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Suède


Suède à l'exposition de Paris 1889

Architecte(s) : Ligua

Le gouvernement suédois n'a accordé aucune subvention pour l'Exposition de Paris : aussi la participation est-elle des plus restreintes. Il est inutile de s'y arrêter longtemps.

Toute l'exposition suédoise est contenue dans un fort joli chalet en sapin verni, construit naturellement d'après le type de l'architecture du pays.

Ce chalet, situé à gauche de la Tour Eiffel, en entrant dans le Champ de Mars, est d'ailleurs arrivé de Stockholm par pièces prêtes à monter. Il sort des chantiers de M. Ligua, un des grands menuisiers de la capitale.

C'est en somme une habitation à un étage, dans les chambres de laquelle une douzaine d'exposants ont envoyé leurs produits.

C'est ainsi que l'on trouve au rez-de-chaussée, à droite de l'entrée, l'exposition de fourrures de M. Albert. L. Bergstrôm de Stockholm qui a de jolies vitrines très bien garnies.

Au milieu, l'on peut voir une colossale tête d'élan. Dans la pièce à côté, se trouvent des échantillons de la coutellerie suédoise. Les aciers de Suède sont renommés dans le monde entier et servent à fabriquer des rasoirs d'une qualité exceptionnelle.

A gauche de l'entrée, l'on a installé une exposition de vieille orfèvrerie. On peut voir là des pièces très curieusement ouvragées et d'une ornementation vraiment originale.

Dans la chambre voisine, qui est la copie exacte d'une chambre d'artisan du pays, avec le toit à pentes très raides (rygg-as-stuga), est une table où quatre ouvriers orfèvres travaillent et façonnent des objets devant les visiteurs. Toute cette partie de l'habitation est meublée de chaises et de bancs d'un très vieux style, ornés de peintures naïves.

Au premier étage où l'on accède par un escalier dont la rampe est curieuse, se trouvent les bureaux de M. Ligua, qui est l'organisateur de cette minuscule section.

Et c'est tout; mais en sortant de visiter cette exposition réellement intéressante, on s'étonne que la Suède ne se soit pas fait représenter d'une façon plus complète, et ce que l'on voit fait regretter qu'on n'en puisse voir davantage...

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889