Le projet de l'exposition date des premiers mois de 1914. Les trois autres grandes villes belges ayant depuis 1894 eu chacune leur exposition universelle, Anvers avait le champ libre. Déjà l'idée prenait corps et les premiers projets s'ébauchaient, quand la guerre survint brutalement et mit fin au beau rêve.

On avait pris date pour 1920. Cette année s'écoula sans même qu'une allusion fut faite à l'œuvre dont la réalisation fut interrompue d'une manière si tragique. Est-ce à dire que les Anversois avaient définitivement renoncé leur projet?

Loin de là, impatients, ils guettèrent le retour de temps meilleurs, et l'on écrivait à peine 1924 que plusieurs personnalités anversoises estimèrent la restauration du pays et de la ville suffisamment accomplie pour que l'organisation d'une exposition internationale pût à nouveau être tentée avec des chances de succès. Leur suggestion trouva des échos et, vivement encouragés par l'administration communale, les milieux industriels et commerciaux, ils eurent tôt fait de rallier autour d'eux des concours enthousiastes.

L'on marchait rapidement de l'avant, et déjà le 3 octobre 1924, l'on pouvait officiellement installer à l'Hôtel de Ville le Comité d'Initiative. Ce comité, dont la mission était limitée aux travaux préparatoires, à déblayer, si l'on peut dire, le terrain en vue du démarrage définitif.
C'est à ce comité que l'exposition est redevable des bases solides qui la supportent. Ce fut lui, en effet, qui eut l'heureuse idée de retenir pour elle la date glorieuse de 1930, année doublement historique par la célébration du premier centenaire de notre indépendance nationale et par l'inauguration solennelle des nouvelles installations maritimes appelées à faire du port d'Anvers le plus vaste du continent.
Ce fut également le Comité d'Initiative qui choisit le merveilleux terrain où s'élève l'exposition; qui conçut et arrêta les grandes lignes du programme, si judicieusement approprié au caractère spécifique de notre métropole commerciale et aux contingences économiques de notre temps. Enfin, ce fut encore le Comité d'Initiative qui, par son « appel à la population » et des démarches personnelles, provoqua ce bel élan d'enthousiasme qui permit en quelques semaines de constituer, au capital de 15 millions, souscrit par toutes les classes de la population, la société anonyme chargée de la réalisation effective et de la gestion permanente de 1' « Exposition Internationale, Coloniale, Maritime et d'Art flamand, Anvers 1930 ».

Il ne restait qu'à constituer l'état-major qui prendrait en mains la direction effective et journalière de la vaste entreprise, dont le programme était tracé et les moyens de réalisation au moins partiellement acquis.

Le Conseil d'Administration s'exécuta en nommant dans son sein un Comité Exécutif, auquel il délégua les pouvoirs les plus étendus et dont nous reparlerons plus loin.
Le terrain était déblayé, les conducteurs étaient à leur poste, l'on pouvait partir.

L'on marcha à bonne allure et bientôt le patronage officiel du Gouvernement, déjà décidé en principe, était définitivement acquis et confirmé par la nomination d'un Commissaire Général : le Général-Major Ecuyer A de MEULEMEESTER, qui, plus tard, fut remplacé dans cette fonction par le Commissaire Général , le comte Adrien van der BURCH.

Le 14 juin 1926, Leurs Majestés le Roi et la Reine accordaient également Leur haut patronage à l'exposition, dont, au surplus, S. A. R. le Prince Léopold acceptait la Présidence d'Honneur, qu'il partage en ce moment avec son auguste et gracieuse compagne, S. A. R. la Princesse Astrid.

Enfin, le 17 novembre 1926, les préparatifs étaient avancés au point que le Gouvernement put lancer officiellement les invitations aux nations étrangères.

Le plan de l'Exposition a été conçu et dressé par le talentueux architecte anversois, Monsieur Joseph Smolderen, architecte en chef de la Société de l'Exposition.

Le terrain, d'une superficie utile de plus de 50 hectares, appartenait à la Ville, qui le mit gracieusement à la disposition de la Société de l'Exposition. Il se trouvai à deux kilomètres à peine du plein centre de la ville.