Cette exposition, qui se voulait une opération de prestige, était considérée comme une manifestation de la gloire nationale, l'entreprise est menée et prise en charge par l' État. Napoléon III voulut relever le défi anglais: « L'exposition de 1855 représente au point de vue de l'architecture, un singulier mélange de grandeur et d'insuffisance, d'erreur et de nouveauté. Sa conception était magnifique: elle s'ouvrait à toutes les nations; elle accueillait tous les produits de la main et de l'esprit de l'homme. La réalisation n'eut pourtant pas l'ampleur ni l'originalité que commandait un tel programme... À Londres, toute l'exposition se trouvait concentrée à l'intérieur du Palais de Cristal; à Paris, elle se présentait, on a pu le dire, à l’état dispersif ».

En effet, le palais de l’Industrie, destiné à rivaliser avec l'éblouissante réalisation londonienne fut d'abord conçu pour remplacer les bâtiments provisoires des expositions nationales organisées depuis 1798 et servir aux cérémonies publiques. Le 8 mars 1853, un décret de l'empereur stipule qu'une Exposition universelle des produits agricoles et industriels inaugurerait l'ouverture du palais; puis, le 22 juin, y est adjointe une Exposition des Beaux-Arts, inexistante à Londres, et qui devient une importante composante des expositions à venir, dans tous les pays.

La Commission impériale, présidée par le cousin de l’Empereur, le prince Louis Napoléon, se rend à l'évidence: il est impossible de tenir l'ensemble des manifestations dans un seul bâtiment, et il faut donc imaginer des annexes. Une galerie des machines, en fonte et bois, réservée aux machines en mouvement, est installée sur le quai de Billy; un Palais des Beaux-Arts, de style Renaissance française, confié à Hector Lefuel (1810 – 1881), et situé à l'angle de l'avenue Montaigne, auprès duquel Gustave Courbet, mécontent de s’être vu refuser sa grande composition L’ Atelier construit un pavillon sommaire de bois et briques qui accueille quarante de ses compositions. L’exposition des Beaux-Arts, où le peintre présente onze tableaux, ouvre officiellement le 15 mai, du fait des retards pris par les travaux des deux principaux palais, et le pavillon de Courbet le 28 juin. De nombreuses petites constructions surgissent dans les jardins, « élégants bazars aux mille couleurs », s’étalent aux longs des allées, à côté du cirque d'été élevé par Hittorff en 1840 de même que comptoirs de vente, bazar international de l’industrie universelle, panoramas, buffets; l'ensemble bâti couvre 17 hectares.

Malgré le grand succes de cette exposition qui accueilli 5 millions de visiteurs, elle se solde par un bilan déficitaire de 8300000 francs.