Parlement, pour la construction d'un chemin de fer ou d'un pont. Ce sont des meubles de famille, l'ornement des buffets et des tables; c'est une spécialité d'art et d'industrie développée par le goût et l'habitude des chevaux, de la chasse, et de ce qu'on appelle le sport. Il y a chez Storr et Mortimer un bouclier en argent, encore inachevé, dont les sujets sont tirés de Shakespeare et de Milton, et qui est une admirable oeuvre d'art. C'est à mettre avec le bouclier de Cornélius, dont je vous ai parlé, et aussi avec un vase en argent oxydé, de Wagner, qui est dans l'Exposition du Zollverein, et dont les figures , représentant les divers degrés de la civilisation, sont d'une rare perfection de dessin et d'exécution. La vitrine de Storr et Mortimer est d'une valeur énorme; elle contient, entre autres, un bouquet composé de 6,000 diamants. Il y a plus d'élégance dans les objets exposés par Morel, et cela nous ramène en France, où nous trouvons une véritable supériorité pour tout ce qui est d'art et de luxe élégant. On se presse devant la vitrine de Froment-Meurice, devant la magnifique toilette offerte par souscription à madame la duchesse de Parme, et que je me contente de signaler, parce qu'elle a été exposée à Paris.
Nous retrouvons aussi l'épée offerte au général Changarnier, celle offerte au général Cavaignac, et des bijoux byzantins, mauresques, renaissance, d'une variété infinie. C'est dans ces oeuvres de goût que triomphe la France; et ce que je pourrais ranger aussi dans les catégories des objets précieux, c'est l'exposition des soieries et des dentelles: Les fabricants de Lyon ont exposé tous ensemble ; ils ont des vitrines qui contiennent tous les articles de premier choix, et qui sont ainsi, dans leur genre , quelque chose comme la tribune de Florence ou notre salon carré, une collection de chefs-d'oeuvre.
Ou est porté à m rapprochement par la magnificence du dessin et la couleur; ce sont de véritables tableaux, et il y des soies chinées qu'on peut comparer à d'éclatants paysages. Pendant que nous parlons de paysage, ayez soin de regarder les papiers de tenture envoyés de France. Il y en a, exposés par Délicourt, qui ressemblent à de la soie ou à des tapis des Gobelins. »

Puis, s'occupant des oeuvres d'art, voici comment il apprécie les productions françaises :
« Ne nous écartons pas trop de la France, nous n'avons pas encore vu Sèvres ni les Gobelins. Ici nous sommes les maîtres incontestés : celle salle est un petit royaume qu'aucune nation ne nous dispute ; les étrangers s'y pressent pour admirer et aussi pour acheter, car presque tout est vendu depuis longtemps. C'est de ce côté qu'est la Phryné de Pradier, puis une bacchante de Clésinger, qui a été achetée par M. Demidoff. La Russie a fait, elle aussi, une exposition somptueuse. Il faudra bâtir des palais exprès pour placer ces énormes portes et ces grands vases en malachite qui remplissent la salle. C'est un peu lourd, mais c'est d'une vraie magnificence. M. Demidoff a aussi exposé des morceaux de malachite et d'or tirés de ses mines. Voici des policemen en faction ; il doit y avoir par là des bijoux. En effet, la Russie a exposé de très-belles parures de diamants, montés avec beaucoup de légèreté ; et un coffret en marbre noir, avec des grappes de raisin noir en améthystes et des cerises en cornalines. En général, il y a dans cette exposition russe un certain air de grandeur et de luxe sauvages; ce ne sont encore que les richesses arrachées a la nature et déchirées des entrailles de la terre. »

© Palais de Cristal – Journal Illustré de L’Exposition de 1851