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Hollande


Hollande à l'exposition de Londres 1851

Sous le rapport de l'espace, la Hollande est mal partagée à l'Exposition universelle. On n'a accordé qu'une étroite allée à cette puissance si commerçante, si colonisatrice, à la reine de l'archipel indien, à l'ancienne rivale maritime de l'Angleterre, qui semble encore jalouse de la grandeur passée du pays auquel elle a enlevé le Cap-de-Bonne-Espérance et qu'elle voudrait pouvoir supplanter à Java.

M. Hope, le riche banquier hollandais, a exposé, à l'entrée du petit compartiment de sa nation, une
magnifique collection de pierres précieuses qui disputent au Koh-i nor l'admiration du public.

A côté de ce splendide étalage, on remarque de beaux échantillons de l'orfèvrerie néerlandaise. Ce sont quatre vases en argent, de différents styles.

Les industries spéciales de la Hollande sont représentées par de belles toiles damassées, mais en trop petit nombre; par quelques velours, quelques échantillons de draps, de basins croisés, et par de magnifiques couvertures. Nous aurions désiré pouvoir étudier ici les articles variés qui forment la base des grandes exportations du commerce néerlandais.
On remarque une assez curieuse exposition de cloches; quelques beaux candélabres en bronze et en cristal; un paravent et une table de laque, imitation de Chine; des échantillons de sparterie, une meule à sucre et quelques autres petits appareils.

Quant aux produits chimiques, aux gélatines et à quelques produits bruts, ces objets sont insignifiants.

La Hollande a exposé, dans l'une des galeries du Nord, quelques jolis et curieux modèles de viaducs, de locomotives, de ponts à grues et à rouleaux. On y remarque aussi des cristaux, des modèles de bateaux et un dynamomètre de Leyde, servant à mesurer la résistance des charrues.

Mentionnons encore un régulateur d'horloges, une horloge astronomique, un cadran solaire équatorial et une machine à niveler.

Les produits de la Hollande, on le voit, jouent un bien petit rôle au Palais de Cristal. L'industrie de la Belgique manque encore, et manquera longtemps à ce petit royaume, si commerçant et qui occupe, grâce à l'activité et à l'énergie de ses habitants, ainsi qu'à ses colonies et à sa marine, un rang si honorable en Europe. Le commerce belge, de son côté, n'a-t-il pas bien sujet de regretter de ne plus prendre part au mouvement maritime d'un pays, dont la seule colonie de Java présente un chiffre annuel de près de deux cents millions d'importations et d'exportations?

© Palais de Cristal – Journal Illustré de L’Exposition de 1851