Le Pavillon allemand de Mies van der Rohe à l'exposition de Barcelone 1929

Barcelona 1929 - Architecture, Pavilions
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worldfairs
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Le Pavillon allemand de Mies van der Rohe à l'exposition de Barcelone 1929

Message par worldfairs » 20 juin 2007 09:25 am

Ce pavillon est plus connu maintenant sous le nom de Pavillon Ludwig Mies van der Rohe . Il a été réalisé pour l'exposition internationale de Barcelone en 1929.

Ce bâtiment contrairement aux autres constructions déja évoquées dans ce forum n'est pas grandiose, mais constitue une véritable pièce maîtresse dans l'architecture du 20ième siècle et est même un emblème du mouvement moderne.

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Ce pavillon d'un raffinement extrème, était composé de paroies de verre, de murs et sols de différents marbres; de part sa conception il créait un effet d'espace, de pureté et de liberté.

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Ce bâtiment avait été conçu pour les réceptions officielles présidées par le roi Alphonse XIII avec les autorités allemandes.


A la fin de l'exposition, ce pavillon fut démonté en 1930.

Mais vu la notorièté de Ludwig Mies van der Rohe et surtout pour l'influence architecturale du pavillon, il fut décidé en 1980 de reconstruire à l'identique ce bâtiment.

Ainsi les travaux commençèrent en 1983 et en 1986 le nouveau pavillon Ludwig Mies van der Rohe (ré)ouvrit ses portes.

Si vous passez à Barcelone, n'oubliez pas d'aller le visiter....


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Re: Le pavillon Allemand à l'exposition de Barcelone 1929

Message par worldfairs » 11 août 2008 04:12 pm

voici quelques photos du pavillon tel qu'il est aujourd'hui.
C'est vrai que cette oeuvre d'art était vraiment en avance sur son temps, ça a du être à l'époque un sacré choc pour les visiteurs découvrants ce pavillon.

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Re: Le pavillon Allemand à l'exposition de Barcelone 1929

Message par lemog » 13 août 2009 10:07 am

et surtout, quel contraste avec le palais à ses côtés... surtout pour des constructions qui étaient contemporaines :shock:

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pas de chance pour moi, le jour de mon passage à Barcelone, on ne pouvait le visiter pour cause d'enregistrement d'émission TV :cry:

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Re: Le pavillon Allemand à l'exposition de Barcelone 1929

Message par worldfairs » 27 janv. 2017 08:31 pm

Rubió i Tudurí, Nicolau M.
Publicado en el numéro VIII-IX, 1929, do "Cahiers d'Art"

Il ne renferme que de l'espace. Il n'a pas de but pratique, de fonction matérielle. Les gents disent: "Ça ne sert à rien". C'est de l'architecture représentative, comme un obélisque ou un arc de triomphe. Certains architectes, pour représenter l'Allemagne, à l'aide d'une sorte de construction commémorative, auraient probablement rappelé, dans cette construction, la forme d'un gros dirigeable.
Mies van der Rohe, plus subtil, a donné à son monument représentatif, la forme tranquille d'une maison.

Certes, on n'est plus d'accord sur ce que c'est que "la forme d'une maison". Lorsque vous bâtissez une vraie maison, elle reste une maison, quel que soit l'aspect que vous lui imposez. Mais, si vous faites quelque chose qui n'est pas une maison, mais veut lui ressembler, il faut que vous cherchiez à rapprocher votre édifice des formes bien connues de l'architecture de la maison. Voilà, donc un élément "traditionnel", un principe conservateur, que nous ne devons pas ignorer et que nous retrouvons, très marqué, dans le pavillon de Mies van der Rohe. Des touristes et des indigènes d'extrême avant-garde, ont pu le lui reprocher:
"Ce pavillon n'est pas tout à fait dernier cri". Ils en ont voulu à l'architecte, ils ont dit qu'il ne faut pas apporter des sous-nouveautés aux Expositions Internationales. Mais je laisse ces avis et je reviens a mon sujet.

Le Pavillon ne renferme que de l'espace et encore est-ce d'une façon géométrique et non pas réelle ou physique. Il n'a pas de portes et, bien plus, chaque salle n'est fermée qu'imparfaitement, sut trois côtés, par trois parois, par exemple. Ces parois sont, le plus souvent, de grandes vitres continues qui ne limitent l'espace que d'une façon partielle. Quelques-unes de ces vitres, de teinte sombre et neutre, reflètent les objets et les gens, de telle sorte que ce que vous voyez à travers la vitre se confond avec ce que vous y voyez de reflété. Certaines des salles manquent de plafond: ce sont des vrais demi patios, où l'espace n'est limité que par trois murs et par la surface horizontale de l'eau d'un bassin, mais où il est "retenu" par la géométrie.

Lorsque vous approchez de Pavillon, puis, lorsque vous y entrez, vous êtes frappé de cette impression d'inutilité qui se dégage de ces salles ouvertes et vides, de ces beaux murs en marbre, nus et déserts, de ces patios inhabitables; et vous ressentez, aussitôt, le choc de l'architecture métaphysique, si j'ose dire. Mais je voudrais m'arrêter un peu ici pour rendre la chose plus claire.

L'interprétation ordinaire de ces mots "architecture métaphysique" semblerait être : architecture de l'intelligence ou de l'abstraction intellectuelle. Tout le monde comprendrait alors que l'on veut parler des proportions, des nombres générateurs, de la limpidité et de la quasi cruauté de raisonnement architectural, etc., etc. Mais, dans le Pavillon allemand de Barcelone, l'architecture, en quittant le physique, tend plutôt à l'évocation et au symbole. Cela est inévitable dans la construction représentative. Dans les discours des Commissaires allemands, on n'a pas manqué de le dire, à peu près de la sorte: "Voilà l'esprit de l'Allemagne nouvelle: simplicité et clarté de moyens et d'intentions -tout ouvert au vent, comme à la franchise- rien ne ferme l'accès à nos coeurs. Un travail honnêtement fait, sans orgueil. Voilà la maison tranquille de l'Allemagne apaisée!" Cette évocation a une tendance sentimentale marquée: tous les matériaux et même la géométrie, se soumettent à cette tendance. Il peut paraître surprenait de retrouver du sentimental dans une oeuvre d'architecture très moderne et très technique; mais nous devons reconnaître que l'architecture peut difficilement échapper aux influences sociales qui lui donnent naissance.
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Re: Le Pavillon allemand de Mies van der Rohe à l'exposition de Barcelone 1929

Message par worldfairs » 20 avr. 2017 01:22 pm

Texte extrait d’un CD de Expo 2000 Hannover – L’histoire des Expositions Universelles

Bien en évidence dans la zone médiane du site, quoique à l'écart des grandes artères, se trouvait la contribution de la République de Weimar sous la forme d'un pavillon dessiné par Ludwig Mies van der Rohe. Contrairement aux autres pavillons de l'exposition, de facture traditionnelle, on trouvait là un concept spatial moderne, qui par sa structure et son aménagement se posait en modèle pour l'architecture moderne et qui, dans la critique contemporaine apparaissait et était célébré comme l'acmé de l'exposition. Ce pavillon, qui avait été rasé à la fermeture de l'exposition, fut reconstruit en 1979 d'après les plans d'origine.

Le bâtiment à un seul niveau, avec une hauteur sous plafond de 3,10 m s'élevait sur un soubassement revêtu de plaques de travertin. Sur les seuls petits côtés de l'emprise approximativement rectangulaire, des murs faisaient la jonction avec le terrain naturel. Le toit en terrasse reposait sur huit appuis en acier cruciformes, si bien que les murs se trouvaient libérés de leur fonction porteuse et pouvaient être utilisés sans contrainte pour délimiter des espaces à l'intérieur du plan horizontal. C'est ainsi qu'avait été découvert le principe nouveau pour l'époque d'une partition de l'espace qui favorisait une osmose entre l'espace intérieur et l'espace extérieur. Selon la combinaison choisie, les éléments architecturaux remplissaient des fonctions multiples. La dalle de sol d'un seul tenant autorisait l'interpénétration sans transition entre les différentes zones, qui étaient pensées comme des terrasses ou des patios garnis de bassins, avec des secteurs décorés de meubles et de tapis, qui tenaient lieu de salles de séjour.
Le principe de dynamisation de l'espace, dont le « plan horizontal variable » entrait dans l'histoire de l'architecture, reposait sur un agencement rigoureusement géométrique, bien qu'asymétrique. Toutes les lignes étaient soit parallèles, soit perpendiculaires les unes par rapport aux autres. La forme des meubles elle-même et leur disposition, que Mies van der Rohe avait personnellement imaginées, obéissaient à ce concept architectonique. Les sièges à coussins de cuir blancs, dont l'armature était faite de barreaux plats en acier chromé, et qui sont encore fabriqués de nos jours sous le nom de fauteuils de Barcelone, devinrent particulièrement célèbres. Les tables à plateau rectangulaire en opaline noire offraient un contraste de couleurs avec les coussins blancs. L'ordonnancement à angle droit rigoureusement calculé des éléments se répétait dans les dalles de sol carrées et dans la forme en croix des piliers de soutènement, formés de quatre cornières isocèles et habillés d'équerres chromées. La seule exception à ce principe d'ordonnancement était la sculpture de Georg Kolbe, un nu féminin édifié au bord du petit bassin, baptisé « Le Matin » ou « La Danseuse ».

La fonction du pavillon ne se limitait pas à fournir aux exposants un cadre de représentation, mais elle voulait aussi que le pavillon, par sa plastique architecturale, fasse lui-même figure de pièce exposée. Cette interprétation correspond en outre à la stratégie de présentation développée à l'occasion de l'exposition : l'escalier d'entrée se cachait derrière un limon, le bâtiment s'élevait sur un soubassement destiné à inviter à sa contemplation sous tous les angles. De plus, un grand drapeau allemand hissé devant l'édifice, rappelait cette fonction symbolique. Les visiteurs appréciaient tout particulièrement le long banc de marbre abrité posé devant le bassin, qui tenait lieu d'oasis ombragée, et l'intérieur du bâtiment, utilisé comme un espace clair de repos et de contemplation au milieu de la bousculade de l'exposition universelle, même si certains avaient critiqué le manque de dimension humaine dans l'organisation logique de l'espace et la mise en scène monumentale de la matérialité et de la forme.
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