En 1930, la Belgique célèbre le centenaire de son indépendance en organisant deux expositions internationales pour témoigner des progrès accomplis en ce siècle d'existence ; l'une se tient à Anvers, l'autre à Liège.

L’objet principal de l’Exposition de Liège était de mettre en évidence le rôle croissant des Sciences dans l'Industrie moderne, de montrer que l’activité industrielle ne peut prospérer qu’en utilisant les ressources les plus récentes de la science. Plus encore que le passé — qui est nécessairement évoqué pour marquer l’évolution —, c’est l’avenir qui s’y trouvait exalté dans toutes ses perspectives grandioses, dans ses immenses possibilités. Déjà, surtout, depuis le formidable bouleversement provoqué par la grande guerre, de vieilles industries ont vu leur domaine se restreindre de plus en plus ; les contingences actuelles et les progrès techniques ont amené la création d’industries neuves. L’Exposition de Liège mettait en belle lumière les récentes acquisitions du savant, de l’ingénieur, du médecin ; elle dressait une sorte d’inventaire vivant des activités évoluées, rénovées ou créées ; elle dégageait les voies des conquêtes futures. Pour marquer l’étape avant l’élan de demain, « elle fait en quelque sorte le point de l’économie nouvelle des nations ».

Le programme de l’Exposition comprenait comme parties principales : les Sciences, l’Industrie, l’Agriculture et l’Economie sociale ; en ordre secondaire : l’Art wallon ancien, la Musique, les Sports, le Tourisme et des Attractions diverses.

L’Exposition se développait en deux secteurs, situés sur les bords mêmes de la Meuse : le secteur Nord (50 hectares), qui comprenait l’ancienne plaine des manœuvres (rive droite) et le parc du Tir communal (rive gauche) ; le secteur Sud (15 hectares), qui comprenait le Jardin d’Acclimatation et le parc de la Boverie (rive-droite).

De nombreux moyens de communications (tramways et bateaux) reliaient les deux secteurs.

Le cadre, pour le Nord comme pour le Sud, était des plus attrayant : d’une part, site ample de la vallée, au pied des coteaux de Bressoux ; d’autre part, frondaisons aristocratiques à proximité du confluent ; et le clair sillon du fleuve, large et onduleux, conduisait de l’un à l'autre.
Plus de 150.000 m2 étaient couverts par des constructions. Sur la plaine des manœuvres : le palais de la Métallurgie, des Mines et de la Mécanique (28.000 m2) ; le palais de l’Electricité (17.000 m2) ; le palais de la Chimie et des Industries textiles (11.000 m2) ; le palais des Armes, Cycles et Motos (4,000 m2) ; le palais des Transports et du Génie Civil (8.000 m2) ; le palais du verre et de la Céramique (3.200 m2) ; le palais des ministères (7.200 m2) ; le palais des Fêtes (6.000 m2) ; le palais du Gaz (2.000 m2) ; les palais de la France (20.000 m2), de l’Italie (8.000 m2), de la Hollande (3.000 m2), du Japon (3.000 m3), de l’Egypte (1.500 m2), de l’Espagne (3.500 m2), de la Tchécoslovaquie (1.600 m2), de la .Suisse (1.600 m2), de la Pologne (1.200 m2), du Grand-Duché de Luxembourg (1.000 m2), le pavillon de la Ville de Paris, et combien d’autres, dont l'architecture originale et fraîche s’encadrait de jardins joliment fleuris et qui, le soir, s’illuminaient comme en une féerie.

Les jardins du Tir communal étaient réservés aux attractions les plus modernes ; les grands concours agricoles s’y déroulèrent, en bordure de la Meuse.

Dans le secteur Sud : le palais de l’Agriculture (6.500 m2) ; le palais des Beaux-Arts (2.500 m2) et l’église de Fétinne (2.000 m2) ; le village agricole (avec grande ferme, petite ferme, ateliers ruraux, etc.) ; le palais des Fêtes et le pavillon de la Ville de Liège ; le palais des grandes villes (Bruxelles, Anvers et Garni) ; le palais du Tourisme (1.000 m2) ; le palais des Eaux et Forêts (700 m2), et de nombreux pavillons.

L'exposition de Liège n'attira que 6 millions de visiteurs, la moitié de ce qui était prévu initialement, sans doute du au manque d’intérêt suscité par l'industrie parmi le grand public.

Enfin, le bilan économique de l’Exposition est déficitaire à Liège et se solde par une perte de 5 millions de francs. Les finances
de la Ville, déjà durement éprouvées par des dépenses croissantes en matière d’assistance publique du fait de la crise, ont été
une nouvelle fois mises à contribution.